Les élues allemandes veulent plus de parité // Retour sur la berlinale 2019 | Vu d′Allemagne | DW | 20.02.2019
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Vu d'Allemagne

Les élues allemandes veulent plus de parité // Retour sur la berlinale 2019

Alors que la région du Brandebourg vient d'adopter une loi sur la parité pour son parlement régional, un groupe de députées s'est aussi créé à Berlin pour tenter de faire progresser la parité au Bundestag. Dans ce magazine aussi, retour sur l'édition 2019 de la Berlinale, le festival international du film de la capitale allemande.

Écouter l'audio 13:22

Ce sont des chiffres qui provoquent la colère de nombreuses femmes (et d'hommes, parfois!) et d'élu(e)s en Allemagne. Ceux de la part des femmes élues en politique. Au Bundestag allemand, la chambre basse du Parlement, elles ne sont que 31%. C'est même pire au niveau des municipalités. Seulement un quart des élus sont des femmes dans les conseils municipaux. Mais, cent ans après que les femmes eurent obtenu le droit de vote, cela pourrait changer. Un texte de loi vient d'être voté et des députés s'organisent. 

Au Bundestag, un groupe de seize députées de tous bords, à l'exception de l'extrême droite (AfD), s'est officiellement créé et rassemblé pour la première fois la semaine dernière pour échanger avec pour objectif de faire avancer la parité. Mais si les élues ont toutes la même volonté de faire avancer les choses, elles ne sont pas encore d'accord sur la manière de le faire. 


Infografik Frauen im Deutschen Bundestag FR

"Parité à la française"

Le parti des Verts, qui a le plus d'élues femmes au Bundestag, avec près de 60% de députées, ainsi que d'autres élues d'autres partis, évoque une "parité à la française". Au moment des élections, les listes devraient comporter 50% de femmes et 50% d'hommes. Mais l'idée ne fait pas consensus. Le FDP, parti libéral démocrate, dont des élus participent au groupe de travail en ce moment à Berlin se dit lui quand même contre l'idée.  "Une loi sur la parité n'est pas l'approche qu'a le FDP sur cette question, même si ça me tient à cœur évidemment", explique la porte-parole des femmes du parti Nicole Bauer. "Pour qu'il y ait plus de femmes, je crois que cela exige un changement culturel dans les partis et dans la société dans son ensemble."

Problème juridique

Les détracteurs de la parité mettent aussi en avant un problème juridique, constitutionnel. Une loi sur la parité obligatoire pourrait être anticonstitutionnelle. "Si je voulais me présenter au sein d'un parti, je n'aurais accès qu'à une place sur deux", explique Martin Morlok, professeur de droit à l'Université Heinrich Heine de Düsseldorf. "La moitié des places des candidats me seraient interdites, ce qui constituerait une perte importante de liberté de vote. Cela signifie que le législateur empiète sur la souveraineté personnelle des partis."

Un première loi au niveau régional

Malgré le risque juridique, des femmes du Brandebourg ont réussi à faire passer une première loi au niveau régional il y a quelques jours. Dès 2024, dans cette région qui entoure la capitale Berlin, les listes devront être mixtes, 50% d'hommes, 50% des femmes. Une loi qui ne plaît pas à tout le monde, à tel point que plusieurs groupes, parfois des organisations de jeunesse des partis, ont déposé des recours. "Mais, même s'ils aboutissaient, d'autres solutions seraient possibles", insiste Cécile Weidhofer, experte àl'académie européenne pour les femmes en politique et en économie à Berlin.

Elle cite notamment un changement dans la constitution. "Cela a été fait à plusieurs reprises en Allemagne, fait en France avant d'adopter la loi sur la parité", insiste-t-elle. "C'est une question de politique : dans quelle démocratie voulons-nous vivre ? Quelle place voulons-nous accorder à la représentation entre les hommes et les femmes ?

L'idée d'une loi sur la partié au niveau fédéral fait en tous cas son chemin depuis plusieurs mois. Alors que l'Allemagne fête cette année le centenaire du droit de vote des femmes. On lit, on entend, on sent le changement dans les discours et les attitudes, de plus en plus souvent. "Les femmes du groupe parlementaire de la CDU-CSU (union conservatrice, dont est issue Angela Merkel) au Bundestag sont très engagées pro-parité. Même la nouvelle cheffe du parti a dit, dans une manifestation, "Ich bin eine Quotenfrau", donc une femme issue des quotas", fait remarquer Cécile Weidhofer.

Longtemps discrète sur ces questions de parité, la chancelière s'est même affichée publiquement en photo avec les femmes qui viennent de monter un groupe pour plus d'élues au parlement, la semaine dernière.

En tout début de semaine, c'est la cheffe du parti social-démocrate SPD Andrea Nahles qui se prononçait pour la parité dans une interview à la presse écrite. De quoi peut-être bientôt rattraper les mauvais chiffres de l'Allemagne sur la question : la République fédérale est seizième seulement au classement des pays européens et de l'OCDE des parlements avec le plus de femmes.

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