Le Tchad en route pour la IVème république | Afrique | DW | 11.04.2018
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

Afrique

Le Tchad en route pour la IVème république

Le projet de réforme constitutionnelle a été adopté mardi en conseil des ministres extraordinaire. L'opposition et une partie de la population tchadienne dénoncent un texte taillé sur mesure pour le président Deby.

Écouter l'audio 02:04
Now live
02:04 min

"Le président sera un Jupiter constitutionnel"

Selon la porte parole du gouvernement tchadien Madeleine Alingué, le projet de nouvelle loi fondamentale, adopté mardi (10.04.18) en conseil des ministres extraordinaire, reflète les réalités tchadiennes et respecte les engagements internationaux ratifiés par le Tchad.

La nouvelle constitution ne prévoit pas de poste de Premier ministre, ni de vice-président. Le président Deby reste le seul maître, en revanche chaque membre du gouvernement est responsable de ses actes.

La nouvelle constitution prévoit aussi le passage du mandat présidentiel de cinq à six ans. Pour l'opposition politique tchadienne, cette nouvelle constitution n'a d'avantage que pour Idriss Deby.

"Cette réforme constitutionnelle a pour Deby l'avantage de la conservation et de la pérennisation de son pouvoir", estime Brice Mbaimong Guedoumpbaye, Président du Mouvement des Patriotes tchadiens pour la République (MPTR). "C'est le refus de l'alternance, qui du coup entraîne un déficit démocratique dans le pays", estime-t-il. 

Selon le responsable politique, le Tchad "retombe dans la constitution de Hissène Habré", l'ancien dictateur tchadien. Si le président Déby "estime que l'Assemblé nationale ne respecte pas son obédience politique, il peut dissoudre cette assemblée nationale. Et là, ce n'est pas du tout démocratique", poursuit Brice Mbaimong Guedoumpbaye.

"L'arrêt de mort de la démocratie tchadienne"

Le projet de cette nouvelle constitution a été élaboré sans la participation des grandes entités politiques et de la société civile. Pour le juriste consultant international, Djong-Yang Dibam, c'est une catastrophe démocratique.

"Désormais avec la nouvelle constitution, le président de la République sera plus puissant que le président des États-Unis. Car il est titulaire des pouvoirs excessifs, étendus et personnalisés par la sacralisation de la fonction présidentielle. Bref avec la nouvelle constitution il sera un Jupiter constitutionnel, voire un dictateur de statut public. Nous avons signé l'arrêt de décès de la démocratie tchadienne embryonnaire."

Pour de nombreux juristes et experts, c'est une constitution calquée sur le modèle du Benin qui ne prévoit pas la nomination d'un Premier ministre, mais n'empêche pas non plus au président de la République de nommer un Premier ministre en vertu de son pouvoir discrétionnaire. 

Audios et vidéos sur le sujet

Publicité
default

Votre avis nous intéresse !

Vous souhaitez réagir à l'actualité, donner votre avis sur le programme ou tout simplement dire bonjour ? Envoyez un courriel à francais@dw.com ou laissez un message sur notre page Facebook DW Francais.

Réagissez à l'actualité sur notre page Facebook !