Le Sénégal dans la tourmente | Afrique | DW | 19.02.2012
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Afrique

Le Sénégal dans la tourmente

La situation est tendue à une semaine du scrutin présidentiel. La mobilisation de la rue ne faiblit pas malgré l'interdiction du pouvoir. Les affrontements de ces derniers jours ont fait de nombreux blessés.

Dakar est frappé par de nouvelles violences. Depuis six jours, l'opposition et la société civile tentent de manifester pour protester contre la nouvelle candidature du président Abdoulaye Wade. Les jours qui passent se ressemblent : à l'appel du Mouvement du 23 juin, des milliers de Sénégalais descendent dans la rue...mais ils doivent faire face aux forces de l'ordre. Le pouvoir a en effet interdit tout rassemblement jusqu'au 26 février, jour du scrutin présidentiel. Mais la colère des manifestants ne faiblit pas. Ils dressent des barricades, brûlent des pneus et jetent des pierres sur la police anti-émeutes. Celle-ci riposte à coup de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Les affrontements de samedi ont encore fait plus d'une dizaine de blessés. La tension est à son comble à une semaine de l'élection présidentielle, ceci alors que 23 000 militaires et paramilitaires ont commencé à voter par anticipation ce week-end.

Mécontement chez les tidianes

Senegal Ausschreitungen in Dakar

Dakar à feu et à sang ? La tension règne dans les rues de la capitale

Par ailleurs, la révolte a pour la première fois touché la confrérie musulmane tidiane. Vendredi, les policiers ont en effet lancé une bombe lacrymogène dans l'une des mosquées tidianes à Dakar, provoquant le courroux de la communauté musulmane. A Tivaouane, dans l'ouest du pays, les jeunes ont réagi en brûlant la mairie et le domicile du maire, un membre du Parti démocratique sénégalais, parti d'Abdoulaye Wade. Des barricades érigées dans les rues de Tivaouane ont là aussi été incendiées. Une manifestation a également eu lieu à Kaolack, au sud-est de Dakar. Un jeune homme a été gravement blessé. Il a ensuite succombé à ses blessures. Dimanche, des milliers de fidèles se sont rassemblés devant la dite mosquée à Dakar, un rassemblement qui a, là aussi, dégénéré en affrontements avec la police. Le ministre sénégalais de l'Intérieur Ousmane Ngom a tenté de calmer les esprits en rencontrant le calife général de la confrérie musulmane des tidianes. Mais il semble désormais difficile d'arrêter le vent du changement qui souffle sur le Sénégal.

Répression et arrestations

Rap-Sänger THIAT ,

Le rappeur Thiat du mouvement « Y'en a marre » refuse d'arrêter le combat

Les manifestants sont en effet d'autant plus confortés dans leur combat qu'ils ont le soutien de nombreuses organisations des droits de l'homme. Des organisations sénégalaises comme la RADDHO mais aussi Amnesty International et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme dénoncent ce qu'elles qualifient de « campagne électorale qui tourne à la répression ». Elles ont aussi condamné les dizaines d'arrestations qui ont lieu tout au long du week-end. D'après « Y'en a marre », treize jeunes de leur mouvement sont en garde à vue et sept autres ont été inculpés de « participation à une manifestation non autorisée ». Ils devraient être jugés mardi par le tribunal de Dakar.

Le M23, coalition qui regroupe des partis politiques et organisations de la société civile, a été formé le 23 juin 2011 dans le but de contraindre Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis 2000, à renoncer à sa candidature jugée anticonstitutionnelle. En 2001, une réforme de la Constitution limite en effet à deux le nombre de mandats présidentiels. Mais fin janvier, le Conseil constitutionnel valide la candidature du président, sans prendre en considération le premier mandat réalisé avant l'adoption de la Constitution. Cette décision provoque de violentes émeutes dans tout le pays.

Auteur : Cécile Leclerc avec AFP, Reuters, dpa
Edition : Mulay Abdel Aziz

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Une semaine avant le scrutin, la rue gronde au Sénégal. Le point avec notre correspondant Babou Diallo (20.02)

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