″Le gouvernement a conduit le Cameroun à la catastrophe″ (Joseph Mbah Ndam) | Afrique | DW | 14.09.2018
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Afrique

"Le gouvernement a conduit le Cameroun à la catastrophe" (Joseph Mbah Ndam)

Les sécessionnistes gagnent du terrain dans les zones anglophones au Cameroun, et les populations continuent de déserter les villes et villages. Le député Joseph Mbah Ndam, vice-président de l’Assemblée nationale et membre du parti d'opposition SDF, estime que le Cameroun se trouve dans une impasse et déplore que la jeunesse des régions anglophones disparaisse dans les maquis pour se battre.

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Joseph Mbah Ndam, vice-président de l’Assemblée nationale du Cameroun et député SDF du Nord-Ouest, originaire de la petite ville de Batibo, dresse un portrait apocalyptique: des villages désertés, des hôpitaux détruits dans les régions anglophones. Il accuse le gouvernement de Paul Biya d'avoir "conduit le Cameroun à la catastrophe". 

"Je dirais que le Cameroun se trouve dans une impasse", dit-il à la DW. "Il n'y a plus de gouvernance dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest de notre pays. Il y a eu beaucoup de tueries, de part et d’autre. Nous avons perdu beaucoup de membres de nos forces de l’ordre et de l’armée. Nous avons perdu beaucoup plus nos jeunes, nos enfants qui ont pris le chemin du maquis. Et pendant deux ans que nous n’avons pas eu d’école, ces enfants sont devenus des drogués : ils sont en brousse, ils se constituent en armée, plusieurs armées, je dirais, parce que chaque coin dans ces deux régions a son armée." 

Joseph Mbah Ndam s'est rendu dans la région anglophone dont il est originaire. Il en est revenu choqué: "Je viens de Batibo, et je suis arrivé au village il y a moins de deux semaines", raconte-t-il.

"J’ai eu peur parce que Batibo a été déserté. Les herbes ont poussé partout. Il n’y a plus de population. Le seul hôpital de l’arrondissement qui servait a été détruit par l’armée. Je n’ai pas eu le courage d’aller vers la morgue parce que les corps qui étaient gardés dans la morgue ont tous pourri. C’est la scène que j’ai vécue à Batibo."

"Je parle avec les larmes dans mes yeux", confie-t-il avec émotion. "Parce que ce qui nous est arrivé, la situation dans laquelle le gouvernement nous a entraînés, est quelque chose que l’Histoire regrettera pendant longtemps."