Le Ghana invite les banques à baisser leurs taux d′intérêts | Afrique | DW | 21.08.2019
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Afrique

Le Ghana invite les banques à baisser leurs taux d'intérêts

Selon le gouvernement, les taux d'intérêts pratiqués par les banques, ralentissent l'activité économique des PME qui ont du mal à avoir accès au crédit

Relancer l'économie du pays,  c'est l'objectif que se fixent les autorités ghanéennes en incitant les banques commerciales à diminuer leurs taux d'intérêts qui tournent actuellement autour de 26%, alors que la Banque centrale pratique un taux directeur de 15%. 

La baisse des taux d'intérêts devrait ainsi profiter à court et moyen termes aux PME (petites et moyennes entreprises) qui pourront accéder plus facilement aux crédits à des taux préférentiels. 

L'économiste nigérien, Chérif Chako, de l'université de Niamey, redoute toutefois que cette mesure accélère l'inflation :

"Il faudrait quand même être prudent. Si cette baisse des taux d'intérêts peut favoriser la valorisation des ressources naturelles comme le secteur agricole, c'est une très bonne chose. Mais la baisse des taux d'intérêts peut aussi être à l'origine d'une inflation s'il y a une hausse généralisée des prix." 

Le risque est en effet réel que la baisse des taux d'intérêts aggrave le taux d' inflation déjà élevé au Ghana (9% prévu par le FMI en 2019) alors que celle-ci reste maîtrisée dans les pays de la zone CFA. 

Situation identique dans la zone UEMOA

Mais pour l'économiste sénégalais, Demba Moussa Dembélé, les taux d'intérêts pratiqués dans la zone CFA ralentissent aussi les investissements :

" Dans le cadre des pays de l'UEMOA, nous sommes liés à l'euro par un taux de change fixe et nos banques centrales sont obligées de calquer leur politique monétaire sur celle de la Banque centrale européenne. Donc, la priorité est la lutte contre l'inflation - ce qui est absurde. Et c'est ce qui fait que les banques maintiennent des taux d'intérêts prohibitifs au delà des deux chiffres. Donc ça étouffe nos économies à cause de ces politiques monétaires restrictives absurdes", explique Demba Moussa Dembélé. 

La comparaison entre le Ghana et l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) offre une perspective intéressante. Jusqu'à présent, il était en effet reproché aux pays membres de la zone franc CFA d'étrangler l'économie avec des taux d'intérêts trop élevés. 

Dans le cas du Ghana, qui ne fait pas partie de cette union monétaire, la critique, identique, laisse supposer que l'origine de ces taux d'intérêts prohibitifs en Afrique est multiple et plus complexe qu'il n'y parait.