Le G7 pour une annulation partielle de la dette haïtienne | International | DW | 08.02.2010
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International

Le G7 pour une annulation partielle de la dette haïtienne

Le G7, qui regroupe les sept principaux pays industrialisés, s'est réuni en fin de semaine à Iqaluit, au Canada. Parmi les sujets abordés: l'annulation de la dette multilatérale d'Haiti.

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Annuler la dette pour permettre à Haiti de repartir

Rien de très nouveau sous le soleil; le G7 n'a fait que confirmer la mise en œuvre progressive d'une mesure décidée en juin 2009 : la réduction de près d'1,2 milliards de dollars de la dette haïtienne. Cette somme représente les dettes contractées par Haïti vis-à-vis de ses principaux états créanciers. Et son annulation pourrait, selon le FMI, permettre aux autorités de Port-au-Prince d'économiser 50 millions de dollars de remboursements chaque année pendant dix ans. Il s'agit là d'un premier pas, certes, mais d'un premier pas insuffisant, de l'avis de la plateforme Dette & Développement. Ce regroupement d'ONG réclame en effet une annulation pure et simple de l'ensemble de la dette haïtienne. Son principal argument est que la situation économique déplorable d'Haïti, avant le séisme du 12 janvier, provenait de cette dette extérieure insurmontable pour un état déjà considéré comme insolvable par les institutions internationales.

Haiti nach dem Erdbeben

Seule une annulation peut-elle permettre de rattraper le temps perdu?

C'est également le sens de l'appel de Jim Flaherty, samedi, à Iqaluit. Le ministre canadien des Finances a pressé les autres créanciers d'annuler à leur tour la dette haïtienne :

« Nous nous sommes engagés, au sein du G7, à rayer la dette. Cela concerne la dette bilatérale d'Haïti vis-à-vis de nos états. Il faudrait annuler aussi la dette due aux institutions multilatérales et nous allons nous employer à convaincre nos partenaires étatiques et institutionnels afin que cela se réalise le plus tôt possible. »

C'est en effet aux institutions financières, comme la Banque interaméricaine de Développement, le FMI, ou encore la Banque Mondiale, qu'Haïti doit rembourser plus de 70% de sa dette extérieure. Ce à quoi viennent s'ajouter les sommes dues à Taiwan et au Venezuela. Sans compter que les 100 millions de dollars d'aide supplémentaire accordés en janvier par le Fonds Monétaire International à Haïti se présentent sous la forme d'un prêt qu'il faudra bien, par définition, rembourser un jour, en plus des 165 millions de dollars qu'Haïti doit déjà au FMI. Par ailleurs, les détracteurs du cycle de l'endettement dénoncent les conditions « d'ajustement structurel » posées par le FMI dès 1995 à ses prêts, des conditions qui ont, par exemple, fait baisser fortement les droits de douane sur le riz, et provoqué un afflux massif de riz importé, ce qui a déstabilisé la production intérieure haïtienne. Pour finir, rappelons qu'un rapport du Centre de politique internationale publié en 2008 estimait que le service de la dette haïtienne représentait, au début des années 2000, près du double de l'aide étrangère pour l'éducation et les services de santé.

Auteur: Sandrine Blanchard

Edition: Aude Gensbittel

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