L′Allemagne connaît-elle une nouvelle vague d′antisémitisme? | Vu d′Allemagne | DW | 25.04.2018
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Vu d'Allemagne

L'Allemagne connaît-elle une nouvelle vague d'antisémitisme?

Le débat a repris de plus belle depuis des cas récents d'agression et de harcèlement de personnes supposées appartenir à la religion juive. // Finies les statues antiques à perte de vue dans les rues de la capitale de l'ex-République yougoslave de Macédoine. La nouvelle équipe au pouvoir veut déboulonner le projet de ses prédécesseurs et se réconcilier avec la Grèce.

Écouter l'audio 18:04

Depuis quelques semaines, le monde médiatique et politique est en ébullition en Allemagne, en raison de plusieurs incidents à caractère antisémite. 

Des rappeurs se comparent à des détenus d'Auschwitz

Il y a eu d'abord cette polémique autour d'un prix musical renommé, l'Echo, décerné aux rappeur Kollegah et Farid Bang, pour un album vendu à plus de 200.000 exemplaires.

Les rappeurs Kollegah et Farid Bang ont quand même été récompensés aux Echos

Les rappeurs Kollegah et Farid Bang ont quand même été récompensés aux Echos

Fidèles à leur réputation, les textes ne font pas dans la dentelle, mais c'est une toute petite ligne, dans un morceau bonus, qui a entraîné une levée de boucliers : "Mon corps est plus maigre que celui d'un détenu d'Auschwitz", chantent les rappeurs.

Conséquence, depuis la mi-avril, d'anciens lauréat du prix musical rendent leur distinction les uns après les autres... parmi eux le célèbre chef d'orchestre israélien Daniel Barenboim qui a dénoncé des textes "clairement antisémites, misogynes, homophobes et d'une manière générale, méprisants pour la dignité humaine".

Et les organisateurs du prix Echo ont annoncé mercredi (25.04.2018) la suppression du prix "dans sa forme actuelle", la réputation de la marque ayant été "fortement dégradée" par cette polémique.

Harcèlement et agressions d'un nouveau genre

On aurait pu se contenter d'un haussement d'épaules dans cette affaire, si elle n'avait pas été suivie d'autres incidents: le harcèlement d'une fillette juive par des camarades, de familles musulmanes, dans une école primaire berlinoise et, surtout, l'agression en pleine rue d'un quartier bourgeois de la capitale, d'un jeune portant une kippa... l'auteur de l'agression étant un jeune Syrien (et la victime, en fait, n'était pas juive mais portait un signe extérieur d'appartenance à cette religion, comme elle l'a confié à la DW).

L'agression du jeune portant une kippa a été filmée et partagée sur les réseaux sociaux

L'agression du jeune portant une kippa a été filmée et partagée sur les réseaux sociaux

Face aux craintes exprimées par les représentants des juifs d'Allemagne, la chancelière Angela Merkel a tenté, le week-end dernier, de rassurer l'opinion en accordant une interview à la chaîne israélienne Channel 10 News. Interview dans laquelle elle assure que tout est fait pour assurer la sécurité des juifs dans le pays. Tout en déplorant l'apparition d'un antisémitisme importé par des "migrants ou personnes d'origine arabe", elle a rappelé que le phénomène de l'antisémitisme n'était pas nouveau en Allemagne. 

"Nous avons de nouveaux phénomènes, avec par exemple des migrants ou des personnes d'origine arabe qui apportent une autre forme d'antisémitisme dans notre pays, mais l'antisémitisme existait déjà avant et nous déplorons le fait que de nombreuses décennies après la création de la République fédérale, on ne puisse pas encore laisser des crèches, des écoles et des synagogues sans protection policière."

L'extrême-droite toujours en tête des actes antisémites

Les statistiques lui donnent raison puisque de manière constante ces dernières années, les actes à caractère antisémite sont à 95% commis par des auteurs d'extrême-droite. En 2017, la police criminelle a enregistré environ 1450 agressions antisémites en Allemagne, un chiffre qui serait toutefois, selon les organisations juives, largement inférieur à la réalité.

L'Allemagne a réaffirmé son attachement à Israël à l'occasion des 70 ans de la création de l'État hébreu

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Ces dernières s'inquiètent non seulement des violences à caractère antisémite, mais aussi d'un antisémitisme qualifié de latent ou "subtil" au sein de la société allemande. 

Pour tenter d'y voir plus clair, nous avons interrogé Guilhem Zumbaum-Tomasi. Il est responsable du travail civique et historique au sein du Lieu de mémoire Friedrich-Ebertà Heidelberg. 

Il analyse les différentes formes d'antisémitisme en Allemagne, explique à partir de quel moment des critiques envers l'État d'Israël peuvent être qualifiées d'antisémites et revient sur la question de l'antisémitisme hérité par l'éducation, notamment chez de jeunes musulmans ayant grandi à l'étranger.

Le nouveau chargé de la lutte contre l'antisémitisme du gouvernement allemand, Felix Stein, prend ses fonctions dans quelques jours, le 2 mai. 

 

Alexandre le Grand en sursis à Skopje

La statue du roi de Macédoine et plus grand conquérant de l'Antiquité restera-t-elle sur son socle?

La statue du roi de Macédoine et plus grand conquérant de l'Antiquité restera-t-elle sur son socle?

La bataille du nom entre la Grèce et la Macédoine dure depuis maintenant 27 ans. La Grèce refuse à sa voisine le droit d’utiliser le nom "Macédoine", car elle redoute des visées territoriales sur sa propre région macédonienne qui lui est frontalière. Ces visées irrédentistes seraient entretenues, selon Athènes, par le projet "Skopje 2014" mis en place par l'ancienne équipe au pouvoir. 

Un projet qui a consisté en la construction de centaines de statues antiques, de fontaines, arcs de triomphe et bâtiments dans un style qui se voulait antique dans la capitale Skopje. Objectif de l'opération: prouver que les habitants de ce petit pays sont bien les descendants directs d’Alexandre le Grand, dont Athènes s’estime pourtant seule héritière. 

Les Macédoniens ne veulent pas changer de nom

Les Macédoniens ne veulent pas changer de nom

Seulement voilà, une nouvelle équipe est arrivée au pouvoir à Skopje, sa priorité est de rejoindre l’Europe et l’Otan. Elle veut donc trouver - au plus vite - un accord avec la Grèce, qui a posé son veto. Ce revirement implique de détruire la plus grande partie des statues, de changer des noms de rues, ce qui commence à poser un vrai problème d’identité aux citoyens macédoniens. Thomas Jacobi est allé mener l'enquête à Skopje.

Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev a déclaré la semaine dernière être convaincu que son pays n'a jamais été aussi proche d'une résolution du conflit avec la Grèce... tout en ajoutant que si le différend n'est pas résolu avec Athènes, "ce ne sera pas la fin du monde"!

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