L′AfD se veut aussi alternative pour l′information | Tous les contenus | DW | 12.04.2018
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Vu d'Allemagne

L'AfD se veut aussi alternative pour l'information

Comme d'autres partis politiques, les populistes allemands rebondissent sur l'actualité pour diffuser leurs messages - au risque d'aller, parfois, trop vite en besogne. Cette semaine, on décortique la stratégie de communication de l'AfD - Alternative pour l'Allemagne // La Chine construit un port en eaux profondes au Pakistan en vue de mieux relier l'Asie à l'Europe et au Moyen-Orient.

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Il est 16h30, samedi 7 avril, quand les premières alertes média arrivent sur les téléphones: une camionnette a foncé sur la foule à Münster, petite ville tranquille du nord-ouest de l'Allemagne. Presque aussitôt, les réseaux sociaux s'emballent. Et en particulier les réseaux islamophobes.

Pour eux, la situation est claire: il s'agit d'un attentat au camion-bélier comme celui qu'a connu Berlin en 2016. Son auteur est forcément un islamiste, et qui dit islamiste, dit réfugié. 

Beatrix von Storch, la "Donald Trump" de l'AfD

Dès 16h39, Beatrix von Storch, députée du parti populiste AfD, publie un premier tweet en lettres majuscules: "Wir schaffen das", "nous y arriverons", une phrase prononcée par Angela Merkel en 2015 à propos de l'accueil des réfugiés. La publication est accompagnée d'un emoji, une petite tête toute rouge exprimant la colère. 

Un peu plus tard, lorsque les premiers éléments de l'enquête indiquent que le conducteur de la camionnette, qui s'est suicidé une fois son acte commis, était un Allemand de 48 ans atteint de troubles psychologiques, la même députée ne se démonte pas. Elle adapte ces nouveaux faits à sa logique: le conducteur a pris pour modèle les attentats au camion-bélier, et cela prouve selon elle que "l'islam frappera encore une fois"

Beatrix von Storch a-t-elle une vision déformée de la réalité ou ses tweets compulsifs font-ils partie d'une stratégie de communication du parti AfD?

C'est la première question que j'ai posée à Jérôme Vaillant, professeur émérite de civilisation allemande à l'université de Lille, en France, et directeur de publication de la revue "L'Allemagne d'aujourd'hui". 

L'actualité comme prétexte 

Selon lui, il s'agit plutôt d'un "dérapage" de la part d'une personnalité qui tente de se profiler. Le parti, lui, est resté prudent dans sa communication au moment de l'incident meurtrier.

Et alors que des dirigeants conservateurs ont appelé cette semaine à la démission de Beatrix von Storch, le président de l'AfD, Jörg Meuthen, a pris ses distances avec la députée en estimant qu'elle avait réagi trop précipitemment, au risque de s'attirer une colère "compréhensible et évitable".

S'il peut s'agir d'un dérapage dans le cas de Münster, l'AfD utilise tout de même régulièrement l'actualité pour faire passer ses messages politiques. "C'est ce que font tous les partis", souligne Jérôme Vaillant, "mais l'AfD le fait sur une ligne d'extrême-droite et populiste, c'est cela qui est particulièrement dangereux".

Beatrix von Storch a-t-elle délibérément dépassé les limites?

Beatrix von Storch a-t-elle délibérément dépassé les limites?

La vérité selon l'AfD

Le parti islamophobe, entré au parlement à l'issue des dernières élections fédérales de septembre 2017 a annoncé en février le lancement de son propre média pour contrer les "fausses informations diffusées par les médias traditionnels". Ce qui constitue un mélange des genres, selon Jérôme Vaillant: "L'AfD entend apporter sa vérité, ce qui peut être redoutable vu que le parti fait de la propagande et non de l'information".

Et pour créer cette nouvelle plateforme, des dirigeants de l'AfD ont récemment demandé conseil à l'ancien conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche, Steve Bannon. Avant de tomber en disgrâce, celui-ci avait largement contribué au succès du candidat à la présidence américaine grâce à son site "Breitbart", spécialisé dans la diffusion de fausses informations...

Cinq millions d'euros pour les réseaux sociaux

La bataille de la communication se joue donc sur les réseaux sociaux, le gouvernement allemand l'a bien compris. En 2017, l'équipe d'Angela Merkel a consacré cinq millions d'euros à la promotion de messages sur internet.

Les chiffres ont été révélés suite à une question du groupe parlementaire AfD au Bundestag - et le parti populiste essaie de les tourner à son avantage en dénonçant une manipulation des pouvoirs publics, notamment au moment des dernières élections.

Jérôme Vaillant relativise: "Le fait que le gouvernement s'implique dans les réseaux sociaux ne me paraît pas en soi une mauvaise chose car il ne faut pas abandonner les réseaux sociaux à eux-mêmes."

En mars, une étude publiée par le think tank Stiftung Neue Verantwortung a révélé que l'AfD avait été responsable de la diffusion des principales fausses informations durant la campagne des législatives de septembre. La plupart du temps via Facebook.


                                                 La Chine veut ressusciter les routes de la soie

C'est l'un des plus grands investissements jamais réalisé. La Chine a lancé le projet One Belt One road en 2013. Il s'agit de ressusciter les routes de la soie pour mieux relier l'Asie à l'Europe et au Moyen-Orient. 

Pékin investit notamment dans les ports, en particulier au Pakistan où elle en construit un en eaux profondes à Gwadar, dans la province du Baloutchistan, près de l'Océan indien. 

Les autorités locales y voient une chance pour doper l'économie. Elles ambitionnent de faire de Gwadar l'un des premiers ports du monde en le connectant aux richesses énergétiques de l'Asie centrale. Le reportage de notre correspondant dans la région, Emmanuel Derville.

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