La vidéosurveillance au service de la sécurité routière en Côte d′Ivoire | Afrique | DW | 27.09.2021
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Afrique

La vidéosurveillance au service de la sécurité routière en Côte d'Ivoire

La Côte dIvoire mise sur des caméras pour verbaliser les contrevenants au code de la route. Une décision critiquée.

Les autorités ivoiriennes comptent sur les caméras pour fluidifier le trafic

Les autorités ivoiriennes comptent sur les caméras pour fluidifier le trafic

En Côte d'Ivoire, un nouveau système de contrôle routier par caméras de surveillance permet une verbalisation à distance. L'objectif est bien entendu de réduire le nombre d'accidents de la route. Mais comment réagissent les usagers verbalisés ? Et ce nouveau système de verbalisation viole-t-il les libertés publiques ? Reportage à Abidjan.

Des caméras sur les boulevards

La verbalisation par vidéo s'appuie sur un réseau de caméras installées sur les boulevards et carrefours d'Abidjan. En premier lieu, la caméra capture et transmet l'incident au centre de gestion de la mobilité intégrée. Les données reçues sont traitées puis l'infraction est notifiée par sms ou bien physiquement.

Nous avons pu entrer dans le centre de contrôle vidéo mais sans avoir le droit d'enregistrer à l'intérieur.

Plusieurs agents des forces de l'ordre et du ministère du Transport, installés devant leurs écrans, surveillent les images en direct des caméras, des vues de la circulation sur les principales artères d'Abidjan. La tâche des agents présents se résume souvent à zoomer sur certains véhicules.

Écouter l'audio 02:08

Ecoutez le reportage de Julien Adayé

Marie Christelle Ayoman, opérateur technique au ministère du Transport, explique le fonctionnement de cette vidéo-verbalisation :

"Ce sont des caméras de dernière génération donc dotées d'une technologie via l'intelligence artificielle qui permettent de capturer uniquement les infractions au code de la route telles que par exemple un excès de vitesse ou le passage à un feu rouge. La notification est envoyée uniquement au propriétaire du véhicule. Lorsque celui-ci reçoit un SMS, il y a un pdf avec et lorsqu'il clique sur le lien, ça affiche le visuel de la contravention ainsi que l'amende à payer.''

Une amende par SMS

A Abidjan la capitale économique ivoirienne, mais aussi dans plusieurs autres grandes villes du pays, la verbalisation par vidéo est entrée en vigueur depuis le 7 septembre dernier et a déjà fait ses premières victimes.

A Kampala, un système équivalent est déjà en place depuis plusieurs années

A Kampala, un système équivalent est déjà en place depuis plusieurs années

Emma O'maïs dirige une entreprise de location de plusieurs véhicules. Elle a déjà reçu les notifications des infractions commises par ses chauffeurs.

"Nous avons déjà reçu un peu plus de quatre notifications pour nos véhicules en circulation. Les messages sont reçus sous forme de sms qui écrit ce qui suit : "Le véhicule immatriculé ….GE01 vous appartenant est impliqué dans une infraction routière." En nous précisant la date, l'heure et un lien sur lequel on peut voir l'image et le lieu où se trouvait le véhicule. Pour le moment je n'ai payé aucune amende. Parce que je n'avais pas les informations sur le lieu de paiement et sur les reçus qu'on nous donne qui justifient notre paiement.''

Sécurisation et libertés publiques

Pour le juriste Geoffroy Kouao, la vidéo-surveillance joue un rôle de police répressive. Car elle permet de sanctionner la violation des règles du code de la route, afin de créer une fluidité routière.  

Cependant, le contrôle par vidéo-surveillance ne peut pas être considéré comme une violation des libertés publiques, soutient le juriste. Geoffroy Kouao estime que "l'utilisation de la vidéo-surveillance ne pose pas de problème particulier relativement aux libertés publiques". Il prétend même que cette technique renforce ces libertés publiques. "en ce sens qu'elle participe à la sécurisation des personnes et des biens sur les routes. La vidéo-surveillance joue un rôle de police administrative, donc de police préventive.''

A ce jour, plus de 6.000 caméras de surveillance sont actives. La phase pilote de la vidéo-verbalisation a enregistré deux millions d'infractions en trois mois. Le premier bilan de l'opération sera établi dans les six prochains mois.

Le contrevenant dispose d'un délai de trente jours pour payer son amende, par carte bancaire ou par transfert d'argent mobile.