La Tunisie goûte à la liberté | Afrique | DW | 16.01.2011
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Afrique

La Tunisie goûte à la liberté

Si la Tunisie découvre la liberté, l'inquiétude perce dimanche au Moyen-Orient où les gouvernements redoutent le chaos dans leurs pays respectifs que leurs oppositions appellent à s'inspirer de ce soulèvement populaire.

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Quel avenir saura se construire la Tunisie après avoir chassé le tyran ?

Le calme et la stabilité semblent revenir en Tunisie. Seuls des tirs isolés ont été entendus dans la capitale dans la nuit de samedi à dimanche, contrairement à la nuit précédente qui avait été marquée par des tirs nourris et de nombreux pillages. Dans le centre où les grandes artères étaient quasi-désertes et des blindés de l'armée déployés aux endroits stratégiques, certains carrefours étaient surveillés à la fois par des militaires et des policiers. Mais en banlieue, les habitants assurent devoir assumer eux-mêmes leur sécurité.
Ce retour au calme se traduit déjà par un allègement du couvre-feu d'une heure à partir de dimanche dans l'ensemble de la Tunisie en "raison d'une amélioration de la sécurité", selon une source officielle. Cette source, non identifiée, a précisé que les autres mesures de l'état d'urgence restaient en vigueur, à savoir l'interdiction de rassemblement sur la voie publique de plus de trois personnes et l'autorisation donnée aux forces de l'ordre de tirer sur les personnes prenant la fuite lors des contrôles.

À Tunis, le Premier ministre sortant, Mohammed Ghannouchi a réuni tous les partis politiques dits légaux, représentés au Parlement ou non, sauf le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (le PCOT) de Hamma Hammami qui est interdit, et les islamistes du parti Ennahdha de Rached Ghannouchi qui vit en exil à Londres mais qui a annoncé son retour en Tunisie.
Dimanche, un mandat d'arrêt a été lancé contre le général Sériati, l'ex-chef de la sécurité du président Ben Ali. Il est formellement accusé d'être le responsable des exactions contre la population, a annoncé une source officielle. Celle-ci a en outre indiqué qu'il était établi que cet homme clé de l'ancien régime était derrière les milices responsables des récents désordres dans la capitale et d'autres villes du pays.

Au Moyen-Orient, l'exemple tunisien inquiète de nombreux gouvernements. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Ramin Mehmanparast déclare : « Nous espérons que les demandes de la nation musulmane tunisienne seront satisfaites grâce à des moyens pacifiques et non-violents ». L'Organisation de la conférence islamique (OCI) a fait part de sa solidarité et exhorté la Tunisie à « préserver la sécurité et la stabilité ». Et le gouvernement koweïtien a appelé à « un consensus national afin de faire prévaloir les intérêts nationaux et éviter le chaos ».
Par contre, les oppositions à ces régimes ont appelé de leurs voeux une éventuelle contagion. En Jordanie, le Front de l'Action Islamique (FAI) a appelé « tous les régimes arabes à réexaminer leurs politiques ». Des députés de l'opposition ont salué le soulèvement tunisien et averti que tous les régimes oppressifs connaîtront le même sort. Pour la Syrie et l'Iran, les déboires de M. Ben Ali sonnent cependant comme un avertissement contre l'Occident. « C'est une leçon qu'aucun régime arabe ne devrait ignorer, en particulier ceux qui mènent la même politique que la Tunisie et qui comptent sur les "amis" pour les protéger », écrivait le quotidien syrien al-Watan, proche du pouvoir.

Auteur : Christophe Lascombes (avec l'AFP)
Édition : Mulay Abd' el Aziz

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