La tension toujours vive au Bénin | Afrique | DW | 02.05.2019
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Afrique

La tension toujours vive au Bénin

Le 1er mai a été marqué par l’encerclement du domicile de l’ancien président Boni Yayi et des barricades dans la rue. La police a chargé les manifestants à Cotonou mais le pouvoir dément vouloir arrêter l'ex-président.

Écouter l'audio 02:05

"Ce qui est en jeu aujourd’hui va au-delà de la personnalité de Boni Yayi" (Manifestant à Cotonou)

Le 1er mai, journée marquant la fête du travail et jour anniversaire du président Patrice Talon n’a pas été de tout repos au Bénin.

Le domicile de l’ancien président Thomas Boni Yayi a été encerclé par des éléments de la police. En réponse, une population en colère a riposté par des jets de pierres.

Cotonou était en ébullition mercredi. Tout est parti de cette descente massive des forces de l’ordre au domicile de l’ancien chef de l’Etat.

La population est convaincue que c’était pour l’enlever.

"Oui effectivement ils étaient venus et la population les a chassé, ils sont partis manu militari"

"Nous sommes en démocratie mais on veut la vendre, et nous, nous sommes là pour racheter cette démocratie"

"Il a divisé ma famille mais il paiera le prix cher"

"Ce qui est en jeu aujourd’hui va au-delà de la personnalité de Boni Yayi. C’est tout le peuple béninois qui se lève aujourd’hui pour dire non à l’enlèvement programmé de Boni Yayi. Talon, c’est fini"

"Mais il n’a pas le sang humain ? Nous, on est fatigué de lui. Il n’a qu’à descendre. Il est là pour les animaux ou pour les hommes ?"

"Voilà un chef d’Etat qui est élu et qui a oublié que c’est le peuple qui l’a élu ; et qui est en train de massacrer son peuple. Et nous disons : il doit dégager !"

Pas de projet pour arrêter Boni Yayi selon le gouvernement

Des pneus, véhicules, stations-services brûlés. Les dégâts de la journée du 1er mai sont considérables. Face à ce chaos, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Sacca Lafia, a voulu clarifier la situation.

"Nous avons appris qu’un attroupement se formait à Cadjéhoun, au domicile du président en vue d’un mouvement de foule à travers la ville de Cotonou. Aucune manifestation de rue n’ayant été déclarée, nous avons envoyé des éléments sur le terrain afin de contenir le mouvement qui était en préparation. Notre devoir, le devoir de la police étant aussi d’empêcher des troubles à l’ordre public. Je peux vous assurer qu’aucun projet d’arrestation de l’intéressé n’a existé contrairement à ce qui est relayé."

Les mouvements ont continué dans la soirée avec la descente dans plusieurs structures. Avec cette situation, soulignons que les travailleurs du Bénin, ont fêté la mort dans l’âme.

Les activités prévues dans le cadre de la journée du travail ont été empêchées. En lieu et place, ils ont été gazés par la police.

L’ancien président Boni Yayi avait appelé au boycott des législatives, puis avait lancé lundi un ultimatum pour demander au président Patrice Talon d'interrompre le processus électoral, qualifié de "coup d'Etat institutionnel".

Seuls deux partis proches du pouvoir ont pu présenter des listes aux législatives et se partageront donc les 83 sièges du nouveau Parlement.

La plateforme d'observation de la société civile a fait état de deux morts lors du vote, sur un total de 206 incidents, dont des destructions et incendies de matériel électoral.

 

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