La plus grande conférence interreligieuse au monde en Allemagne // Le blues de afro-caribéens au Royaume-Uni | Vu d′Allemagne | DW | 21.08.2019
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Vu d'Allemagne

La plus grande conférence interreligieuse au monde en Allemagne // Le blues de afro-caribéens au Royaume-Uni

Des croyants de 100 pays différents sont réunis cette semaine en Allemagne, dans la petite ville de Lindau, pour la conférence mondiale Religions for Peace. Une conférence qui se fixe des buts à atteindre, notamment en Afrique. Dans la seconde partie de ce magazine, reportage en Angleterre, où, à la veille du Carnaval de Notting Hill, les afro-caribéens ne se sont jamais sentis si peu acceptés.

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"La religion ne doit jamais justifier la haine et la violence. Aucune guerre ne doir être menée au nom de la religion". C’est par ces mots que le président de la République fédérale d'Allemagne, Frank Walter Steinmeier, a ouvert la conférence Religions for Peace (religions pour la paix), le plus grand rassemblement interreligieux du monde.

Ce rassemblement se tient, pour la première fois de son histoire, en Allemagne, dans la petite ville de Lindau, au bord du Lac de Constance, en Bavière. Des hommes et des femmes, juifs, musulmans, catholiques, bouddhistes, venus de près de 100 pays différents, se retrouvent pour parler croyance, extrémisme et tenter de trouver des solutions pour rendre le monde meilleur.

Cinq jours de rencontres

Pendant cinq jours, des cérémonies, des conférences ou des moments plus informels sont organisés pour échanger, diner, prier. Une conférence mondiale comme beaucoup d’autres, mais qui a la particularité de rassembler des acteurs de différentes religions, qui se font parfois la guerre dans d'autres endroits du monde.

"Le signe, c'est d'abord et avant tout que nous nous assoyons ensemble, qu'on parle ensemble, que nous créions une plateforme, que les gens se réunissent et échangent des idées", explique Ulrich Schneider, le secrétaire général de la Fondation organisatrice. "Lorsque vous parlez, lorsque vous dialoguez les uns avec les autres, aucune action violente n'a lieu en parallèle. Et je crois qu'il s'agit là d'un point crucial dans le travail de Religions pour la Paix dans son ensemble et dans ce que nous faisons ici à Lindau", poursuit-il.

C'est la première fois que cette conférence mondiale se tient en Allemagne

C'est la première fois que cette conférence mondiale se tient en Allemagne

Ulrich Schneider évoque divers sujets qui seront abordés cette semaine, du rôle des femmes dans les processus de paix au Moyen-Orient, en passant par des questions de justice, ou la protection de l'environnement. Des thèmes qui pourraient être abordés sans être liés à la religion répondront certains. "Mais la religion est importante. Plus de 80 pour cent de la population mondiale se dit religieuse", insiste Ulrich Schneider. "Ce n'est pas comme en Allemagne où la moyenne est beaucoup plus basse, la religion a un rôle moins important. Les représentants religieux sont parfois les seuls acteurs. C'est pourquoi il est si important d'échanger."

Des objectifs précis

La rencontre mondiale qui se déroule ces jours-ci a lieu tous les 5 ans environ. La création de l'organisation mondiale qui gère tout cela remonte à 1961, en pleine guerre au Vietnam. Des religieux se demandent à l’époque quel rôle ils pourraient jouer dans la résolution du conflit. Aujourd'hui l'organisation se compose d'un conseil de hauts responsables religieux du monde entier, de six conseils régionaux interconfessionnels et de 90 conseils nationaux. Elle a déjà fourni une aide multiple lors de la guerre en Sierra Leone, en Bosnie ou plus récemment en Syrie.

Lindau Religions for Peace Alhaj Ishaq Kunle (DW/A. Purwaningsih)

Alhaj Ishaq Kunle, du Nigeria, est à Lindau en Allemagne

Cette année, plusieurs objectifs clairs sont fixés lors de la semaine en Allemagne. Le premier c'est de ramener à la table du dialogue bouddhistes et musulmans du Myanmar. Près de 700.000 musulmans Rohingya, en minorité là-bas, ont dû fuir le pays. "Il y aura une déclaration finale à la fin, et la particularité de cette déclaration, c'est qu'elle sera rédigée ici", explique Ulrich Schneider. "Et l'accent sera mis sur un plan d'action qui fournira des accords sur des actions concrètes au cours des prochaines années."

L'Afrique au programme

But aussi : construire un dialogue entre religieux des Corées du Nord et du Sud pour les impliquer dans la dénucléarisation de la péninsule. Enfin, l'Afrique tient une grande place dans le programme. Des leaders religieux et des membres des autorités centrafricaines doivent se rencontrer. Ce sera le cas aussi pour des Sud-Soudanais ainsi que des délégations de RDC. Des échanges auront lieu aussi pour travailler à mieux protéger les femmes contre les crimes sexuels sur le continent africain. "J'espère qu'il y aura une unité entre les religions dans mon pays, qu'à la suite de cette conférence, les religions vivront ensemble en paix et en harmonie", confie une jeune ougandaise au début de la conférence.

Mais autant d’objectifs, tous fixés très haut, n'est-ce pas un vœu pieux pour une conférence de cinq jours ? "L'espoir que nous associons à cette assemblée mondiale est que nous donnerons des impulsions qui auront un effet durable, et que nous ne serons pas simplement un sommet de plus comme il y en a partout aujourd'hui", répond Wolfgang Schürer, président de la fondation pour le dialogue entre les religions mondiales et la société civile.

Le gouvernement fédéral allemand veut en tout cas croire en cette assemblée et l'a soutenu financièrement. Le président Frank Walter Steinmeier qui a ouvert la conférence a d’ailleurs été par le passé chef de la diplomatie allemande. Il s'était à l'époque déjà battu pour que la religion, au sens large, soit mieux prise en compte dans la politique étrangère.

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Les Anglais des Caraïbes n'ont pas le coeur à la fête

Großbritannien Schiff Empire Windrush (Getty Images/Keystone)

Le bateau Windrush arrive au Royaume-Uni avec des passagers de Jamaïqu en 1948.

Dans la deuxième partie de Vu d'Allemagne, nous prenons la direction de l'Angletterre. C'est là que se tient ce week-end, 25 et 26 août, le fameux Carnaval de Notting Hill. Un Carnaval qui célèbre les cultures jamaïcaine et antillaises en général. 

Le 22 juin déjà avait été déclarée "Windrush Day", du nom du bateau Le Windrush, arrivé de Jamaïque en 1948. Une manière de commémorer les apports de la population caribéenne au Royaume-Uni, de la musique reggae aux arts, en passant par la cuisine et la danse. 

Mais malgré toutes ces célébrations, les Britanniques issus des Caraïbes ne se sont jamais sentis si peu acceptés. Des retraités ont même été renvoyés du pays ces dernières années, on a parlé de Windrush Scandal. Une ministre a même dû démissionner, le gouvernement s'est excusé et a promis de se pencher sur le dossier l'an denier. Sauf que rien ne s'est passé depuis. Alors ce week-end, et même depuis juin, les habitants originaire des Caraïbes n'ont pas le coeur à la fête. Melissa Chemam nous emmène à leur rencontre.

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