″La maladie du sommeil″ à la Berlinale | Allemagne | DW | 14.02.2011
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Allemagne

"La maladie du sommeil" à la Berlinale

Parmi les 16 films en compétition, "Schlafkrankheit" ou "La maladie du sommeil", une coproduction franco-allemande du réalisateur Ulrich Köhler tournée au Cameroun

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Berlinale 2011 Affluence aux guichets publics

Si Ulrich Köhler a vécu lui même dans plusieurs pays africains quand il était enfant, il l'a dit et répété: son film n'est pas un film sur l'Afrique mais bien sur les Européens expatriés.

Il y a d'abord Ebbo, médecin allemand, spécialiste de la maladie du sommeil. Si, dans la première partie, il donne l'impression d'être équilibré et relativement bien intégré dans la société camerounaise, dans la deuxième en revanche, après le retour de sa femme en Allemagne, il n'est plus que l'ombre de lui même. L'acteur français d'origine togolaise, Jean-Christophe Folly incarne Alex, jeune médecin qui n'a jamais mis les pieds en Afrique malgré ses origines, et qui est considéré comme un Blanc par les Camerounais. Enfin, Hippolyte Girardot est Gaspard, un Français qui ne souhaite qu'une chose: rester en Afrique. Alcool, jeunes Africaines, il incarne tous les clichés qui entourent les expatriés vivant sur le continent.

03.03.2010 DW-TV Fit und Gesund Alkohol_01

Mais pour Hippolyte Girardot, son personnage va bien au delà de cette réalité:

"Gaspard pour moi a choisi son destin en étant là-bas, et non seulement ça mais en étant heureux. Heureux de vivre très bien avec l'argent qu'il gagne très facilement là-bas, heureux d'aller chasser la nuit avec un guide le léopard dans la jungle. Dans l'idée du personnage pour Uli, c'était effectivement un personnage pas sympa d'une certaine manière, mais en fait, il ne s'agit pas d'être sympa ou pas sympa, il s'agit d'être la mauvaise conscience de Ebbo."

Le film est aussi une réflexion sur l'aide au développement. Alex assiste notamment à une conférence d'un Africain qui rejette cette aide en bloc, et affirme que seul le commerce peut aider le continent. Ulrich Köhler:

"Moi je ne suis pas économiste, mais je crois pouvoir dire qu'il y a une certaine naiveté dans les discours à l'ouest que je ne partage pas, comme les discours des gens comme Bono et Bob Geldorf, qui croient qu'en donnant beaucoup d'argent à l'Afrique, tous les problèmes vont se résoudre, je n'y crois pas non plus, mais j'ai pas de solution. Je suis seulement là pour dire que je vois qu'il y a des projets qui ont commencé avec beaucoup d'enthousiasme et beaucoup d'argent, et qui, 5 ans après, se retrouvent sans succès."

Danis Tanovic mit Bob Geldorf

Le musicien britannique Bob Geldorf, à g., avec le metteur en scène bosniaque Danis Tanovic

Si au début du film Ebbo refuse de demander à l’ONG pour laquelle il travaille davantage d’argent pour financer son projet de lutte contre la maladie du sommeil, il finit par en demander pour subventionner des bungalows construits par son ami Gaspard.

Auteur: Audrey Parmentier
Editeur: Philippe Pognan