La ″Maison Schengen″ de Kinshasa sera fermée | Afrique | DW | 25.01.2018
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Afrique

La "Maison Schengen" de Kinshasa sera fermée

Les autorités congolaises ont signifié à la Belgique leur volonté de fermer "dans un bref délai" la "Maison Schengen" de Kinshasa. La structure est un centre commun de réception des demandes de visas européens.

Écouter l'audio 10:48

"C'est une mesure de réciprocité de la RDC" (Tryphon Kin-Kiey Mulumba, majorité présidentielle)

La décision de Kinshasa survient moins de deux semaines après celle de la Belgique annonçant, le 10 janvier, "une révision fondamentale" de sa coopération avec les autorités congolaises jusqu'à "l'organisation d'élections crédibles".

Dans une note transmise aux autorités belges, Kinshasa a  estimé pour sa part que la  "nouvelle agence de développement (Enabel) n'a plus sa raison d'être en République démocratique du Congo":

"La Maison Schengen" de Kinshasa a été créée le 5 avril 2010 en coopération avec plusieurs pays membres de l'espace de libre-circulation Schengen. Elle est placée sous la direction de la Belgique.

Sa mission ? Gérer les demandes de visas court-séjour pour les pays membres de l'espace Schengen, comme l'Allemagne, la France, l'Italie, la Suède, ou la Belgique.

"Ce qui fera le plus mal, c'est le fait qu'il y aura du personnel belge qui va devoir quitter le Congo comme au niveau de cette agence de coopération belge",  a tenté de justifier Tryphon Kin-Kiey Mulumba, ancien ministre congolais des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies. "Mais en termes de service de visa, les Congolais se rendront toujours dans les pays de Schengen lorsqu'ils auront le visa. Fondamentalement, rien ne change, même en ce qui concerne la Belgique pour cette question de visa", a ajouté le membre du bureau politique de la majorité présidentielle qui fut le dernier ministre de l'information du Maréchal  Mobutu Sese Seko, avant sa chute en 1997.

Fuite en avant

La  réaction des autorités congolaises est une "fuite en avant", visant à masquer les vrais problèmes de la RDC, le manque de démocratie et d’Etat de droit, rétorque le directeur exécutif de l’Institut Alternative et initiative citoyenne pour la gouvernance  démocratique.

Écouter l'audio 02:34

L’intégralité de l’entretien que nous a accordé, maitre Sylvain Lumu, directeur exécutif de l’Institut Alternative et initiative citoyenne pour la gouvernance démocratique.

"Nous sommes en face d'un gouvernement qui est totalement en déphasage avec les questions essentielles des aspirations de son peuple. Le peu qui reste et qui s'obtient à partir de la communauté internationale est en train d'être brisé par le gouvernement. Et les européens ne devraient pas se laisser faire, de telle sorte que finalement, la victime, en définitive, ne soit que le peuple congolais", a déclaré l'avocat et militant des droits de l'Homme Sylvain Lumu.

La DW a joint Catherine Ray, la porte-parole de l'Union européenne, qui s’est contentée de prendre acte de la décision congolaise et affirme qu'une réaction officielle viendra ultérieurement.

Idem pour le Léonard She Okitundu, le ministre des Affaires étrangères congolais, qui n’a pas souhaité faire plus de commentaires.

Selon le communiqué du ministère congolais des Affaires étrangères, après le "démantèlement" de ce dispositif consulaire, "les ambassades concernées" devront "reprendre leurs responsabilités en la matière dans un délai qui sera communiqué par voie diplomatique".

Cette montée de tension entre la RDC et son ex-puissance coloniale vient de franchir un autre palier, qui risquerait d'envenimer les relations dejà en dents de scie entre les autres Etats membres de l'Union européenne et Kinshasa.

L'UE, tout comme la grande majorité de la communauté internationale, a condamné, la violente répression des manifestations du 31 décembre 2017, et celles du 21 janvier 2018 à Kinshasa et dans les autres villes de l'arrière-pays. 

Le secrétaire général des Nations unies, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis dans un communiqué conjoint, l'ambassadeur du Canada, l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), ont également montré du doigt ou condamné le régime du président Kabila en lui demandant le respect des libertés fondamentales.

     

 

 

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