La justice tchadienne veut retrouver la confiance du peuple | Afrique | DW | 21.10.2019
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Afrique

La justice tchadienne veut retrouver la confiance du peuple

Les magistrats sont en colère contre le pouvoir qu'ils accusent de violer l'indépendance de la justice.

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Ecoutez le sujet de notre correspondant à N’Djamena...

Réunis en Assemblée générale ce lundi 21 octobre, les magistrats tchadiens estiment qu'on assiste depuis un certains temps à un dysfonctionnement de l’appareil judicaire à cause des ingérences intempestives de l’Exécutif. Cela se traduirait par des libérations fantaisistes et des détentions arbitraires.

A cela s’ajouteraient des pressions venant de l’autorité de tutelle sur les juges du siège dans le but d'interpréter le droit dans un sens ou dans l'autre. Les magistrats dénoncent également le fait que le traitement du justiciable peut varier en fonction de son statut social. Djonga Arafi est le Secrétaire général du Syndicat des magistrats du Tchad :

"Ce que nous dénonçons, ce sont des faits qui concourent à la faiblesse et au manque de crédibilité de la justice. Nous sommes devenus la risée de nos concitoyens. Comment comprendre que des gens qui sont condamnés à l’issue d’une audience régulière et qui sont sur le champs systématiquement libérés devant un public médusé ? Cela ne concourt pas à redorer le blason ou l’image même de notre justice. En exemple le cas de bol où une autorité administrative qui a été donc condamné par le tribunal de bol et systématiquement il s’est retrouvé dehors. Le dernier cas, deux mandats de dépôts sont signés et qui n’attendent qu’à être exécutés mais des instructions sont venues pour libérer les gens alors qu’ils étaient en poste ici à N’Djamena. Ces comportements ne sont pas de nature à aider la justice dans sa mission régalienne d’assurer la paix sociale."

Une justice fatiguée

Sosthène Mbernodji, le Secrétaire général du Mouvement citoyen pour la préservation des libertés (MCPL) partage cet avis :

"L’immixtion de l’exécutif tchadien ne date pas d’aujourd’hui, mais si les magistrats sont arrivés à dénoncer cette énième immixtion je crois qu’ils en ont gros sur le cœur. Si on veut être un modèle de démocratie, il faut qu’on laisse la justice faire son travail ; on a tant dit que les juges ne faisaient pas leur travail et que la justice est corrompue. Mais l’exécutif s’immixe de façon intempestive dans toutes les décisions rendues par les juges et il est temps que cela cesse."

Contacté, le ministre tchadien en charge de la Justice et des droits de l’homme Djimet Arabi n’a pas souhaité se prononcer sur le sujet.

Au Tchad, la position sociale ou la proximité avec le régime peuvent prévaloir sur la justice.

Au Tchad, la position sociale ou la proximité avec le régime peuvent prévaloir sur la justice.

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