La Guinée veut réglementer les moto-taxis | Afrique | DW | 14.06.2018
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Afrique

La Guinée veut réglementer les moto-taxis

34% des accidents de la circulation seraient causés par les moto-taxis. Gace à cela, les pouvoirs publics veulent accroitre les contrôles et mieux réguler le secteur.

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"Le secteur des moto taxis est une problématique de la sécurité routière aujourd'hui", Amidou Babacar Saar

A Sangoyah, un des quartiers de la commune de Matoto, en Guinée, les moto-taxis sont alignés par dizaines. Tous sont à la recherche de clients. La plupart des conducteurs sont des diplômés sans emplois.

Ils pratiquent cette activité pour subvenir à leurs besoins. C’est le cas de Mamadou Sagno qui a fini ses études depuis 2015. "J’ai postulé partout mais jusqu'à présent il n'y a pas de possibilité", regrette Sagno. Mais il ne veut pas rester les bras croisés. "J’ai jugé nécessaire de commencer cette activité pour subvenir à mes besoins. Pour le moment, le revenu du moto-taxis est suffisant pour me faire vivre. C’est pourquoi je me suis lancé dans cette activité."

Les accidents de moto, première cause d'hospitalisation 

 En Guinée, tout détenteur de moto peut devenir taxi sans être inquiété. Aucun signe d’identification n’est visible sur le terrain. Parfois ces conducteurs peuvent prendre plusieurs personnes sur leur moto, ce qui les expose souvent à des accidents.

Selon le médecin chef du service de traumatologie de l’hôpital national Ignace Deen, Docteur Alimou Sow, le taut de pourcentage des accidentés reçus dans son service est assez considérable. "Nous avons fait une enquête sur les urgences traumatologiques et nous avons trouvé que 34% des accidentés sont des moto-taxis. Vous voyez combien les statistiques sont élevées. 34% c’est énorme. C’est un vrai problème de santé publique. Qui plus est, ces accidentés arrivent dans des états graves" , explique Alimou Sow.

Quelles sont les mesures prises par l'Etat?

Vu la gravité de la situation, le ministère des Transports et celui de la Sécurité ont signé un arrêté conjoint visant à réglementer les moto-taxis en Guinée.

 Amidou Babacar Saar, directeur national de la Sécurité routière expose quelques dispositions de cet arrêté. "Une moto doit prendre au maximum deux personnes et elle ne doit pas prendre une femme enceinte. Le chauffeur doit porter des chaussures fermées. Le port du casque est obligatoire. Donc ce sont des recommandations issues de l’arrêté. Le secteur des moto taxis est une problématique de la sécurité routière aujourd'hui. Il faut qu’il soit immatriculé comme les transports en commun", conclu le directeur national de la Sécurité routière.

Toutefois, l’application de cet arrêté tarde à avoir des résultats sur le terrain. Pour l’instant, peu de conducteurs de moto-taxis se plient aux exigences de la nouvelle réglementation. Il arrive aussi que les moto-taxis interpelés en infraction s'en sortent en versant un peu d'argent à la police.

 

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