La Guinée de nouveau entre les mains des militaires | Afrique | DW | 06.09.2021
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Guinée

La Guinée de nouveau entre les mains des militaires

Couvre-feu, fermeture des frontières, dissolution des institutions. Telles sont les premières mesures prises par les forces spéciales qui ont pris le pouvoir dimanche en Guinée.

Des militaires célèbrent leur victoire après l'arrestation du président Alpha Condé, le 5 septembre

Des militaires célèbrent leur victoire après l'arrestation du président Alpha Condé, le 5 septembre

La nuit a été calme à Conakry et pour cause : les officiers des forces spéciales qui ont pris le pouvoir dimanche ont instauré un couvre-feu dans tout le pays "jusqu'à nouvel ordre".

Écouter l'audio 03:41

Compte-rendu de Bangaly Condé, notre correspondant à Conakry

Emmenés par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, les putchistes ont également annoncé une série de mesures comme la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Ils veulent par ailleurs remplacer gouverneurs et préfets par des militaires et convoquer les ministres sortants et les présidents des institutions à une réunion lundi matin, dans la capitale.

Tout refus de se présenter à cette réunion sera considéré "comme une rébellion" contre le "Comité national du rassemblement et du développement", ont précisé les militaires qui ont par ailleurs promis d'engager une "concertation nationale pour ouvrir une transition inclusive et apaisée". 

A lire aussi → Guinée : les militaires annoncent la fin du régime Condé mais...

Alpha Condé en sécurité ? 

Alpha Condé, le président déchu, serait aux dires des militaires en sécurité. Ils ont assuré qu'il était en bonne santé et bien traité. 

Au pouvoir depuis novembre 2010, le premier président guinéen démocratiquement élu a entamé son troisième mandat en décembre 2020, malgré les recours de son principal challenger, Cellou Dalein Diallo et ceux de trois autres candidats qui dénonçaient des "bourrages d'urnes" et des irrégularités de toutes sortes. 

Pour Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie au Cégep de Saint-Hyacinthe au Canada, la situation actuelle découle également de l'opposition croissante entre Alpha Condé et une partie de l'armée : 

Écouter l'audio 07:10

"Ce coup d’état est la conséquence de la contradiction interne" (Amadou Sadjo Barry)

"On peut interpréter le coup de force contre le régime Condé comme la conséquence de la contradiction interne du fonctionnement du régime lui-même qui est, rappelons-le est un régime basé sur le soutien militaire donc c'est un régime prétorien avec une garde prétorienne. Cette contradiction entre l'exécutif et l'institution militaire où Alpha Condé depuis pratiquement 2010 a multiplié les divisons au sein de l'armée pour avoir de son côté les loyalistes et des forces d'une élite spéciale pour protéger le siège présidentiel. Depuis au moins la dernière élection, on voit très clairement que ces contradictions dans la relation même que l'exécutif entretient avec l'institution militaire a fragilisé davantage le pouvoir Condé et l'a contraint de vouloir se protéger de certains éléments qui ont une capacité de nuisance comme le colonel Doumbouya." 

Condamnations internationales

Du côté des réactions, le putsch a été condamné par l'Onu, l'Union africaine et la Cédéao. La France, ancienne métropole, a dit se joindre à l'appel pour la libération immédiate et sans condition du président Condé. Même son de cloche du côté de Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'Union européenne.

Des condamnations de principe qui ne surprennent pas Doudou Sidibé, enseignant-chercheur en science politique : 

"Ça commence toujours comme ça. On condamne et puis les putschistes sortent et étalent leurs feuilles de route en mettant en avant la démocratie, le développement, l'organisation d'élections libres et transparentes. Mais vous allez voir que la communauté internationale va se ranger. C'est le cas au Mali, au Tchad etc.

Écouter l'audio 06:52

" Il faut une très courte transition" (Doudou Sidibé)

Ça dépend de comment, dans les prochains jours, les militaires vont communiquer. Ce qu'on souhaite c'est qu'il y ait vraiment une très courte transition. Ce sera difficile peut-être mais un an; Et organiser des élections pour que les civils puissent reprendre le pouvoir." 

A noter que l’UA et la Cédéao prévoient de convoquer, dans les prochains jours, une réunion d’urgence en rapport avec la situation en Guinée.

 

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