La France va-t-elle se retirer du Mali ? | Arbre à palabre | DW | 04.06.2021
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Arbre à palabre

La France va-t-elle se retirer du Mali ?

Paris "a décidé de suspendre les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes". L’annonce a été faite quelques jours avant les menaces du président Emmanuel Macron de retirer les forces françaises de l’opération Barkhane, si le Mali virait vers le radicalisme islamiste.

Écouter l'audio 56:48

La France a suspendu à titre conservatoire "les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes". La décision de Paris a été prise "dans l'attente de garanties" sur un retour des civils au pouvoir à l'issue d'élections prévues en février 2022 et qui sera réévaluée dans les prochains jours. La force française Barkhane, forte de 5.100 militaires au Sahel, va continuer ses opérations toute seule.  

Le président français, Emmanuel Macron menace de retirer ses forces du Mali

Le président français, Emmanuel Macron menace de retirer ses forces du Mali

L’annonce du ministère des armée a été faite après que le président français Emmanuel Macron a déclaré dans un entretien au Journal du Dimanche que la question d'un retrait de l'armée française au Mali se posait après le nouveau putsch militaire survenu à Bamako en mai.

Le chef de l'État a souligné par ailleurs en début de semaine que l'armée française ne pouvait combattre à elle seule le terrorisme au Sahel et que sa présence sur le terrain nécessitait le renforcement d'institutions stables et légitimes.

Une hélicoptère français de l’opération Barkhane à Gao, dans le nord du Mali

Une hélicoptère français de l’opération Barkhane à Gao, dans le nord du Mali

La France emboîte ainsi le pas aux États-Unis, dont le département d'État a suspendu dès la fin  du mois de mai l'assistance aux forces de sécurité et de défense du Mali.

Démission au forceps

Le président et le Premier ministre de transition, Bah N’Daw et Moctar Ouane, ont démissionné la semaine dernière, deux jours après leur arrestation par l'armée malienne au lendemain d’un remaniement ministériel qui a écarté deux des principaux acteurs du coup d’état d’août 2020 ayant renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Coup d’état acté

La communauté internationale a pris acte du nouveau coup d'Etat au Mali, sans infliger de sanctions, afin de préserver la lutte contre le djihadisme dans la région et d'éviter que le pays ne sombre dans le chaos.

Mêmes acteurs, autres temps : lors du coup d'Etat d'août 2020, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao)

Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest se sont réunis en sommet extraordinaire consacré au Mali, le 30 avril 2021 à Accra (Ghana)

Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest se sont réunis en sommet extraordinaire consacré au Mali, le 30 avril 2021 à Accra (Ghana)

avait fermé ses frontières et stoppé ses échanges financiers et commerciaux avec le Mali pour contraindre la junte à une transition civilo-militaire, limitée dans le temps.

Huit mois plus tard, devant le même colonel Assimi Goïta, qui s'est fait déclarer cette fois président après avoir évincé le duo civil à la tête de l'exécutif, la Cédéao a simplement décidé de suspendre le Mali de ses instances, demandant la nomination "immédiate" d'un nouveau Premier ministre civil et le maintien des élections début 2022.

Le débat sous l’Arbre à Palabre est consacré à cette actualité politique et sécuritaire au Mali. Eric Topona réçoit :

-Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali.

-Ahmed Diémé, consultant sur les questions de conflits politico-religieux.

-Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie au Cégep de Saint-Hyacinthe (Canada)

-Et Abdoulaye Doucouré, coordonnateur en matière de justice transitionnelle au Mali, d'Avocats sans frontières-Canada.

Pour écouter l’intégralité du débat, cliquez sur le lien (ci-dessus).