La Banque mondiale investit dans des les énergies fossiles, nuisibles au climat | International | DW | 11.04.2019
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

International

La Banque mondiale investit dans des les énergies fossiles, nuisibles au climat

En dépit des engagements des Etats en faveur du climat, la Banque mondiale investit dans de nombreux projets qui les contredisent. Enquête.

Le changement climatique est devenu un thème à la mode. On en parle dans les talk-shows à la télévision, entre amis, en famille. En Allemagne, il existe même un "gouvernement pour le climat".

Mais le nerf de la guerre, c'est, dans ce domaine aussi, le financement de la lutte pour l'environnement. Et parmi les plus grands financiers de projets dans le monde, il y a la Banque mondiale, organe lié aux Nations unies, à laquelle participent 195 Etats. 

Or, en faisant la promotion des énergies fossiles et/ou polluantes, la Banque mondiale va à l'encontre des engagements pris aux Nations Unies. C'est ce qui ressort d'une investigation menée par le consortium international auquel participent trois médias allemands : le NDR, la Süddeutsche Zeitung et la Deutsche Welle.

Aliko Dangote (picture-alliance/dpa/C. Petit Tesson)

Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique

A Lagos, la raffinerie d'Aliko Dangote

Des camions vont et viennent pour apporter les matériaux de construction sur les chantiers de Lagos et débarrasser les gravats. L'année prochaine, la plus grande raffinerie de pétrole au monde doit voir le jour sur ce site. C'est Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique qui la fait construire.

Akpan Ekpo, directeur de l'Institut de management économique et financier de Lagos, ne voit pas cela d'un bon œil. Il estime que ce serait "bien mieux d'investir dans les énergies alternatives. Le pétrole, on le sait, n'est plus une énergie durable."

Pourtant, et en dépit des engagements mondiaux sur le climat, la Banque mondiale soutient le projet d'Aliko Dangote, en finançant au moins cinq des banques qui ont prêté de l'argent à l'entrepreneur. Et Aliko Dangote a obtenu de la Banque mondiale un crédit supplémentaire à hauteur de plus de 150 millions de dollars.

"Le crédit a été accordé pour aider le Nigeria à améliorer la revalorisation de ses activités dans le domaine des ressources naturelles, notamment la production d'engrais", justifiait la Banque mondiale lors de l'enquête des journalistes du consortium international. Le crédit est officiellement destiné à l'usine de transformation de la future raffinerie. Mais en réalité, il est difficile de séparer cette usine du reste du projet pétrolier.

Baustelle bei Lagos (DW/F. Facsar)

Le chantier de la raffinerie, près de Lagos

21 milliards dans les énergies fossiles

Il ne s'agit-là que d'un exemple parmi d'autres investissements de la Banque mondiale dans des énergies fossiles.

Parfois, elle investit même directement dans l'extraction de charbon, de gaz naturel ou de pétrole. C'est le cas notamment au Kenya, au Mozambique ou en Guyane.

En tout, la Banque mondiale y consacre 21 milliards, contre 15 milliards aux énergies renouvelables, ce qui inquiète Uwe Kekeritz, responsable de la politique de développement au sein du parti écologiste.

"L'influence de la Banque mondiale est gigantesque et ces investissements continus dans les énergies fossiles ont des répercussions catastrophiques sur le climat. C'est inacceptable car il s'agit d'une banque vouée au développement et qui devrait mettre le développement du monde au cœur de sa politique, ce qui n'est pas le cas."

La Banque mondiale fait valoir qu'elle a injecté, en 2018, 20,5 milliards dollars dans la protection du climat.

(AFP/Getty Images/E. Baradat)

Le siège de la Banque mondiale à Washington D.C.

Ecran de fumée

Uwe Kekeritz dénonce un écran de fumée pour masquer les autres investissements anti-écologiques qui éloignent encore des objectifs climatiques.

La Banque mondiale compte 25 Allemands à sa direction exécutive. Les Européens disposent en tout de plus d'un quart des voix au sein de l'institution. Reste à voir comment ils les utilisent lors de la réunion annuelle, le week-end prochain.

Avec la collaboration de Fanny Fascar, Astrid Rasch et Elisabeth Weydt.

Liens

Publicité
default

Votre avis nous intéresse !

Vous souhaitez réagir à l'actualité, donner votre avis sur le programme ou tout simplement dire bonjour ? Envoyez un courriel à francais@dw.com ou laissez un message sur notre page Facebook DW Francais.

Réagissez à l'actualité sur notre page Facebook !