L′école à la maison, oui mais... // Retour à Varosha, ville fantôme | Vu d′Allemagne | DW | 13.01.2021
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Vu d'Allemagne

L'école à la maison, oui mais... // Retour à Varosha, ville fantôme

Drôle de rentrée après les vacances de Noël en Allemagne: les écoles, collèges et lycées restent fermés au moins jusqu'à fin janvier pour cause de pandémie. L'école, ça se passe donc à la maison, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. // Reportage dans la ville de Varosha, sur l'île de Chypre, à l'abandon depuis 46 ans.

Écouter l'audio 12:54

Eric Grabowski, 15 ans, aurait dû avoir cours de français ce matin, mais cela n'a pas marché parce que les serveurs informatiques étaient surchargés. Le cours a été annulé… Pour Eric, l'école à la maison ou  "home schooling" ne fonctionne pas comme prévu.

Serveurs surchargés, manque d'équipements et de formations

Le lycée d'Eric n'est pas le seul à rencontrer des difficultés avec l'enseignement à distance. On retrouve ces problèmes un peu partout dans le pays. L'Allemagne semble encore à la traîne en matière d'enseignement numérique, et ce près d'un an après le début de la pandémie de coronavirus et neuf mois après les premières fermetures d'écoles en mars 2020.

Les écoles allemandes comptent en moyenne six ordinateurs pour dix élèves, contre huit pour dix dans d'autres pays de l'OCDE

Les écoles allemandes comptent en moyenne six ordinateurs pour dix élèves, contre huit pour dix dans d'autres pays de l'OCDE

Il y a pourtant un "pacte numérique" qui doit permettre aux écoles allemandes de se mettre à la page. Le gouvernement a débloqué pour cela environ sept milliards d'euros. 

Mais comme souvent en Allemagne, les procédures administratives sont compliquées. 

Depuis les premières fermetures d'écoles, de nombreux établissements se sont concentrés sur l'acquisition d'ordinateurs portables et de tablettes. Le lycée d'Eric Grabowski a reçu 120 ordinateurs portables à l'automne. Ils ont été distribués aux élèves qui n'avaient pas d'équipement à la maison. Mais l'équipement à lui seul ne suffit pas.

Il faut aussi "que les enseignants sachent manier les appareils et les outils numériques et en tirent une réelle valeur ajoutée pédagogique", estime Nina Brandau, de l'association de télécommunications Bitkom. Elle plaide pour des formations complémentaires pour les enseignants souvent dépassés par l'utilisation des outils numériques.

Même les pionniers de l'éducation numérique ont été dépassés

En Europe, les pionniers de l'enseignement numérique sont le Danemark, l'Estonie ou encore la Finlande et les Pays-Bas. Mais même ces pays ont été pris de cours par la pandémie de coronavirus et ses conséquences. C'est ce qu'explique le chercheur

La fermeture des écoles est prévue jusqu'à fin janvier, mais elle pourrait être prolongée si nécessaire... un risque de décrochage pour les enfants de familles défavorisées

La fermeture des écoles est prévue jusqu'à fin janvier, mais elle pourrait être prolongée si nécessaire... un risque de décrochage pour les enfants de familles défavorisées

"Les enseignants ont du mal à s'adapter au monde des médias numériques. Il y a beaucoup de peur", avance comme raison le chercheur Jesper Tække, spécialiste des médias à l'Université d'Aarhus, au Danemark.

Le gouvernement danois a beau avoir investi beaucoup d'argent dans les équipements informatiques pour les écoles, cela ne suffit pas. Selon lui, il y a "trop peu d'investissement pour de nouveaux formats éducatifs qui fonctionnent dans l'espace numérique".

Les études menées par Jesper Tække montrent que huit élèves de primaire sur dix n'ont pas vraiment suivi de cours en ligne pendant la première fermeture des écoles. Ils ont reçu des devoirs à imprimer et à faire tous seuls. 

Les difficultés techniques mais aussi la réticence de certaines familles sont également des freins au développement de l'enseignement numérique.

Dans de nombreux pays européens, les élèves, enseignants et parents envisagent les prochains mois avec inquiétude. La crainte est grande de voir en particulier les enfants des familles les plus pauvres décrocher de l'école si les établissements restent fermés trop longtemps. L'apprentissage numérique reste un défi, même dans les pays les plus nantis.

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Retour à Varosha, la ville fantôme

À Varosha, la nature a repris ses droits

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En 1974, la cité balnéaire de Varosha a dû être abandonnée par ses habitants, contraints à l'exil après l'arrivée des troupes turques sur l'île de Chypre. 

Située dans la partie nord de l'île, la ville a été interdite d'accès pendant 46 ans. Son littoral a été rouvert au public en octobre dernier. Et les anciens habitants de Varosha ont pu alors revoir, de loin ou de près, la carcasse de cette ville fantôme et leurs maisons envahies par la végétation…Un voyage douloureux dans le passé que nous raconte Thomas Jacobi dans son reportage.

Pavlos Iakovou et Anna Marangou devant leur ancien lycée à l'abandon

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Fin novembre, les députés européens ont fait part de leur désaccord face à la politique de la Turquie à Varosha. Dans une résolution ils ont estimé que l'ouverture partielle de la ville compromettait les perspectives d'une solution globale au problème chypriote. 

 

Vu d’Allemagne est un magazine radio hebdomadaire, proposé par Hugo Flotat-Talon et Anne Le Touzé, diffusé le mercredi et le dimanche à 17h30TU, et disponible aussi en podcast. Ont contribué à ce numéro : Peter Hille (Les difficultés de l'enseignement numérique) et Thomas Jacobi (reportage à Varosha) .Vous retrouvez tous les numéros dans la médiathèque, à écouter en ligne ou à télécharger en format MP3. Le podcast est également disponible sur certaines plateformes de podcasts.