Jakarta ou l′art au quotidien | Coupe du monde de football 2018 | DW | 16.08.2010
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Mondial 2018

Jakarta ou l'art au quotidien

20 millions de personnes habitent la mégalopole de Jakarta, la capitale indonésienne, qui s'agrandit de jour en jour. Parmi ses habitants : Ayu Utami, ancienne militante estudiantine devenue journaliste et écrivain.

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Dans le quartier des affaires

Dans ses textes, Ayu Utami parle beaucoup de sa ville et du fossé immense qui sépare les riches et les pauvres. Son roman « Saman » a été traduit en plus de 30 langues.

Nous sommes sur un quai de la gare de Cikini, en plein centre de Jakarta. Les mots qui apparaissent sous les doigts d'Ayu Utuami sont peints en noir sur fond jaune. Il s'agit d'un poème intitulé KTP, du nom donné à la carte d'identité indonésienne. Ayu Utuami est enthousiaste : « Sous la peinture, vous voyez, il y a une fresque avec une citation littéraire. »

Flash-Galerie Jakarta Megacity

Biennale 2009, à la Gare de Cikini

Ce poème "KTP" a été composé par Goenawan Mohammad, l'un des artistes contestataires les plus connus du pays. Ayu Utami a beaucoup travaillé avec lui. Ses vers racontent l'identité multiple des habitants de Jakarta. Ici, les gens viennent de partout. Ils sont 300 000 à arriver chaque année dans la ville, la plupart pour trouver du travail. En général, ils n'apportent pas leurs traditions avec eux, ne cultivent pas la mémoire de leurs origines et, dans le melting pot de langues et de cultures de cette ville gigantesque, ils ne sentent jamais vraiment chez eux.

Indonesien Land und Leute Mülltrennung in Jakarta

Jakarta, côté pile

Dans son roman „Saman“, Ayu Utami raconte l'histoire d'un prêtre catholique qui s'investit en faveur des plus pauvres. Il tombe amoureux et abandonne sa vocation. Le roman parle aussi d'un groupe de femmes qui tentent de s'émanciper de leurs rôles traditionnels. L'œuvre a été couronnée meilleur roman indonésien en 1998 par le Conseil des arts, dont fait d'ailleurs partie l'auteur : « Notre thème principal, l'année dernière, était la ville. Plusieurs comités se sont réunis pour concocter un programme. Des graffitis et des fresques avec des citations littéraires ont été réalisés un peu partout dans la ville. L'idée, c'était de faire sortir l'art et la culture des musées pour leur donner leur place dans l'espace public. Nous voulions que les fresques s'intègrent dans le quotidien. »

Pourtant, à Jakarta, au lieu de s'intéresser aux plus démunis, la politique va plutôt dans le sens des plus riches. Un thème qui revient souvent dans l'œuvre et les articles d'Ayu Utami : « Je ne peux pas détacher mon écriture des problèmes des gens et de l'Indonésie. Je ne peux pas écrire dans une tour d'ivoire. »

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Quand l'art s'empare de la rue

Quelques rues plus loin, une autre peinture sur un mur représente la silhouette de la ville. On y voit aussi un jeune homme en chemise rouge, qui lit un texte écrit par le poète Sitor Situmorang : "Jabotabek" et qui parle du pont de l'autoroute de Semanggi, en centre ville:

« Semanggi, depuis toi, pont en béton qui ressembles à un trèfle, je regarde la grande ville, la circulation des automobiles qui coule en contrebas comme un torrent sans source et sans embouchure. »

La littérature et l'art à portée de main, présents chaque jour plutôt qu'enfermés derrière des murs en béton.

Auteurs: Edith Koesoemawiria /Sandrine Blanchard
Edition: Aude Gensbittel