J-8 RDC : la bataille de l′information sur les réseaux sociaux | Afrique | DW | 15.12.2018
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Afrique

J-8 RDC : la bataille de l'information sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, c’est la bataille de l’information. Quand les partisans de l’opposition dénoncent les abus du gouvernement, le pouvoir réplique et tente de s’imposer comme le maître du jeu.

Bénéficiant d’une couverture jugée inéquitable sur la chaîne de télévision publique congolaise, les opposants au régime actuel battent campagne sur les réseaux sociaux. 

Une image vaut mille mots. Et ça, les opposants l’ont bien compris. A titre d’illustration, les deux photos postées le mardi 11 décembre sur le compte Twitter de Martin Fayulu le montrant couché dans une voiture dans la foulée de son meeting mouvementé de Lubumbashi. L'image a été retweetée plus de 500 fois.

Durant son meeting, la police aurait selon lui, tiré sur ses partisans et lancé des grenades lacrymogènes. Moïse Katumbi et Jean Pierre Bemba, les deux recalés de cette présidentielle, ainsi que leurs équipes de communication, ont vite repris ces informations rejetant la faute sur le régime en place. 

Mais du côté du pouvoir, des personnalités connues ou des comptes Twitter vraisemblablement pro-Kabila apportent la contradiction pour signaler la "mise en scène" et la "comédie" du candidat de la coalition Lamuka. 

Une opinion relayée notamment par Jean-Pierre Kambila. Le directeur de cabinet adjoint du président de la République  a même indiqué que les forces de l’ordre seraient intervenues pour mettre fin aux altercations entre les partisans de Félix Tshisekedi de L'UDPS et ceux de Martin Fayulu.   

 

Une version que dément Michael Tshibangu, conseiller de Moïse Katumbi pour les réseaux sociaux et membre de la coalition Lamuka. 


"C’est de la désinformation, du mensonge, cela n’a rien à voir avec ce qui s’est passé. M. Kambila, en tant que directeur de cabinet adjoint de Kabila, a l’habitude de nier ce genre d’incidents. Chaque fois, il défend le régime en place qu’il soutient. Il adopte une position partisane. Mais les faits sont évidents. Le cortège de Martin Fayulu a été attaqué par la police lorsqu’il est descendu à Lubumbashi. Les vidéos le montrent", rassure Michael Tshibangu à la DW. 

Le feu à la Céni 

L’incendie de l’entrepôt de la Céni à Kinshasa a aussi cristallisé cette guerre d’information. A peine la Commission électorale a annoncé l’ouverture de l’enquête que les responsables du drame ont été identifiés. Seth Kikuni, le plus jeune des candidats à la présidentielle, conteste la version de la Commission électorale qu’il accuse de mentir et de jouer la comédie. Celui-ci affirme aussi que c’est la Céni elle-même qui a brûlé ses entrepôts. 


La Lucha, le mouvement citoyen congolais, s’en mêle et soupçonne le pouvoir d’être derrière cet incident pour ne pas aller aux élections le 23 décembre prochain. 

"Personne n’acceptera un report des élections", ajoute Olivier Kamitatu. Dans un autre tweet, il traite le régime Kabila de "machiavélique".

Dans la foulée, le Front Commun pour le Congo publie un communiqué sur son compte Twitter. De l’avis de la coalition de Ramazani Shadary, le coupable de cet acte n’est personne d’autre que Martin Fayulu, qui "avait invité ses partisans à détruire le matériel électoral". 

Les réseaux sociaux, une chance pour la démocratie 

Mais si cette bataille de l’information est rendue possible, c'est en raison de la propagation d’internet en Afrique. Ce qui est une chance pour la démocratie, indique Abdel Kerim Yacoub Koundougoumi, chef de la division Afrique Centrale de l'ONG Internet Sans Frontières. 

"Aujourd’hui, internet a permis de dynamiser et d'accélérer la démocratisation de l’Afrique. C’est très important puisque pendant la campagne électorale, ça permet aux citoyens de communiquer, aux partis politiques de diffuser leurs idées et aux citoyens de suivre les débats en temps réel sur leurs smartphones", indique à la DW M. Koundougoumi. 

Toutefois, l'expert met en garde contre les fake news, les fausses nouvelles, et appelle à vérifier constamment les sources d'information sur la toile.

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