″Il faut qu′on quitte l′Afrique, on n′a pas le choix″ | Afrique | DW | 24.10.2019
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Afrique

"Il faut qu'on quitte l'Afrique, on n'a pas le choix"

Des demandeurs d'asile africains évacués de Libye par le HCR sont accueillis au Rwanda. Mais beaucoup veulent repartir.

Écouter l'audio 02:01

Reportage dans le camp de Gashora au Rwanda

189 personnes sont actuellement hébergées dans le centre d’urgence de Gashora, au Rwanda. Un centre d’accueil pour des migrants africains qui ont tenté de trouver une vie meilleure en Europe mais dont le voyage illégal s’est terminé par une arrestation, en Libye.

Les migrants ont finalement bénéficié du Mécanisme de transit d’urgence, en vertu de l’accord passé entre Kigali, l’Union africaine et le  Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU.

Libyen Detention Center Migrant Flüchtlinge

Détenu dans un camp en Libye

Des parcours divers

Ils viennent du Soudan, de Somalie, d’Erythrée, d’Ethiopie. Ce sont des hommes, des femmes, des mères seules, des enfants non-accompagnés, des familles soudées… Les personnes que le centre de Gashora au Rwanda accueille ont des profils différents. Tous ont vu leur rêve d’occident brisé par les autorités libyennes qui tentent de fermer le passage illégal en Méditerranée. 

Certains osent raconter les horreurs de leur périple, les souffrances du voyage, les mauvais traitements infligés par les passeurs, les conditions de détention inhumaines en Libye.

Alors leur arrivée au Rwanda, évacués par le HCR en avion, représente une amélioration sensible de leurs conditions de vie selon Elise Villechalane, porte-parole du HCR au Rwanda, qui explique : "On a une salle où ils peuvent regarder la télé et suivre les infos. Bientôt, ils auront accès à des ordinateurs pour pouvoir communiquer avec leur famille par internet."

Ruanda Transitzentrum Gashora mit Flüchtlingen aus Libyen

Les demandeurs d'asile évacués de Libye s'offrent un répit dans le camp du HCR

Soulagés, oui  mais...

Beaucoup de migrants sont effectivement soulagés d’avoir pu être extradés de Libye pour Kigali. Gebremikaelayelene, originaire d’Ethiopie, reconnaît apprécier "vraiment que le gouvernement et la population rwandaise nous accueillent et nous reçoivent, mais je n’ai pas l’intention de rester ici."
 
Et Abdullah Rodwan, du Darfour, d’abonder : "L’Europe, l’Amérique, le Canada. Tout sauf l’Afrique. Il nous faut partir. Ici, on sait bien qu’un jour ça va et le lendemain, ça ne va plus. On ne sait jamais. C’est pour ça qu’on veut aller vivre dans un autre pays."

Libyen Auffanglager für Flüchtlinge | Ain Zara bei Tripolis | Protest Besuch UN-Generalsekretär

Des réfugiés protestent en Libye lors d'une visite du chef de l'ONU près de Tripoli (avril 2019)

Encore des dizaines de milliers de détenus en Libye
Le HCR estime à entre 30 000 et 42 000 le nombre de demandeurs d’asile africains toujours détenus en Libye. 120 d’entre eux doivent être acheminés au Rwanda le mois prochain. 
Le pays s’est engagé en septembre à accueillir, dans un premier temps, 500 de ces réfugiés demandeurs d’asile incarcérés pour le moment en Libye.

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