Hôpitaux et centres de santé paralysés par la grève au Tchad | Afrique | DW | 15.02.2018
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Afrique

Hôpitaux et centres de santé paralysés par la grève au Tchad

La grève des fonctionnaires qui dure depuis quinze jours est bien visible dans les établissements de santé. La vie de certains patients est désormais en péril.

Au Tchad, la grève des agents de l'Etat paralyse les hôpitaux et centres de santé du pays. Les services des urgences sont touchés, ce qui met en péril la vie des patients. La grève a été déclenchée depuis plus de deux semaines par les différentes centrales syndicales du pays pour exiger du gouvernement le retrait des mesures d'austérités et notamment la baisse des salaires des fonctionnaires.

Au pavillon des urgences de l'hôpital de N'Djaména, l'hôpital général de référence nationale, le constat est alarmant. Pas d'infirmiers, ni de médecins. Les malades sont abandonnés dans les couloirs de ce service. Certains passent toute la journée sans soins. 

Cela fait vraiment "pitié", lance Moussa Abakar, hospitalisé dans ce service depuis plusieurs jours. "Je suis ici il depuis quatre jours, nous sommes abandonnés à notre triste sort. Parfois, nous payons les médicaments en dehors de l'hôpital. Certains malades sont obligés de rentrer. C'est vraiment difficile", raconte-t-il. 

Trois personnes pour un service

Un seul infirmier est réquisitionné pour assurer le service des urgences avec l'aide de deux stagiaires. L'une des deux stagiaires s'avoue dépassée par l'affluence des malades. 

"Ca ne va pas ici, c'est seulement nous les stagiaires qui travaillons. Il n'y a quasiment personne pour nous aider et prendre en charge les malades qui sont là", glisse-t-elle. "On se débrouille grâce à certains garde-malades qui nous aident à faire des pansements et autres. Mais au niveau de la chirurgie, c'est difficile parce que ce sont des cas graves, donc on ne peut pas travailler seul."

"Le gouvernement est responsable"

Faut-il en vouloir aux personnels de santé ? Pour Younouss Mahadjir, président du Syndicat national des travailleurs des affaires sociales (SYNTAS), c'est l'attitude inflexible des autorités tchadiennes qui a conduit à cette situation. 

"Le gouvernement n'a qu'à se débrouiller, la responsabilité lui revient", estime-t-il. Il suffit selon lui que le gouvernement lève la question des abattements des salaires pour que le personnel retourne au travail. "En attendant, aucun travailleur n'acceptera de reprendre et ce ne sont pas par les pressions que les travailleurs vont reprendre le travail. Les garçons de salles, les aide-infirmiers, ceux là ne peuvent pas faire fonctionner un hôpital", assure-t-il encore. Et de conseiller "de ne pas aller là ou les gens disent que c'est ouvert. C'est de la comédie."

Pour l'heure, le gouvernement tchadien campe sur ses positions et n'affiche aucune volonté de dialogue avec les grévistes. Entre temps, c'est la même précarité dans presque tous les hôpitaux et centres de santé du pays.

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