Guinée : une nouvelle Assemblée nationale sur fond de tension | Afrique | DW | 21.04.2020
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Afrique

Guinée : une nouvelle Assemblée nationale sur fond de tension

L’Assemblée nationale de la Guinée tient ce mardi (21.04) sa session inaugurale. L’opposition qui a boycotté les dernières élections législatives appelle à une journée ville-morte pour exprimer sa désapprobation.

Écouter l'audio 02:07

"Les autorités méprisent la crise sanitaire" (Karamo Mady Camara)

Le vendredi 17 avril dernier, le président Alpha Condé  a signé  le décret portant installation des 114 députés nouvellement élus. Soit quasiment un mois après le double scrutin législatif et référendaire  controversé du 22 mars.

Cette session inaugurale se tiendra lieu dans un contexte marqué par l’interdiction des rassemblements publics à cause du Covid 19 qui frappe le pays.

En dépit des critiques, la Céni a validé les élections législatives en Guinée

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"Il est politiquement incorrect que ce soit encore la même autorité qui dans un premier temps reçoit les 79 députés de la mouvance présidentielle et ensuite en vienne à installer l’Assemblée nationale avec les 114 députés. Les autorités sont dans une sorte de mépris vis-à-vis de la crise sanitaire, une sorte de dédain vis-à-vis des populations qu’on astreint au respect de certaines consignes pendant qu’elles-mêmes, ces autorités, ne prennent pas la peine de respecter ces mêmes consignes", réagit le juriste et analyste politique Karamo Mady Camara.

Comme pour rassurer, une source au sein de la Cour constitutionnelle indique que les 114 nouveaux députés ont été testés négatifs.

Pour sa part, le député Bah Fischer estime que l’installation de ce mardi vise à combler un vide juridique en vertu de la nouvelle Constitution.

"Nous allons élire le nouveau président de l’Assemblée nationale et les vice-présidents et installer légalement le Parlement conformément à la nouvelle Constitution. La cérémonie se déroulera en respectant les normes d’un mètre entre les gens. C’est pour cela que nous ne la faisons pas dans l’hémicycle mais dans la grande salle du palais des congrès qui est prévue pour 3.000 personnes", argumente l’élu.   

Risque de propagation

Dans un communiqué, le Front national pour la défense de la Constitution  affirme que cette session inaugurale "augmentera inévitablement les risques de propagation du virus".

En appelant à une journée ville-morte, le FNDC veut dénoncer l’installation de la nouvelle Assemblée nationale et "l’exploitation de la crise sanitaire à des fins politiques, le kidnapping et la détention arbitraire de ses militants et sympathisants".

Selon l’analyste politique Karamo Mady Kamara, l’opposition reste dans sa dynamique de s’opposer au double scrutin législatif et référendaire.

Cependant, il est difficile de présager de l’ampleur de l’opération ville-morte alors que les déplacements sont limités en raison du Covid-19, conclut-il. 

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