Guinée : l′appel au secours des prisonniers politiques | Afrique | DW | 18.12.2020
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Afrique

Guinée : l'appel au secours des prisonniers politiques

Le décès de Roger Bamba en détention relance le débat sur les conditions de détention des prisonniers politiques.

Les conditions de détention des prisonniers politiques se dégradent en Guinée

Les conditions de détention des prisonniers politiques se dégradent en Guinée

Il était un membre connu de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le principal parti d’opposition du pays. Détenu depuis le 6 septembre 2020 sans être jugé, l’annonce du décès de Roger Bamba a suscité une onde de choc, notamment au sein de son parti.

Joachim Baba Millimouno, coordinateur adjoint de la cellule de communication de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), précise que Roger Bamba se plaignait depuis une dizaine de jours de malaises. Son décès n’est pas une exception.

"Sa mort est survenue après celle de deux autres détenus dans les mêmes conditions en l’espace d’un mois. Aujourd’hui, nous sommes préoccupés par la santé d’Etienne Soropogui, le président du mouvement Valeurs communes qui est un opposant farouche au troisième mandat. Malgré les problèmes pulmonaires qu’il a, il est toujours en détention. Et beaucoup d’autres prisonniers sont dans la même situation."

Écouter l'audio 02:10

Prisonniers politiques en Guinée : cliquez pour écouter le sujet

Selon Joachim Baba Millimouno, les personnes détenues pour des motifs politiques seraient plus de 300. Des détenus aux profils variés vivant dans des conditions difficiles :

"Il y a des responsables de premier plan de l’UFDG, un vice-président, le coordinateur de la cellule de communication et conseiller du président Cellou Dalein Diallo, le coordinateur des fédérations de l’intérieur de l’UFDG et chargé des questions électoralse, des alliés à l’UFDG, des responsables de la société civile…"

Désengorger les prisons

La société civile ne reste pas non plus indifférente à cette situation des détenus politiques. C’est ce qu’explique Dansa Kourouma le président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) :

"La surpopulation carcérale, la situation de la Covid-19, la lenteur des procédures judiciaires sont des facteurs qui dégradent aujourd’hui les conditions de séjour à la maison d’arrêt centrale de Conakry. Les autorités doivent prendre la mesure de la situation pour éviter l’escalade de la tension, en mettant en liberté conditionnelle les autres prisonniers détenus pour des faits politiques. Ceci ne veut pas dire qu’on doit les libérer impunément."

Rappelons que la plupart des détenus politiques ont été interpellés dans un contexte de manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé qui a été récemment réélu pour un mandat de six ans ­‑ une prise de fonction intervenue après un changement de Constitution.