Guantanamo, toujours une grosse épine dans le pied de Washington | International | DW | 11.01.2022
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International

Guantanamo, toujours une grosse épine dans le pied de Washington

Symbole des dérives de la guerre contre le terrorisme menée par les USA depuis les attentats de 2001, Guantanamo n'a toujours pas fermé ses portes.

Il y a 20 ans, les premiers prisonniers arrivaient dans le centre de détention de Guantanamo. Aujourd'hui, ils sont encore une quarantaine à attendre leur libération ou leur procès

Il y a 20 ans, les premiers prisonniers arrivaient dans le centre de détention de Guantanamo. Aujourd'hui, ils sont encore une quarantaine à attendre leur libération ou leur procès

Voilà 20 ans que les premiers prisonniers sont arrivés à Guantanamo, ce tristement célèbre camp de détention militaire de haute sécurité, situé sur la base navale américaine de Guantanamo, au sud-est de l'île de Cuba. 

S'il y a un cas emblématique de l'absurdité de la prison de Guantanamo, il s'appelle Mohamedou Ould Slahi. Ce Mauritanien, né en 1970, a été accusé d'être impliqué dans les attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis.

Scène du film inspiré du récit de Mohamedou Ould Slahi

Scène du film inspiré du récit de Mohamedou Ould Slahi

A partir d'août 2002, il est détenu illégalement au camp de Guantanamo, torturé et victime de divers traitements dégradants. En mars 2010, la justice américaine ordonne sa libération, aucune charge contre lui n'ayant pu être retenue.

Mais il ne sera libéré qu'en 2016, sous la présidence de Barack Obama, au bout de 14 ans de détention et sans être dédommagé pour toutes ces années perdues. Pendant sa détention, il écrit son histoire qui, publiée sous le titre "Guantanamo Diary", devient un best-seller international.

Une prison américaine à Cuba

La baie de Guantanamo vue du ciel

La baie de Guantanamo vue du ciel

Mohamedou Ould Slahi est sans-doute l'un des prisonniers les plus connus de Guantanamo. Mais il est malheureusement loin d'être le seul cas problématique.

A partir de 2001, le centre de détention a vu des centaines d'hommes croupir entre ses murs parce que soupçonnés de liens avec l'organisation Al Quaïda qui a revendiqué les attentats du 11 septembre.

Le fait qu'il soit situé sur une base en-dehors des Etats-Unis permet au président de l'époque, Georges W. Bush, de justifier sa décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain.

Qualifiés d'"ennemis combattants", ces prisonniers ont ainsi été privés de leurs droits et aucun calendrier n'a été fixé pour leur jugement ou leur libération. Aujourd'hui, une quarantaine de personnes sont encore détenues à Guantanamo dont 12 sont toujours considérées dangereuses par Washington.

Situation juridique catastrophique

Écouter l'audio 01:47

Guantanamo, toujours une grosse épine dans le pied de Washington

Pour Nancy Hollander, l'avocate de Mohamedou Ould Slahi, Guantanamo a transformé les Etats-Unis en un pays qui ne respecte pas les principes d'un Etat de droit. Elle parle d'une situation juridique catastrophique.

Outre le fait que nombre de détenus attendent soit leur libération soit leur procès, de lourdes accusations pèsent sur l'administration américaine concernant notamment les méthodes d'interrogatoires utilisées, la dissimulation ou la falsification d'éléments pour les enquêtes ou encore l'espionnage des avocats des détenus.

Promesse non tenue

Lorsque Barack Obama succède à George W. Bush en janvier 2009, l'une des premières décisions du nouveau président a été d'ordonner la fermeture de Guantanamo dans l'année.

"L'existence même de Guantanamo a sans doute produit plus de terroristes dans le monde entier que la prison n'en détiendra jamais", dit le chef de la Maison Blanche en mai 2009. "Je veux régler ce problème, main dans la main avec les Américains. L'alarmisme avec lequel ce sujet est abordé ne nous aide pas, au contraire"

Une manifestation d'Amnesty International pour réclamer la fermeture de Guantanamo en 2014, à Bruxelles

Une manifestation d'Amnesty International pour réclamer la fermeture de Guantanamo en 2014, à Bruxelles

Mais peine perdue : le Congrès, à majorité républicaine, sous le président Obama, lui bloque la route. Retour à la case départ, ensuite, avec son successeur, Donald Trump, qui exclut de fermer la prison.

Et voilà qu'aujourd'hui la balle est dans le camp de Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama. Favorable à la fin de Guantanamo, le président démocrate a commencé à faire libérer discrètement ceux, parmi les prisonniers, qui ne sont pas inculpés.

Mais avec la pandémie de coronavirus, les divisions politiques qui hantent les Etats-Unis et les élections de mi-mandat qui approchent, pas sûr cependant qu'il parvienne à mettre un point final à ce triste chapitre de l'histoire américaine.