Gilets jaunes, un an de contestation // Un quartier populaire de Tunis mobilisé pour ″l′opérette Boustile″ | Vu d′Allemagne | DW | 14.11.2019
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Vu d'Allemagne

Gilets jaunes, un an de contestation // Un quartier populaire de Tunis mobilisé pour "l'opérette Boustile"

Depuis un an, les "Gilets jaunes" manifestent en France sur les ronds-points et dans les grandes villes. Claus Josten suit de près ce mouvement. Nous verrons notamment avec lui pourquoi le mouvement a eu peu d'écho en Allemagne. // Reportage à Tunis où l'opéra Boustile a réuni les habitants d'un quartier et des musiciens d'orchestre d'Allemagne et de Tunisie autour d'un spectacle exceptionnel.

Écouter l'audio 18:46

Le 17 novembre 2018, plusieurs milliers de Français mobilisés via les réseaux sociaux bloquaient les ronds-points et axes routiers autour des villes pour protester contre l'instauration de la taxe écologique annoncée par le gouvernement. Un premier samedi de contestation baptisé Acte 1 des "Gilets jaunes".  

Le gilet de visibilité de couleur jaune fluo, que chaque automobiliste doit avoir dans sa voiture en cas de danger, est devenu le signe de ralliement d'un mouvement social d'un nouveau genre en France: non pas fédéré par des syndicats ou organisations professionnelles, les Gilets jaunes ont été, dès le départ, un rassemblement hétéroclite de groupes dispersés sur tout le territoire, essentiellement dans les zones dites péri-urbaines.

La France est montrée du doigt à l'international pour l'usage excessif de la force pendant les manifestations

La France est montrée du doigt à l'international pour l'usage excessif de la force pendant les manifestations

À Paris et dans les grandes villes, des affrontements souvent violents ont lieu entre manifestants et forces de l'ordre, provoquant des blessés des deux côtés. 

Nous avions parlé dans un précédent numéro de Vu d'Allemagne de l'usage excessif des flash-balls LBD et de grenades de désencerclement. Les violences policières sont dénoncées jusqu'à l'ONU.

Selon le collectif militant "Désarmons-les", 24 personnes ont perdu un œil dans les manifestations depuis le 17 novembre 2018. Cinq ont eu la main arrachée.

>> Voir aussi Mains arrachées, manifestants éborgnés, mais que fait la police ?

Les contestataires les plus déterminés se réunissent pourtant encore chaque samedi depuis un an, et à certains endroits, on est déjà passé à la prochaine étape : celle d'une autre forme de démocratie, directe.

C'est ce dont nous allons parler entre autres avec Claus Josten. Il est auteur, deux fois lauréat du prix franco-allemand du journalisme et ancien chargé des programmes de la chaîne franco-allemande Arte. Il commence par expliquer les origines du mouvement des gilets jaunes, qui a commencé bien avant le 17 novembre 2018. 

Claus Josten est l'auteur d'un documentaire radiophonique sur les assemblées populaires à Commercy, réalisé pour la chaîne Deutschlandfunk et qui sera diffusé le 19 novembre à 19h15.

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Un quartier populaire de Tunis mobilisé autour de l'opérette Boustile 

C’est un quartier résidentiel et défavorisé. Il est situé à la périphérie de Tunis et à la lisière des espaces ruraux, dans la banlieue nord-ouest de la ville, région de Manouba. Comme souvent dans les quartiers péri-urbains, les constructions inachevées y sont légion.

Mais ce soir, les habitants sont tous enthousiastes. Une immense tente est dressée sur un terrain vague. C’est la scène de l’opéra de quartier. Pendant des mois, les enfants du quartier ont appris à chanter, danser, jouer des instruments.

Un grand moment du spectacle: les enfants tournent autour d'un monstre de trois mètres, fait de toile et gonflé par de l’air, avant de le détruire

Un grand moment du spectacle: les enfants tournent autour d'un monstre de trois mètres, fait de toile et gonflé par de l’air, avant de le détruire

Les parents ne sont pas peu fiers d'assister à l'opérette Boustile, une coopération entre l’orchestre philharmonique de Brême et l’orchestre national tunisien. 

Le projet est soutenu par le ministère allemand des Affaires étrangères et le ministère tunisien de la Culture. Les privés ont aussi mis la main à la poche: la fondation Kamel Lazaar, une ONG qui promeut la culture comme vecteur d’inclusion sociale. 

Les discours des officiels laissent le public presque indifférent. Ce soir, ce sont les enfants qui sont les stars, comme vous allez l'entendre dans ce reportage de Mohamed Haddad.

>> Voir aussi  Des jeunes tunisiens et allemands chantent leur Mélodie de la vie

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