Fraction Armée Rouge : l′ultime procès ? | Allemagne | DW | 30.09.2010
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Allemagne

Fraction Armée Rouge : l'ultime procès ?

Le procès d'une terroriste de la Fraction Armée Rouge s'ouvre aujourd'hui en Allemagne. Verena Becker est accusée d’avoir participé à l’assassinat de l’un des plus hauts magistrats du pays, Siegfried Buback, en 1977.

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Le procès de Verena Becker a lieu à Stammheim, sous haute sécurité.

7 avril 1977, Jeudi saint précédant Pâques. Ce soir-là, une nouvelle du journal télévisé ébranle la nation allemande : « Mesdames et messieurs, bonsoir. Aujourd'hui, le procureur fédéral Buback a été assassiné alors qu'il se rendait à son travail. Tous les moyens sont mis en œuvre pour retrouver le coupable. »

Bundesanwaltschaft will RAF-Aussagen per Beugehaft erzwingen

Le corps du procureur Buback recouvert après l'attentat du 1er avril 1977.

Les témoins sont formels : une moto roulait à hauteur de la voiture de Buback, quand le passager du deux-roues a sorti un pistolet et ouvert le feu sur le magistrat. Très vite, la Fraction Armée Rouge (RAF), un groupe terroriste d'extrême-gauche, revendique l'attentat. L'Allemagne entière est sous le choc. Le même soir, le ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher déclarera : « C'est un meurtre infâme. »

Créée en 1970, la RAF a semé la terreur pendant deux décennies, tuant 34 personnes, avant de se dissoudre en 1998. Mais l'année 1977 fut incontestablement la plus sanglante. Outre le procureur Buback, Jürgen Ponto, président de la Dresdner Bank, et Hans-Martin Schleyer, le patron des patrons, furent assassinés. C'est également cette année-là qu'un commando palestinien allié à la RAF détourna un avion de la compagnie Lufthansa vers Mogadiscio, en Somalie.

Deutschland RAF Terror Michael Buback zu Christian Klar

Michael Buback, fils du procureur assassiné, bataille pour connaître la vérité.

Cependant, beaucoup de faits de cette époque restent inexpliqués. On ne sait toujours pas qui est l'auteur des coups de feu sur Siegfried Buback. Plusieurs membres de la RAF ont certes été condamnés pour leur implication dans ce meurtre, mais aucun pour avoir appuyé sur la détente. Résoudre cette énigme est l'un des enjeux du procès qui s'ouvre ce jeudi à Stammheim, dans le sud-ouest de l'Allemagne. C'est aussi le souhait le plus ardent du fils de la victime. Michael Buback a bataillé pour la réouverture du dossier, à la faveur de nouveaux éléments comme des analyses d'ADN.

Trente-trois ans après les faits, Verena Becker est accusée d'avoir joué « un rôle déterminant » dans l'assassinat de Buback. Cette kinésithérapeute berlinoise à la retraite comparaît libre, après avoir passé douze ans sous les barreaux, de 1977 à 1989, pour une fusillade avec des policiers. Dix-sept audiences placées sous haute sécurité sont programmées jusqu'à fin décembre.

Auteur : Donatien Huet

Edition : Aude Gensbittel