Forte restriction de la liberté de manifester au Togo | Afrique | DW | 08.08.2019
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Afrique

Forte restriction de la liberté de manifester au Togo

Les modifications apportées par l'Assemblée nationale togolaise restreignent clairement la liberté de manifester dans le pays, notamment en interdisant tout rassemblement avant 11h du matin ou après 18h.

Les députés ont modifié une dizaine d’articles de la loi en vigueur depuis 2011 au Togo, et en ont créé deux nouveaux, qui concernent des axes et des zones exclues des manifestations.

Les manifestations sont interdites désormais sur toutes les routes nationales, les axes et zones où se déroulent de fortes activités économiques, dans les centres urbains, les axes ou encore les zones proches des institutions de la République, des chancelleries et résidences des ambassadeurs et représentants d'organisations internationales, ainsi que dans les zones proches des camps militaires et camps de service de sécurité.

"L'objectif est de parvenir à un meilleur encadrement des manifestations pacifiques publiques afin d'offrir la sécurité aux riverains et offrir surtout la sécurité aux manifestants", Payadowa Boukpessi, ministre de l'Administration territoriale.

Togo Protest #Faure Must Go (Getty Images/AFP/P. U. Ekpei)

Manifestations à Lomé en septembre 2017 pour demander le départ du président Faure Gnassingbé

Des raisons sécuritaires évoquées

Au sein de la société civile togolaise, on déplore un recul et un coup porté à la démocratie. "Je crois que ça va être très difficile d’obtenir maintenant l’autorisation. C'est devenu un régime d'autorisation de manifester et ce n’est pas une bonne chose pour la démocratie que vous voulons construire dans notre pays", s'inquiète Spéro Mahulé du CACIT, le Collectif des associations contre l'impunité au Togo.

Les autorités togolaises évoquent des raisons stratégiques, économiques et sécuritaires pour justifier ces modifications. Pour Yark Damehame, ministre de la Sécurité, "ce projet de loi permettra au gouvernement de renforcer l'arsenal sécuritaire déjà existant dans notre pays pour mieux assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens.

Le risque des manifestations spontanées

Spéro Mahulé redoute toutefois que les restrictions imposées aux Togolais poussent certaines personnes vers la violence.

"Dans tous les cas, aujourd'hui, les manifestations organisées vont être difficiles. Il ne reste que les manifestations spontanées", estime le membre du CACIT. "Or les manifestations spontanées représentent un risque, car il est alors difficile de contrôler les gens qui cherchent à commettre des actes de violence, des actes répréhensibles car ceux-ci savent que la manifestation n'étant pas organisée, il va être difficile de les retrouver."