Le cinéma africain à l′honneur à Cologne // Contre la sécheresse, l′Espagne dessale l′eau de mer | Vu d′Allemagne | DW | 28.09.2022

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Vu d'Allemagne

Le cinéma africain à l'honneur à Cologne // Contre la sécheresse, l'Espagne dessale l'eau de mer

Le Festival du film africain de Cologne a refermé ses portes après dix jours de projections et débats. Dans ce numéro de Vu d’Allemagne, quelques morceaux choisis de la programmation de cette 30ème édition.// En deuxième partie, reportage en Espagne dans la plus grande usine de dessalement d’Europe. On y dessale de l’eau de mer pour combattre la sécheresse, mais cela coûte cher en énergie.

Vu d'Allemagne a promené son micro à la 30ème édition du Festival du Film africain de Cologne. Une édition-anniversaire qui a tiré le bilan de trente années de cinéma africain sur le continent et dans le monde.

Et s'il a été relevé, lors d'un débat autour de l'histoire des festivals, que l'Afrique n'a presque plus de salles de cinéma (transformées en supermarchés ou églises), force est de constater qu'elle compte de nombreux jeunes cinéastes de talent qui, eux, ont des histoires à raconter. 

Une partie de la programmation du festival était ainsi consacrée à des films de la collection “Generation Africa”: des films documentaires réalisés par de jeunes cinéastes africains et produits en partenariat avec la Deutsche Welle Akademie. Des films sur les rêves de la jeunesse africaine, parmi lesquels figure le rêve de l’Europe ou tout simplement le rêve d’une vie meilleure. 

Deux de ces réalisateurs étaient invités au festival de Cologne:

- Ousmane Samassékou, réalisateur du documentaire "Le dernier refuge"

Le réalisateur malien Ousmane Samassékou

Ousmane Samassékou, invité du 19ème Festival du Film africain de Cologne

Le jeune réalisateur malien est allé "poser sa caméra" à la Maison du Migrant, à Gao dans le nord du Mali. Ce lieu situé aux portes du désert accueille celles et ceux qui veulent tenter la traversée du Sahara mais aussi ceux qui en sont revenus, brisés par des expériences qu'ils peuvent à peine raconter.

Ousmane Samassékou a passé deux ans à recueillir les témoignages de ces exilés, des témoignages forts, intimes, obtenus avec patience et délicatesse. Il dit avoir fait ce film pour comprendre ce qui était arrivé à son oncle, disparu des décennies plus tôt, mais aussi pour changer la perspective des récits sur la migration.

“Le dernier refuge” a obtenu le prix du public du Festival de Cologne dans la catégorie documentaire.

Extrait du film Le dernier refuge

Esther, jeune Burkinabè (au milieu), est un personnage central du documentaire d'Ousmane Samassékou

- Ike Nnaebue, réalisateur du documentaire "No U-turn"

Le réalisateur nigérian Ike Nnaebue

Ike Nnaebue a déjà remporté une mention spéciale à la Berlinale pour son documentaire No U-trun

Pour Ike Nnaebue, le voyage vers l’Europe s’est arrêté à Bamako, en 1997. Vingt-cinq ans plus tard, le réalisateur du documentaire “No U-Turn" a repris la route pour voir à quoi ressemble l’exil aujourd’hui... Et s’est retrouvé de nouveau bloqué dans la capitale malienne.  

"Cette fois, c'est à cause de la pandémie, le Maroc a fermé ses frontières, maintenant je dois attendre parce que cette fois, il ne doit pas y avoir de demi-tour", raconte la voix-off dans le documentaire.

Dans son film, Ike Nnabue retrouve les villes qu’il avait traversées en 1997 depuis le Nigeria, mais cette fois il est allé jusqu’à Tanger, au Maroc, d’où on peut voir l’Europe à l’œil nu et où il a rencontré deux jeunes femmes prêtes à embarquer sur un bateau pneumatique pour rejoindre l'Espagne. 

Une expérience qui n'a pas laissé indifférent le réalisateur nigérian. Il pointe le doigt sur les gouvernements africains incapables de retenir leurs citoyens car ils "sont tellement irresponsables que les gens qu’ils sont censés représenter et pour lesquels ils sont censés créer un environnement favorable sentent qu'il n'y a rien pour eux dans leur propre pays et qu’ils sont prêts à risquer leur vie".

Laura et Sandra regardent la mer et l'Espagne au loin, extrait du documentaire No U-turn

En attendant de rejoindre l'Espagne, Laura et Sandra mendient dans les rues de Tanger (extrait du documentaire No U-turn)

- Yoro Lidel Niang, réalisateur du court-métrage "La danse des béquilles"  

Un environnement de vie défavorable, c’est une expérience que connaît bien Yoro Lidel Niang. Le réalisateur du Sénégal est venu à Cologne présenter son court métrage “La danse des béquilles”.  

Le film raconte l’histoire d’une jeune femme en fauteuil roulant, condamnée par sa famille à mendier dans la rue, mais qui se révolte contre sa condition en décidant de devenir danseuse... avec succès. Yoro Lidel Niang lui-même se déplace avec des béquilles, il dit avoir voulu "faire un film sur l'engagement", mais aussi pour valoriser les personnes porteuses de handicap. Selon lui, "tout le monde peut faire du cinéma".

L’accueil réservé au film de Yoro Lidel Niang est à la hauteur de son engagement puisqu’il a lui aussi obtenu le prix du public dans la catégorie court-métrage. 

Le réalisateur sénégalais Yoro Lidel Niang en interview avec Anne Le Touzé au Festival du Film africain de Cologne 2022

Le court métrage de Yoro Lidel Niang montre qu'on peut réussir en étant porteur de handicap

En 2023, le Festival du film africain de Cologne aura un autre anniversaire à célébrer puisque ce sera sa 20ème édition. 

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L'Espagne combat la sécheresse en dessalant l'eau de mer

La plus grande usine de dessalement d'eau de mer d'Europe à Barcelone, en Espagne

Dessaler l'eau de mer, une solution énergivore et problématique pour l'environnement

La pluie tombe depuis quelques semaines sur certaines parties de l’Europe, mais le niveau des fleuves est encore loin d’être revenu à la normale. Une bonne partie de l’Espagne, notamment, est exposée à la sécheresse, conséquence des différentes vagues de chaleur et du manque de pluie… Là-bas, pour faire face au manque de précipitation, on dessale l’eau de mer.  

C’est une solution qui intéresse de plus en plus certains pays d’Afrique qui sont eux aussi touchés par la sécheresse. Le Sénégal, par exemple, a commencé les travaux de sa première usine de dessalement à Keur Momar. 

Cette installation ressemblera justement à celle de Barcelone, la plus grande usine de dessalement d’Europe.  

Notre correspondant en Espagne, Henry de Laguérie, est allé à Barcelone visiter cette infrastructure aussi nécessaire qu’énergivore… Ecoutez son reportage en deuxième partie de Vu d'Allemagne.

 

 Vu d’Allemagne est un magazine radio hebdomadaire, proposé par Hugo Flotat-Talon et Anne Le Touzé, diffusé le mercredi et le dimanche à 17h30TU, et disponible aussi en podcast. Vous retrouvez tous les numéros dans la médiathèque, à écouter en ligne ou à télécharger en format MP3. Le podcast est également disponible sur certaines plateformes de podcasts.