Faut-il augmenter le prix de la viande? | Vu d′Allemagne | DW | 08.08.2019
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Vu d'Allemagne

Faut-il augmenter le prix de la viande?

Les journaux allemands reviennent sur la volonté du nouveau Premier ministre britannique d'imposer un Brexit dur au Royaume-Uni, ainsi que sur la volonté des politiques allemands d'augmenter les taxes sur la viande.

"Le prix de la viande, ainsi que des autres produits issus des animaux, comme le lait, doit être augmenté", selon la tageszeitung. "C'est la seule solution pour sauver le climat". Selon un rapport de l'ONU, l'élevage du bétail constitue 15% du total des émissions de gaz à effet de serre. 

Si en Allemagne, la taxe sur la viande passe de 7% à 19%, "la consommation baissera d'environ 10%" selon une étude, affirme le quotidien de Berlin. 

Et ce serait probablement une bonne chose pour la santé, puisque là où il est recommandé de manger 600 grammes de viande par semaine, les Allemands "en mangent presque le double."

Une augmentation aux effets limités?

Pas sûr néanmoins que cette décision fasse vraiment effet : "400 grammes de steaks de porc sans os coûtent actuellement 2,39 euros", écrit la Leipziger Volkszeitung. "En cas d'augmentation des taxes, le prix passerait à 2,64 euros. Les fans de barbecue seront-ils effrayés par une hausse de 25 centimes? Il est permis d'en douter."

En substance, la question de l'augmentation des taxes sur la viande divise, même au sein de la presse allemande. "Une hausse de quelques centimes ne changera pas grand chose", estime la Neue Osnabrücker Zeitung.  

De son côté, le Thüringer Allgemeine  va plus loin : "Ce dont a besoin ce pays, c'est  un système fiscal plus simple, plus intelligent et plus juste sur le plan social qui prenne enfin en compte les coûts environnementaux et climatiques. Et non un débat comme celui-ci."

Le gouvernement britannique prend son peuple pour un imbécile

Les éditorialistes allemands reviennent également sur le Brexit, et la solution "no deal" martelée par le Premier ministre britannique Boris Johnson. 

Si le 31 octobre prochain, le Royaume-Uni sortait de l'Union européenne sans accord, cela pourrait avoir de lourdes conséquences à tous les niveaux. 

"Le nouveau gouvernement britannique considère que son peuple est bête", écrit la Süddeutsche Zeitung. Michael Gove, chargé des préparatifs en cas d'absence d'accord, "agit comme si la commission de l'UE se barricadait et ne voulait pas répondre aux appels de Londres". 

UK Ärger auf Nordirland-Reise von Premier Johnson (AFP/P. Faith)

Des manifestants anti-Brexit lors de la visite de Boris Johnson en Irlande du Nord

La problématique de l'Irlande du Nord

Or, la réalité est toute autre : Boris Johnson ne voit pas l'intérêt de continuer à discuter avec l'Union européenne. "Johnson veut une coupure brutale : or celle-ci n'est pas possible sans véritable solution pour l'Irlande du Nord", écrit le quotidien de Munich. 

Car en cas de Brexit, une frontière de 500 kilomètres serait réinstallée entre l'Irlande et sa voisine du Nord. 

Et un Brexit sans accord pourrait être catastrophique pour l'économie de l'île et surtout pour la paix entre catholiques et protestants qui dure depuis 30 ans.