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Etats-Unis - Russie, pour un New Start

Marco Wolter | Avec agences
22 janvier 2021

Joe Biden veut prolonger de cinq ans le traité de désarmement nucléaire New Start conclu avec la Russie. Celui-ci arrive à expiration le 5 février.

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Un missile intercontinental russe, présenté en 2018
Un missile intercontinental russe, présenté en 2018Image : AP Photo/picture-alliance

"Faites confiance, mais vérifiez", avait prôné l'ancien président américain Ronald Reagan pour en faire un pilier de la politique de désarmement des Etats-Unis.

Le traité New Start signé en 2010 entre Barack Obama et son homologue russe de l'époque, Dimitri Medvedev, et qui arrive à expiration le 5 février prochain s'inscrit dans cette logique. 

Non seulement, l'accord limite en quantité le nombre de têtes nucléaires dont peuvent disposer les Etats-Unis et la Russie, mais le traité mise aussi sur la transparence en permettant à chacun d'effectuer près d'une vingtaine d'inspections chez l'autre.

Dès sa prise de fonction, Joe Biden est revenu sur une série de décisions controversées de Donald Trump
Dès sa prise de fonction, Joe Biden est revenu sur une série de décisions controversées de Donald TrumpImage : Alex Brandon/AP Photo/picture alliance

New Start est d'autant plus essentiel qu'il est l'un des derniers survivants des accords de non-prolifération passés entre les deux puissances. 

Depuis le début des années 2000, Américains et Russes se sont progressivement retirés de plusieurs engagements, que ce soit sur l'encadrement des armes conventionnelles ou des missiles nucléaires à portée intercontinentale. 

Plus largement, l'administration Trump a aussi libéré les Etats-Unis du traité de transparence militaire "Ciel ouvert" ratifié par une vingtaine de pays afin d'autoriser des vols de surveillance mutuels. 

Cet accord est devenu d'autant plus moribond qu'il y a tout juste une semaine, Moscou vient également d'en annoncer son retrait. 

Durcir le ton

"Le président [Joe Biden] assure depuis longtemps que le traité New Start est dans l'intérêt de la sécurité des Etats-Unis", a déclaré ce jeudi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, qui a confirmé la volonté du nouveau président américain de prolonger l'accord pour au moins cinq ans.

A (re)lire également : Joe Biden marque le changement de cap de l'après Trump. Vraiment?

Elle a ajouté que "cette extension fait encore plus sens lorsque les relations avec la Russie sont tendues, comme c'est actuellement le cas".

Jen Psaki, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche
Jen Psaki, la nouvelle porte-parole de la Maison BlancheImage : Alex Brandon/AP Photo/picture alliance

En effet, si l'administration Trump a souvent été accusée de mollesse face à la Russie de Vladimir Poutine, jugée responsable d'ingérence dans la présidentielle de 2016 par les renseignements américains, Joe Biden semble vouloir durcir le ton.

Ainsi, Washington a annoncé avoir lancé de nouvelles enquêtes sur la dernière attaque de piratage informatique imputée aux Russes. Mais aussi sur le rôle de Moscou pendant la dernière présidentielle, l'empoisonnement de l'opposant russe Alexei Navalny et enfin les informations selon lesquelles les Russes auraient payé des insurgés Talibans pour tuer des soldats américains en Afghanistan.

La Russie saisit la main tendue

Malgré cette série de contentieux, le Kremlin a salué la main tendue pour prolonger New Start, tout en attendant de voir quelles seront les conditions assorties à cette extension. 

"Tout dépendra des détails de cette proposition", qui doivent encore "être étudiés", a déclaré le porte-parole du Kremlin.

Joe Biden et Vladimir Poutine en 2011. Biden était alors vice-président et Poutine Premier ministre
Joe Biden et Vladimir Poutine en 2011. Biden était alors vice-président et Poutine Premier ministreImage : Maxim Shipenkov/EPA/picture alliance

Sous Donald Trump, Washington avait exigé en vain que la Chine, qui est également une importante puissance nucléaire, soit associée au traité. 

Un coup de pression qui n'a pas abouti, à l'image de plusieurs paris diplomatiques de l'administration Trump dans le domaine de l'armement, que ce soit la tentative de dénucléarisation de la Corée du Nord ou bien de la politique vis-à-vis de l'Iran, en se retirant de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015. 

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Marco Wolter Journaliste au programme francophone de la Deutsche Welledw_francais