E-learning, le boom des start-up africaines // Des bénévoles engagés pour aider les réfugiés en Grèce | Vu d′Allemagne | DW | 01.04.2020
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Vu d'Allemagne

E-learning, le boom des start-up africaines // Des bénévoles engagés pour aider les réfugiés en Grèce

Continuer à apprendre lorsque les écoles et universités sont fermées pour cause de coronavirus : l’apprentissage en ligne en Afrique. // Le Covid-19 a des répercussions sur les conditions de vie des réfugiés en Grèce.

Écouter l'audio 15:23

Depuis l’arrivée du coronavirus et l‘injonction quasi universelle de rester chez soi, une multitude de plateformes ont vu leur fréquentation exploser, dont celles qui proposent des cours à distance. 

Le e-learning, ou l’apprentissage en ligne, est en pleine expansion et il devient un marché intéressant pour les jeunes entrepreneurs qui l’abordent avec une bonne dose de créativité pour combler les trous des systèmes d’éducation de leurs pays d‘origine. 

Presque comme si le prof était là

C’est le cas d’Arona Gueye et Massamba Thiam au Sénégal. Ils ont fondé il y a deux ans "Afriboard Education", une plateforme d’apprentissage conçue pour les écoles et les universités.

Les cours sont dispensés dans des classes virtuelles, avec un professeur muni d’une caméra, et des élèves qui peuvent suivre à distance les cours dispensés, sur leur ordinateur ou tout simplement leur smartphone.

Le logiciel d’apprentissage a été développé à Dakar en coopération avec une équipe basée au Canada. C’est d’ailleurs là-bas que les deux fondateurs d’Afriboard ont découvert les avantages de l’apprentissage en ligne. De retour dans leur pays d’origine, ils ont décidé de se lancer.

Massamba Thiam et Arona Guey, inventeurs de l'Afriboard Education (Afriboard Education)

Massamba Thiam et Arona Guey, inventeurs de l'Afriboard Education

Massamba Thiam et Arona Gueye ont conçu une application simple pour motiver les jeunes apprenants, y compris dans les régions reculées. Et ce grâce à une nouvelle application de Google qui fonctionne sans connexion internet.

Des start-up très dynamiques

Chaque utilisateur paie une modeste redevance pour utiliser ce service. L’État sénégalais a soutenu financièrement la petite entreprise d’e-learning à ses débuts dans le cadre d’un programme d’aide aux start-up.

Ce coup de pouce financier n’étonne pas Rebecca Stromeyer, de la société de communication ICWE basée à Berlin. Elle est co-fondatrice de la conférence eLearning Africa qui a lieu tous les ans depuis 2006 sur le continent africain.

Rebecca Stromeye -eLearning Africa (Rebecca Stromeyer)

Rebecca Stromeye a eu l'idée du eLearning Africa comme d'une rencontre annuelle

Le Sénégal, explique-t-elle, fait partie des pays qui sont à la pointe de l’apprentissage en ligne, aux côtés du Kenya, du Ghana, de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique du Sud et du Rwanda.

Dans son rapport 2019 sur l’e-learning, Rebecca Stromeyer a publié une liste de 200 start-up innovantes basées en Afrique. Trente autres sont venues s’y ajouter depuis, et la plupart ont du succès. 

Le secteur des technologies de l’information et de la télécommunication est en plein essor en Afrique subsaharienne et il se concentre sur le domaine de l’éducation. 

Des idées qui jaillissent 

L‘"EdTech" fait bouillonner la créativité des jeunes en Afrique qui créent des start-up pour trouver des solutions africaines à des problèmes africains. Ceux qui ont du succès ont le potentiel d’exporter leurs plateformes dans d’autres pays d’Afrique ou du monde.

Mais tous ne réussissent pas à se maintenir après avoir lancé leur start-up car il y a de nombreux obstacles, souligne Rebecca Stromeyer qui cite le manque d'infrastructures mais aussi la difficulté des jeunes entreprises d'obtenir des prêts des banques à des taux intéressants.

Et puis, il ne suffit pas d’une idée et d’un soutien financier pour réussir. Le marketing, le modèle économique, et surtout l’utilité sont des facteurs essentiels pour le succès des entreprises sur le long terme.

Tous ces obstacles, Arona Guey et Massamba Thiam les ont surmontés. Mais il y en a un bien plus coriace: changer le comportement des enseignants.

"La bonne nouvelle, rassure Massamba Thiam, c'est que lorsqu'on leur montre que ces outils leur facilitent la vie, alors ils sont dans le coup".

La pandémie de coronavirus, qui a contraint de nombreux établissements à fermer leurs portes pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois, est peut-être une chance pour les enseignants de faire découvrir de nouvelles formes d’apprentissage à leurs élèves.

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ONG Team Humanity (Team Humanity)

Une réfugiée dans un camp de l'ONG Team Humanity qui distribue des masques de protection

Solidarité pour les réfugiés de Lavrio 

Vu d’Allemagne, deuxième partie… Il y a quelques semaines encore, les médias européens rendaient compte chaque jour ou presque de la nouvelle vague d’arrivée de réfugiés en Grèce après l’ouverture des frontières par la Turquie. 

Ensuite, le coronavirus est arrivé. Et les réfugiés ont tout simplement disparu des radars. Le départ des journalistes a bien sûr joué un rôle dans ce repli médiatique.

Pourtant, les conditions de vie déjà difficiles de ces dizaines de milliers de personnes sont maintenant menacées par le Covid-19 qui risque de provoquer une „catastrophe sanitaire“ selon un député allemand.

Casse-tête impossible

Le confinement et la distanciation sociale sont des consignes quasi impossibles à appliquer dans les camps surpeuplés et insalubres. 

À une heure de route d'Athènes, la petite ville de Lavrio abrite deux camps de réfugiés kurdes. Ces camps sont autogérés car abandonnés de tous. 

Tributaires de l'aide internationale, leurs habitants reversent néanmoins une partie de cette aide aux Lavriotes pour les remercier de leur accueil. En décembre dernier, une grande fête a été organisée sur la place publique… 

Aujourd'hui le coronavirus a stoppé le dernier convoi en cours mais les bénévoles solidaires continuent leur soutien. Un reportage de notre correspondant Thomas Jacobi. Et merci à Martina Schwikowsski pour le sujet sur le e-Learning!

Retrouvez tous les numéros de Vu d'Allemagne dans la médiathèque de la DW.

Un magazine proposé par Anne Le Touzé et Hugo Flotat-Talon.

 

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