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Donald Trump et les deux Chine

Philippe Pognan
13 décembre 2016

Depuis le début du mois, Donald Trump a multiplié les déclarations menaçant de désiquilibrer les relations entre les Etats-Unis et la Chine, en particulier sur la très sensible question de Taïwan.

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China Donald Trump auf Titelseite einer Zeitschrift
Image : Getty Images/AFP/G. Baker

Donald Trump semble vouloir remettre en question la politique américaine vis à vis de la Chine, à savoir le principe admis jusqu’ici par Washington d’une "seule Chine". En clair, le président élu pourrait reconnaître Taïwan comme une autre Chine.

„Déjà au cours de sa campagne électorale, Donald Trump a critiqué la République Populaire de Chine comme aucun autre état, écrit la Neue Osnabrücker Zeitung. Il ne s’est pas lassé de rendre la politique monétaire chinoise et son expansion économique, responsables du déclin de la vieille industrie lourde américaine. La fixation de Trump sur la Chine est tragique, d’autant plus que la nouvelle de sa victoire électorale, malgré sa rhétorique, avait été accueillie avec bienveillance en Chine. Le fait que Donald Trump rejette la politique interventionniste globale des Etats-Unis serait même une condition idéale pour s’entendre avec la grande puissance qu’est la Chine. Mais, quand il évoque Taïwan et la fin de la politique américaine d’une "seule Chine " en vigueur depuis 1979, Trump semble rechercher la confrontation avec Pékin", relève l’éditorialiste. 

Shanghai Donald Trump und China
Donald Trump à la Une du magazine chinois "Global people"Image : Getty Images/AFP/J. Eisele

La Frankfurter Rundschau revient en arrière dans le passé et relève que "La terminologie utilisée jusqu’ici, selon laquelle il n’existe qu’ „une Chine“, avait été la condition pour la politique de détente grâce à laquelle l’un des prédécesseurs de Donald Trump, Richard Nixon avait rétabli des relations avec la Chine dans les années 70, après des années de silence. Aujourd’hui cette terminologie repose comme une toile d’araignée sur la réalité dans l’Asie de l’Est. Au 21 ème siècle, la Chine et les Etats-Unis sont les puissances rivales qui veulent s’assurer la prédominance dans le Pacifique, souligne le quotidien de Francfort. Ce serait une démarche intéressante pour un président américain de rompre avec des conventions désuètes établies il y a des décennies. A la condition qu’il puisse faire marche arrière avant que des relations subissent des dommages irréparables…"

L’éditorialiste du quotidien Volksstimme de  Magdebourg ne se fait pas d’illusions : "Pour atteindre des objectifs sur le plan international, il ne suffit pas  de jouer à l’homme d’affaires rusé et malin. Si Donald Trump n’en devient pas conscient, il encaissera un oeil au beurre noir l’un après l‘autre, et sera finalement mis KO après un gauche vigoureux de Moscou ou Pékin!"

 

Autre thème: La situation en Turquie

 

Après l'attentat terroriste revendiqué par un groupe radical kurde, attentat qui a fait 44 morts et des dizaines de blessés, pour la plupart des policiers, samedi soir devant un stade de football à Istanbul, la police a arrêté près de 300 membres du HDP, le Parti démocratique des peuples. 

Türkei das Büro der HDP in Istanbul nach der Durchsuchung der Polizei
Le bureau du parti pro-kurde HDP après une perquisition de la police turqueImage : HDP press office, Istanbul

"Erdogan mène une campagne contre tous ceux qui sont sur son chemin", estime la Frankfurter Allgemeine Zeitung. "Les prisons n’ont jamais été aussi pleines de présumés terroristes, alors que la Turquie n’a jamais connu une telle vague de terreur qu’en 2016. Toutefois, on a l’impression qu’Erdogan mène les fausses batailles. La 'nouvelle Turquie' d‘Erdogan n‘est plus un modèle pour ses voisins arabes. Et aussi par sa présence militaire en Syrie et en Irak, le pays  s’enfonce de plus en plus dans le bourbier du Moyen- Orient dont l’avait sorti Kemal Atatürk il y a un siècle..."