Donald Trump et le désintérêt pour l′Afrique | Arbre à palabre | DW | 29.10.2020
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Arbre à palabre

Donald Trump et le désintérêt pour l'Afrique

Les Américains vont se rendre aux urnes le 3 novembre prochain pour élire leur prochain président. Ils auront le choix entre Donald Trump et Joe Biden. Quelle place occupe l’Afrique dans le programme de ces deux candidats ? Que peut-on retenir de la diplomatie africaine de Donald Trump ?

Écouter l'audio 45:52

Dès son élection à la Maison Blanche, en novembre 2016, Donald Trump avait décidé de redéfinir le rapport au monde des Etats-Unis. Il a ainsi fixé les grands principes de sa politique étrangère : nationalisme, unilatéralisme, militarisme, protectionnisme et développement des relations bilatérales sur la base d’affinités idéologiques. 

On se rappelle que lors d’un discours prononcé à New York face à ses homologues africains, la Namibie ("Namibia", en anglais) est devenue "Nambia", c'était en septembre 2017. Un communiqué de la Maison-Blanche a rectifié la bourde, assurant que Donald Trump faisait référence à la Namibie. Sans succès.

Alpha Condé (à gauche) en compagnie de Donald Trump (à droite) à Hambourg (Allemagne) en novembre 2017

Alpha Condé (à gauche) en compagnie de Donald Trump (à droite) à Hambourg (Allemagne) en novembre 2017

Janvier 2018, il a traité les Etats africains de "pays de merde" lors d’une réunion sur l’immigration dans le bureau ovale. L’Union africaine avait d’ailleurs exigé des excuses après ces insultes. Mais l'intéressé a nié les avoir proférés.

Sécurité et lutte contre le terrorisme

Même si Donald Trump ne s'est jamais rendu en Afrique, les Etats-Unis ont accru leur présence militaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. On a assisté à une intensification des frappes militaires contre les groupes affiliés à l’organisation Etat islamique (EI). Au Sahel, l’engagement américain s’est poursuivi en coopération avec la France, qui demeure en première ligne par un soutien financier au G5 Sahel.
Aussi, selon Maya Kandel, historienne à l’université Paris-3-Sorbonne-Nouvelle et qui tient un blog sur la politique étrangère des Etats-Unis, le pays a poursuivi son implantation au Niger, "lieu stratégique au carrefour de trois fronts terroristes dont les bases sont en Libye, au Mali et au Nigeria", selon l’Africom, le Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique. Ce pays accueille désormais la plus forte présence militaire américaine (730 hommes) après Djibouti (4 000, sur un total de 7 200 pour l’ensemble du continent hors Egypte), même après l’embuscade qui a coûté la vie à quatre militaires américains en octobre 2017. L’implication américaine directe en Libye s’est également intensifiée.

L'Afrique, terrain d’affrontement avec les autres puissances

Sur le plan commercial, ajoute Maya Kandel, l’évolution est plus nette. Appliquant les nouveaux préceptes d’une diplomatie transactionnelle et d’un positionnement anti-libre-échange, l’administration Trump a engagé plusieurs révisions de la loi commerciale de l’ère Clinton, l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), remettant en cause l’accès libre au marché américain de produits africains. Il en est allé ainsi avec le Rwanda, pour des raisons de réciprocité, mais aussi tout récemment avec la Mauritanie, en invoquant l’esclavage.

Le président chinois Xi Jinping (à gauche) et son homologue américain, Donald Trump (à droite)

Le président chinois Xi Jinping (à gauche) et son homologue américain, Donald Trump (à droite)

Surtout, l’Afrique apparaît dans les documents stratégiques de Trump comme un terrain de l’affrontement avec les autres grandes puissances. Pour contrer les "nouvelles routes de la soie" chinoises, le Congrès a voté fin septembre une loi qui prévoit une nouvelle politique d’investissements, avec d’importantes répercussions en Afrique. Les pays africains, au cœur de cette concurrence accrue entre les Etats-Unis, la Chine, la Russie et la France, ont désormais une multiplicité d’offres alternatives.

Au cours du magazine sous l'Arbre à Palabre, Eric Topona revient avec ses invités sur le bilan de la politique africaine de Donald Trump et la place qu'occupe l’Afrique dans le programme des deux candidats.

Voici les invités :

Le journaliste Eric Topona dans le studio Pk1 de la DW à Bonn (Allemagne)

Le journaliste Eric Topona dans le studio Pk1 de la DW à Bonn (Allemagne)

-Modibo Mao Makalou, économiste et ancien conseiller aux affaires économiques à la présidence du Mali, ancien Sherpa de la Commission de l'Union africaine et du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique)

- Jean-Claude Mputu, politologue

-Et Jeffrey Hawkins, ancien ambassadeur des États-Unis en Centrafrique entre 2015 et 2017. Il est aujourd’hui chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris 

Le débat sous l’Arbre à Palabre est diffusé les vendredis à 17h30 TU et les samedis à 7h TU sur la DW.

Cliquez sur la photo  (au centre),  pour écouter le podcast.