Difficile de stopper (vraiment) les ventes d′armes allemandes à l′Arabie Saoudite | International | DW | 22.10.2018
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International

Difficile de stopper (vraiment) les ventes d'armes allemandes à l'Arabie Saoudite

Angela Merkel a confirmé son intention de geler ses exportations d'armes allemandes vers l'Arabie Saoudite suite à l'affaire Jamal Khashoggi. Mais la tâche s'annonce rude au vu des enjeux économiques et politiques.

Où est passé le corps de Jamal Khashoggi, le journaliste tué dans les locaux du consulat saoudien, à Istanbul ? Les autorités saoudiennes affirment ne pas le savoir, mais cela ne suffit pas à Angela Merkel.

La chancelière allemande réclame "urgemment" une enquête approfondie pour déterminer les responsabilités et se dit "d'accord avec ceux qui estiment que les exportations d'armes, déjà limitées, ne peuvent pas avoir lieu dans les conditions actuelles."

Jemen Schatten hinter Flagge (picture-alliance/AP Photo/H. Mohammed)

Le gouvernement allemand s'est engagé à ne pas vendre d'armes pour faire la guerre au Yémen

Une clause du traité de coalition

Quant aux exportations allemandes déjà autorisées mais pas encore livrées, elles seront peut-être aussi bloquées. Les partis d'opposition de gauche et des défenseurs des droits de l'homme réclamaient cette mesure depuis longtemps.

Or Peter Altmaier, le ministre de l'Economie, l'a rappelé : une clause du traité de coalition gouvernementale prévoyait déjà que cessent les exportations d'armes vers l'Arabie Saoudite, comme vers les autres pays prenant part à la guerre au Yémen.

Peter Altmaier va même, sur la chaîne ZDF, jusqu'à inciter les autres grandes puissances à prendre les mêmes mesures de rétorsion que l'Allemagne pour augmenter la pression sur l'Arabie Saoudite, et déclare :

"C'est seulement si tous les pays européens agissent que le gouvernement de Riyad sera impressionné. Cela ne servirait à rien si nous renoncions, comme nous le faisons, à livrer des armes et qu'au même moment, d'autres pays se chargent de combler le vide."

Deuxième meilleur client après l'Algérie

Mais l'Arabie Saoudite est le deuxième meilleur client de l'industrie allemande de l'armement après l'Algérie. En 2018, des contrats à hauteur de plus de 416 millions d'euros ont été autorisés avec Riyad.

Il s'agit notamment de livraisons de bateaux pour des patrouilles en mer, de chars, de matériels construits par des consortiums européens comme les avions Eurofighters ou les systèmes de radar Cobra.

Deutschland Hafen von Mukran | Küstenschutzboot für Saudi-Arabien (picture-alliance/dpa/S. Sauer)

Navire de patrouille allemand en partance pour l'Arabie Saoudite, en mars 2017

Et puis il y a des armes semi-automatiques G36 et des munitions pour lesquelles l'Arabie Saoudite a obtenu une licence de fabrication en 2008 et bénéficie d'un transfert de technologie de la part d'une joint venture germano-sud-africaine entre Rheinmetall et Denel.

Bref, si l'Allemagne voulait stopper tout commerce d'armes avec le royaume saoudien, elle devrait frapper ses propres entreprises au porte-monnaie. Et pourrait être obligée de payer des compensations au partenaire saoudien.

Position délicate des patrons allemands
Dans une interview à la radio Deutschlandfunk, le chef du BDI, c'est-à-dire le patron des patrons allemands, Dieter Kempf, a condamné à son tour ce qui s'est passé dans le consulat saoudien en Turquie. Il se refuse toutefois à donner quelque consigne ou conseil que ce soit aux entrepreneurs allemands. Plusieurs grands patrons, tels que le chef de Siemens, Joe Kaeser, ont renoncé à participer demain à un forum d'investisseurs à Riyad.

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