Des ressources convoitées | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 01.10.2010
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Afro-presse (hebdomadaire)

Des ressources convoitées

L'exploitation, pour ne pas dire le pillage des ressources naturelles de l'Afrique, est cette semaine un thème privilégié de la presse allemande dans son traitement de l'actualité africaine.

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Monrovia, 2007

Le Financial Times Deutschland dénonce le marché conclu par le groupe énergétique suédois Vattenfall au Libéria. Vattenfall veut construire près de Berlin deux centrales thermiques fonctionnant à la biomasse. Et pour alimenter ces nouvelles installations, la société va importer des tonnes de copeaux de bois. Ecologistes et défenseurs des droits de l'homme, écrit le journal, voient une déclaration de guerre dans le fait que Vattenfall envisage de se fournir précisément dans un pays aussi corrompu que le Libéria. Des stocks de copeaux s'entassent déjà dans le port de la ville libérianne de Buchanan. Un contrat signé au printemps dernier avec la firme néerlandaise Buchanan Renewables prévoit la livraison, sur une période de cinq ans, d'un million de tonnes d'hévéas réduits en copeaux. Or poursuit le journal, selon l'organisation hambourgeoise Sauvez la forêt tropicale, les Nations unies dénoncent depuis des années des conditions de travail proches de l'esclavage sur les plantations d'hévéas au Libéria. Ce que conteste Vattenfall.

Ein Platz für wilde Tiere? Die Serengeti in Zeiten des Klimawandels

Dans le Serengeti

 

En Tanzanie le gouvernement projette de construire une autoroute à travers le parc du Serengeti. Ce nom symbolise à lui seul l'Afrique, lit-on dans le Tagesspiegel de Berlin. Et là aussi le projet mobilise les défenseurs de la nature. Le journal évoque l'appel lancé récemment dans la revue Nature par 27 scientifiques du monde entier. Une route, explique le Tagesspiegel, partagerait la réserve entre le nord et le sud. Des millions d'animaux seraient coupés de leurs points d'eau. A la saison sèche ils ne trouvent de l'eau que dans le nord du Serengeti, et les régions voisines du Kenya. C'est la raison pour laquelle chaque année d'immenses troupeaux de gnous, de zèbres et d'antilopes migrent sur des centaines de kilomètres. Cette grande migration n'est pas seulement un spectacle pour touristes, c'est une merveille de la nature. Une route, même si elle n'avait que 50 km de long, sonnerait la fin de cette dernière grande migration d'animaux sur la planète. Selon des simulations arithmétiques, le nombre de gnous passerait par exemple de 1,3 million à 300 000. Les scientifiques, poursuit le journal, craignent aussi que la route n'entraîne l'arrivée de poids lourds qui relieraient la côte aux pays de l'Afrique centrale. Autant d'objections réfutées par le gouvernement tanzanien. Le ministre des travaux publics, note notre confrère, a assuré que l'écosystème ne serait pas menacé. Et le député de la région de Serengeti promet de laisser 50 km de route sans asphalte.

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Du coltan de la RDC

Dans l'est de la République démocratique du Congo l'exploitation minière a été suspendue par les autorités de Kinshasa. Sont concernées les provinces du Nord et du Sud-Kivu, ainsi que le Maniema. La presse allemande s'inquiète de l'impact économique de cette décision. La suspension avec effet immédiat, note la Tageszeitung, a été annoncée à Goma le 11 septembre dernier par le président Joseph Kabila. Le ministère des mines l'a justifiée par le fait que l'ampleur de l'exploitation minière dans l'est du Congo était le résultat des activités de groupes armés qui entretiennent la guerre grâce aux profits tirés du commerce de minérais. Du jour au lendemain, souligne le journal, c'est le secteur économique le plus important d'une des pires régions de guerre au monde qui s'est arrêté. Aucun permis d'exportation n'étant plus délivré, aucune taxe ne peut être perçue. Selon l'administration provinciale, des minerais sont bloqués dans les entrepôts des exportateurs à Goma pour une valeur de 7 millions de dollars. Officiellement, poursuit le journal, le gouvernement ne veut pas seulement fermer les mines mais aussi retirer tous les soldats stationnés dans la région pour mettre fin à la militarisation du commerce de minerais. Mais conclut la Tageszeitung, l'interdiction de l'exploitation minière légale devrait surtout déboucher sur une montée en flèche de l'exploitation illégale.

Hafen in Sierra Leone

Un bidonville de Freetown

 

Enfin la presse allemande ne propose pas moins de deux articles concernant la Sierra Leone. Le premier est paru dans la Berliner Zeitung et évoque les rêves d'une relance du tourisme dans un pays dévasté par dix années de guerre civile. La tâche sera difficile. La Sierra Leone, qui attirait autrefois des milliers d'Européens assoiffés de soleil, a vu son tourisme réduit à néant, écrit le journal. Le chef du Conseil national du tourisme le reconnaît lui-même: le pays souffre encore de la destruction de ses infrastructures. Pour les visiteurs, note le journal, l'arrivée à Freetown peut déjà être une aventure. Pour aller de l'aéroport de Lungi dans la capitale, de l'autre côté d'une baie, il faut utiliser un hélicoptère piloté par des Russes. Un voyage par la route prendrait plusieurs heures. Un hélicoptère de ce genre, avec le ministre togolais des sports à bord, est tombé une fois à l'eau.

Le second article parle de sport justement, et quel sport, puisqu'il s'agit de football pour amputés. La Frankfurter Rundschau relève que l'équipe sierra-léonaise d'amputés sera l'une des grandes favorites à la Coupe du monde de football pour personnes amputées le mois prochain en Argentine. Du moins si le pays parvient à payer les coûts du voyage. Cette équipe compte par exemple dans ses rangs un joueur comme Amadu. Il avait huit ans lorsque les rebelles ont attaqué son village. Sa mère a été abattue sous ses yeux, Amadu a reçu une balle dans la cuisse et a dû être amputé faute de soins.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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