Des milliers de tonnes de riz pourrissent au Cameroun | Afrique | DW | 09.08.2019
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Afrique

Des milliers de tonnes de riz pourrissent au Cameroun

160.000 tonnes sont en train de pourrir dans un entrepôt situé dans le nord du Cameroun, alors que le pays en importe 800.000 tonnes par an. Les commerçants camerounais préfèrent vendre du riz asiatique, moins cher.

C'est au cours d'une visite dans les installations de la Société d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua, dans l'extrême nord du Cameroun, que Bernard Njonga, président de l'Association camerounaise pour la défense des intérêts collectifs (ACDIC), a fait une découverte étonnante : 160.000 tonnes de riz non décortiqués, stockés parfois depuis 2015, la plus grande partie en état de décomposition.

"J'ai vu un magasin qui a trois fois la superficie d'un stade de football avec plein de riz Paddy. J'ai crié de joie en sachant qu'on pouvait produire autant de riz. Mais après j'ai crié de tristesse en pensant qu'on importe autant de riz. Vous voyez donc le paradoxe !"

Le riz camerounais, inconnu au bataillon

Le Cameroun dépense plus de 150 milliards de francs CFA chaque année, selon une étude de l'ACDIC, pour importer du riz qui est ensuite proposé aux commerçants et consommateurs qui, le plus souvent, n'ont pas accès au riz local.

"Le riz camerounais, on n'a jamais vu. On ne sait pas où cela se trouve sur le marché. C'est pour cela que nous vendons du riz importé", confie ce commerçant de Yaoundé.

"Je n'ai jamais consommé de riz camerounais, je n'en ai même jamais vu. Je ne vois que du riz qui vient de Chine. Si je trouve du riz camerounais, je le consommerais volontiers", ajoute ce consommateur.

Le riz importé nuit à la santé économique des agriculteurs

Mais l'autre raison est que le riz importé est bien meilleur marché. Il est donc préféré par les commerçants, qui en tirent une meilleure marge bénéficiaire.

Bernard Njonga ajoute enfin que cette situation nuit bien entendu à la santé économique des agriculteurs. En effet, les prix pratiqués les empêchent de vendre leur production.

"Le magasin est plein et la récolte qui vient est menacée. Car où va-t-on la stoker? On entre dans un cycle de pauvreté avec des producteurs qui ne produisent plus parce qu'ils ne vendent pas.

Pour dénoncer la situation du riz local, l'ACDIC a lancé une pétition pour obliger le gouvernement à imposer un quota minimum de riz local aux commerçants et grossistes camerounais.