De Pyongyang à Berlin : l′étonnante histoire du City Hostel | Vu d′Allemagne | DW | 13.08.2019
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Vu d'Allemagne

De Pyongyang à Berlin : l'étonnante histoire du City Hostel

A Berlin, une auberge de jeunesse se trouve sur un vaste terrain que possède la Corée du Nord depuis les années 60 en plein cœur de la capitale allemande.

Deux immeubles dressés sur 6.000 mètres carrés, en plein cœur de Berlin, entre la Porte de Brandebourg et Checkpoint Charlie. Voilà la propriété qui appartient à la Corée du Nord depuis les années 60 dans la capitale allemande.

Du temps de la RDA, une trentaine de diplomates nord-coréens, leurs femmes et enfants, vivaient ici. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'une dizaine.

Cela n'empêche : "nulle part ailleurs dans le monde la Corée du Nord n'a dû se faire autant d'argent qu'à Berlin", écrit la Süddeutsche Zeitung.

Car "après la chute du Mur, les Nord-Coréens commencèrent à sous-louer leur ambassade. D'abord à une salle de fitness puis c'est un cabinet de psychothérapie qui a occupé une vingtaine de pièces.

 "Les places de parking étaient également très prisées". Un loueur de voiture s'en servait pour y garer ses camionnettes.

Le City Hostel propose une centaine de chambres à petits prix

Le City Hostel propose une centaine de chambres à petits prix

Enfin, c'est en 2004 qu'une entreprise commence à occuper l'ancien bâtiment administratif de l'ambassade, pour "transformer la boîte de béton de cinq étages en un hôtel, avec 450 lits pour une centaine de chambres."

Depuis, et bien les loyers de l'hôtelier reviennent à la Corée du Nord. 40.000 euros par mois selon une note des services secrets allemands.

Ces euros permettraient de financer d'autres bâtiments diplomatiques en Europe, mais aussi, "pour entretenir la bonne humeur de l'élite à la maison, des palettes de Nutella, de shampoing et de bière s'envolent de Berlin pour atterrir à Pyongyang".

Il faut dire que "politiquement l'ambassade n'est pas très demandée, à part pour recevoir une nouvelle note de protestation quand le régime teste un nouveau missile ou allume une nouvelle bombe".

Résolution de l'ONU

Tout allait bien jusqu'à une résolution des Nations unies de 2016, visant à couper les rentrées d'argent au régime nord-coréen et interdisant à Pyongyang d'utiliser ses ambassades à d'autres fins que des fins diplomatiques.

Depuis, c'est la confusion mais le business se poursuit. Selon les informations du journal, l'ambassade nord-coréenne doit plus d'un million d'euros au fisc allemand.

Ironie du sort, l'Allemagne possède elle aussi un vaste terrain à Pyongyang qui appartenait à la RDA avant la chute du Mur. Un terrain "somptueux" et "parfaitement situé", piscine comprise, et que "le ministère allemand des Affaires étrangères ne veut en aucun cas mettre en péril".

Un complexe tellement grand, que Berlin aussi sous-loue des locaux aux Suédois, aux Britanniques et au bureau de liaison français. 

A Berlin, pour le moment, les affaires se poursuivent pour le City Hostel, où les journalistes ne sont pas les bienvenus. Les photos et vidéos sont interdites dans les espaces communs sans autorisation de tournage.

Des portraits de Kim Jong Un et de son père Kim Il Sung sont accrochés dans chaque bureau. Comptez 29,40 euros pour une nuit à Berlin, quand le jour se lève à Pyongyang.

"Un conflit joué d'avance"

De Pyongyang à Hong Kong. Voilà un trajet qui ne se fait pas en avion. Puisque l'aéroport de Hong Kong était une nouvelle fois plongé dans le chaos ce mardi avec l'annulation de centaines de vols à cause des manifestations pro-démocratie.

Que les manifestants poursuivent leur combat malgré le risque de répression de la Chine "est remarquable tout en étant de plus en plus dangereux", estime la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Des dizaines de milliers de passagers sont touchés par la paralysie de l'aéroport de Hong Kong

Des dizaines de milliers de passagers sont touchés par la paralysie de l'aéroport de Hong Kong

"Car Pékin continue à échauffer le conflit, pour l'instant verbalement. Il est désormais question de signes de 'terrorisme', nourris par les attaques contre des forces de l'ordre.

"Pour le quotidien, si ces agissements sont à condamner, ils sont étrangement favorables à la rhétorique chinoise. "Il s'est passé beaucoup de choses ces dernières semaines à Hong Kong, sans que l'on sache qui en est responsable."

Pour la Frankfurter Rundschau, l'issue de ce conflit semble jouée d'avance : "à la fin c'est Pékin qui va gagner", alors que "les manifestations sont accompagnées du pressentiment d'un tournant tragique."

Le journal appelle ainsi l'Union  européenne à réagir, à sortir de son silence pour "montrer ce que représente la démocratie et l'Etat de droit pour elle" dans une époque où "les systèmes autoritaires se sentent de plus en plus puissants et dans lesquels des personnes risquent leur sécurité pour défendre des valeurs."

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