Débat sur la ″sûreté″ du Maghreb et amende pour Google dans la presse allemande | Vu d′Allemagne | DW | 19.07.2018
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Vu d'Allemagne

Débat sur la "sûreté" du Maghreb et amende pour Google dans la presse allemande

La presse allemande débat de l'inscription des pays du Maghreb sur la liste des pays dits "sûrs" en Allemagne. Débat aussi sur le bien fondé de l'amende infligée à Google par l'Union européenne.

La presse allemande s'arrête ce jeudi sur les débats provoqués par l'annonce du gouvernement allemande d'inscrire la Tunise, le Maroc, l'Algérie et la Géorgie sur la liste des "Sichere Herkunftsländer", les "pays d'origine sûrs" en français.

Ce sont ces pays, on vous en parlait dès jeudi sur nos ondes et la Süddeutsche l'explique une nouvelle fois aujourd'hui, inscrits sur une liste d'Etats considérés comme sûrs pour leurs habitants. Le gouvernement allemand vient de décider d'inscrire la Tunisie, le Maroc, l'Algérie et la Géorgie sur cette liste.

"Les demandes d'asile du Maghreb seront donc bientôt en principe pour la plupart rapidement refusées", explique la Süddeutsche. "Et pourtant les promoteurs de cette mesure savent que sur place on en fait baver aux femmes, on brime les journalistes et on condamne les homosexuels", s'insurge ensuite le journal. Contredit par la Stuttgarter Nachrichten qui écrit : "Des organisations sérieuses comme Amnesty International ou Human Rights Watch ne parlent pas d'atteintes aux droits de l'homme massives dans ces pays".

Des arguments tranchés, nuancés par la Badische Zeitung : "Il est vrai que les minorités ne sont pas en sécurité dans les pays d'Afrique du Nord", dit le journaliste. Mais il poursuit : "Sauf que ce ne sont pas eux qu'on retrouve le plus dans les demandes d'asile. Et de toute façon, les demandes futures seront quand même traitées individuellement", dit-il, pour souligner que la porte de la migration pour ces pays n'est pas encore fermée à double tour. Et puis, comme le rappellent beaucoup de journaux, la mesure doit être approuvée par le Bundesrat, le conseil des Länder allemands, composé des représentants des gouvernements régionaux. "On va proposer du sucre aux élus Verts", dit la Süddeutsche. Car il faudra des voix du parti des écologistes pour que la nouvelle liste soit approuvée. "Enfin, en vérité, le débat n'est pas fini, car tant que tout un continent sera appauvri face à une Europe riche, la pression migratoire ne baissera pas", conclut la Hessische Niedersächsische Allgemeine.

Amende record pour Google : utile, vraiment ?

Dans la presse on parle de Google également. C'est même à la Une de nombreux journaux. "Google doit payer 4 milliards 300 000 euros d'amende", écrit la Süddeutsche. "Amende record de l'Union européenne", ajoute la Frankfürter Allgemeine. Qui donne un comparatif sous forme de tableau pour se rendre compte de la gravité de l'amende. "Microsoft avait payé 500 millions en 2004. Google déjá 2 millions et demi l'an dernier". On parle donc là de 4,3 milliards car Google a abusé de sa puissance pour imposer ses applications sur les smartphones estime l'Europe. "Très bien, mais c'est trop tard", écrit le General Anzeiger à Bonn. "On ne changera plus la domination de Google." "Il n'y a qu'en Chine pratiquement où on trouve des alternatives à la firme américaine", dit encore le Handelsblatt.

Mais beaucoup, qui sont d'accord avec cette amende on l'a vu, admettent qu'elle pourrait se révéler utile à plus long terme. "C'est un message aux grosses firmes américaines, cela peut aider à un marché plus sain, aider les jeunes entreprises à faire face", dit le Handelsblatt.

Belgien EU-Gipfel in Brüssel | Jean Claude Juncker (AFP/Getty Images/A. Oikonomou )

Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker doit se rendre à Washington la semaine prochaine.

Et puis, comme le souligne la Süddeutsche cette amende est aussi très politique. "Elle arrive une semaine avant la visite du président de la commission européenne à Washington." "Une étape de plus dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe". "L'occasion de retourner le miroir à Trump", dit le journal en référence aux taxes récentes imposées sur l'acier et l'aluminium européen. (Donald Trump qui a déjà commenté l'amende sur Twitter, écrivant : "Je vous l'avais dit ! L'Union européenne vient d'infliger une amende de cinq milliards de dollars à l'une de nos formidables entreprises, Google. Ils ont vraiment profité des États-Unis, mais pas pour longtemps !") 

"On sait l'importance des nouvelles techonologies pour l'économie américaine", explique le journal. "De telles sanctions sont donc peut-être une bien meilleure solution pour décourager Trump. Meilleure solution que celle d'imposer des taxes sur le beurre de cacahuètes américain".

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