Corruption en RDC : Matata Ponyo prêt à se défendre | Afrique | DW | 14.05.2021
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Afrique

Corruption en RDC : Matata Ponyo prêt à se défendre

Mis en cause dans une affaire de détournements de fonds publics, l'ancien Premier ministre se dit "prêt" à comparaître pour se défendre.

Augustin Matata Ponyo, Premier ministre de la RDC (2012-2016)

Augustin Matata Ponyo, Premier ministre de la RDC (2012-2016)

L'ancien Premier ministre et sénateur congolais Augustin Matata Ponyo, de retour à Kinshasa, s'est dit prêt mardi (11.05.2021) à répondre devant la justice de son pays.

Sa sortie intervient après que le procureur de la Cour de cassation a demandé la levée de son immunité pour qu'il puisse être entendu sur des faits de malversation dans la gestion des fonds d'un parc agro-industriel. 

Depuis l’ouverture des poursuites judiciaires contre l’ancien Premier ministre de Joseph Kabila, les proches de l’ex-président parlent d'acharnement politique. Ces derniers affirment que de nombreuses autres personnalités impliquées dans des actes de corruption ces dernières années, et qui sont en bon terme avec le pouvoir de Felix Tshisekedi, n’ont fait l’objet d’aucune enquête, jetant ainsi le doute sur les véritables motifs des poursuites engagées contre Matata Ponyo et certains responsables de l’ancienne équipe au pouvoir.

Plusieurs proches de l'ancien Président, Joseph Kabila, seraient visés par la justice

Plusieurs proches de l'ancien Président, Joseph Kabila, seraient visés par la justice

"Ne pas échapper à la justice"

Des arguments que ne partage pourtant pas le politologue Jean Claude Mputu, responsable d’un réseau de lutte contre la corruption en RDC. "A ma connaissance, jusqu’à ce jour, il n’y a aucun homme politique de l’ancien régime qui a été condamné et qui est en prison", explique-t-il. "Est-ce que c’est un seul camp ? Non, puisque le premier prisonnier et le plus célèbre concernant la corruption c’est Vital Kamerhe qui est le directeur de cabinet du chef de l’Etat lui-même. Donc, il ne faut non plus que ceux qui sont responsables de corruption et des détournements de l’ancien régime puissent se cacher derrière l'argument politique pour essayer d’échapper à la justice", estime le politologue.

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Plus de 200 millions détournés

Dans le dernier dossier en date, celui de la gestion du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, dans le Bandundu, l’ancien Premier ministre, Matata Ponyo, est accusé de malversation et d’avoir ignoré les procédures légales de passation des marchés publics.

Sur les 285 millions de dollars américains injectés dans le projet, 205 millions auraient été détournés. 

Les Congolais veulent plus de transparence dans la gestion des fonds publics

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Cette affaire est un cas parmi tant d’autres en RDC et Emmanuel Umpula, l’un des responsables de la société civile, invite les autorités à ne négliger aucun dossier en vue de garantir l’impartialité des procédures judiciaires. 

"Les affaires qui sont poursuivies ne représentent absolument rien par rapport au nombre de cas de détournement dans notre pays. Donc, si le principe est de poursuivre, alors il faut le faire pour tous les cas passés. Il y a plus plusieurs cas dans le secteur minier. Car Bukanga-Lonzo a quand même vu le jour, même si après il a été mal géré et que les gens doivent rendre compte… mais il y a des projets qui ont été carrément détournés et il y a des questions de passation de marché", estime-t-il.

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Le dossier d’accusation de l’ancien Premier ministre de Joseph Kabila est revenu sur le devant de la scène à la faveur du rapport de l’Inspection générale des finances publié le 18 novembre 2020.