Coronavirus : des mesures peu suivies en Côte d’Ivoire | Afrique | DW | 25.03.2020
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Afrique

Coronavirus : des mesures peu suivies en Côte d’Ivoire

Face au Covid-19, la Côte d’Ivoire a pris des mesures restrictives. Mais elles sont peu suivies par les Ivoiriens. C’est le constat fait dans la plus grande gare routière d’Abidjan et dans les stations de bus et de taxi.

Écouter l'audio 02:07

"En Côte d’ivoire, un mètre de distance c’est difficile à respecter" (Passager)

Face à la propagation du coronavirus en Côte d’ivoire, le président ivoirien, Alassane Ouattara, annoncé des mesures martiales comme l’état d’urgence, l’instauration d’un couvre-feu, l’interdiction des déplacements non autorisés entre Abidjan et l’intérieur du pays ainsi que des dispositions qui visent à améliorer la sécurité dans les transports en commun.

Au lendemain des mesures annoncées par le président Alassane Ouattara et malgré la progression de l’épidémie de Covid-19, les Ivoiriens semblent ne pas prendre conscience de l’ampleur du danger.

Non-respect des mesures préventives

Dans les transports en commun, aucune disposition réelle n’a été prise pour freiner la propagation de la maladie. Et les usagers n’ont guère le choix.

"Je crains de me contaminer mais c’est la situation qui m’impose ça parce qu’en Côte d’ivoire, un mètre de distance c’est difficile. Donc c’est pourquoi les gens sont assis côte à côte", estime l'un des passagers.

"Le gbaka (mini bus) que j’ai emprunté ce matin n’était pas aussi bourré que d’habitude. Les places du milieu n’existent plus et chacun était pratiquement assis seul à sa place. Donc il y en a certains qui respectent les mesures. On attend de voir ce qui va se passer avec le prochain bus", a fait remarquer un autre usagers.

"J’attends le bus pour rejoindre mon lieu de travail. La Sotra (Société de transport Abidjanais qui gère les bus) prend des dispositions en nous offrant du gel pour les mains", et c’est un peu rassurant estime une jeune dame.

Un autre encore, dit ne rien craindre : "c’est Dieu qui nous protège en tout, quel que soit ce qu’on va faire. Même à deux cent mètres ça peut te contaminer".

Au niveau de la société qui gère les autobus à Abidjan, les consignes sont claires, nous explique Ange Stéphane, chauffeur à la Sotra.

"Ils nous ont dit de ne pas transporter plus de cinquante personnes par bus".

Des mesures qui n'arrangent pas les usagers

À la gare routière d’Adjamé, dans le nord d’Abidjan, les transporteurs vaquent tranquillement à leurs occupations.

Selon eux, les mesures prises par le président ne sont pas suivies. Ils sont donc obligés de continuer à travailler malgré tout, nous explique Amadou, un transporteur.

"Non, ça ne s’arrange pas. Parce que nous sommes dans un secteur informel. Nous sommes envahis par les passagers".

Parmi les voyageurs rencontrés, il y a ceux qui sont venus faire des courses à Abidjan et sont obligés de repartir. C’est le cas de Carole, une commerçante.

"On sait qu’on n’est pas en sécurité mais on fait avec. C’est devenu compliqué parce qu’on doit rentrer chez nous. Je ne suis pas venue pour rester ici".

Les mesures prises par les autorités ivoiriennes semblent donc éloignées des réalités des populations. Ce qui rend difficile leur application. 

Certains évoquent aussi le manque d’accompagnement et de soutien des pouvoirs publics pour compenser les pertes liées à leur baisse d’activité. 

Mais beaucoup d’Ivoiriens semblent peu concernés par le coronavirus. C’est pour cela que certains réclament une réponse ferme des autorités pour gagner la lutte contre le coronavirus.

 

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