Coexistence pacifique ou nouvelle guerre? | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 07.01.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

Coexistence pacifique ou nouvelle guerre?

Le grand sujet, cette semaine, est sans surprise le référendum d'autodétermination au Sud-Soudan, du 9 au 15 janvier.

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Inscription sur les listes électorales, novembre 2010

Die Tageszeitung relate la récente visite du président El-Béchir à Juba, la capitale du Sud-Soudan. Sans doute une visite d'adieu, écrit le journal. Personne ou presque ne doute que la majorité des Sud-Soudanais votera pour l'indépendance. Près de quatre millions d'électeurs sont appelés à se prononcer. Une participation minimale de 60% est nécessaire pour que le référendum soit valable. Après plus de vingt années de guerre civile entre le Nord et le Sud, après six années de paix et de gouvernement autonome, le référendum est perçu comme le dernier pas vers la liberté. Béchir, note le journal, a réaffirmé à Juba qu'il respecterait le résultat du référendum. Encore devra-t-il en apporter la preuve.

"Terre en vue", titre la Süddeutsche Zeitung. Le reférendum mettra sur les rails la création, en juillet 2011, du plus jeune Etat au monde. Pour beaucoup d'habitants du Sud-Soudan, le 9 janvier sera donc le jour le plus important de leur vie. Cela fait longtemps qu'ils se sentent exploités et opprimés par le gouvernement de Khartoum. Mais souligne le journal, personne ne sait si la paix avec le Nord durera. Sans compter que beaucoup de peuples rivaux vivent à l'intérieur même du Sud-Soudan. D'anciennes hostilités pourraient se réveiller, avec ou sans l'action du régime islamiste de Khartoum.

Mann mit Südsudan-Flagge

Drapeau du Sud-Soudan

Voisinage pacifique ou nouvelle guerre? s'interroge également la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Indépendamment de la viabilité du nouvel Etat, la question est de savoir comment le Nord réagira à la sécession du Sud. Omar el Béchir a certes dit souhaiter des "rapports de bon voisinage", mais le Nord et le Sud ne sont toujours pas parvenus à s'entendre sur le tracé de leur future frontière. Avec l'indépendance du Sud, relève aussi le journal, il va falloir trouver un barême pour le partage des recettes pétrolières. C'est là d'ailleurs que réside la chance d'une coexistence pacifique, du moins dans les premières années. Faute de posséder un oléoduc pour transporter son pétrole le Sud a besoin des infrastructures du Nord, alors que les raffineries du Nord sont tributaires de l'approvisionnement en pétrole venu du Sud. Une dispute sur le pétrole ne ferait que des perdants dans les deux camps. Mais le Sud veut, à plus ou moins long terme, se doter de ses propres infrastructures, sous la forme d'un oléoduc qui irait jusqu'au port kényan de Mombasa ou jusqu'au nouveau port prévu sur l'île kenyanne de Lamu.

Rückkehrer gestrandet Südsudan

Sud-Soudanais revenus du Nord

Pour le Handelsblatt, les achats d'armes par les deux parties alimentent la crainte d'un nouveau conflit armé. Le Sud s'est approvisionné auprès de l'Ukraine en armes ex-soviétiques, alors que Béchir s'est fourni auprès de son allié chinois. Mais poursuit le journal, Pékin a cessé d'apporter un appui illimité au maître de Khartoum, accusé de crimes de guerre au Darfour. Le pétrole soudanais a perdu de son importance pour la Chine, il ne représente plus que 6% de ses importations de pétrole brut.

Enfin Die Tageszeitung, déjà citée plus haut, évoque dans un autre article la "pomme de discorde au coeur du Soudan". Entendez par là la région, riche en pétrole, d'Abyei, à la frontière entre le Nord et le Sud. Abyei où un autre référendum devait être organisé le 9 janvier sur son rattachement au Nord ou au Sud, mais il n'aura finalement pas lieu.

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Doublement accusés

Les démissions de ministres au Kenya inspirent un article à la Frankfurter Allgemeine Zeitung qui note que deux des démissionnaires sont aussi recherchés pour crimes contre l'humanité. Après le ministre des affaires étrangères Wetangula et le ministre de l'éducation William Ruto, le ministre de l'industrie Henry Kosgey a été mardi dernier le troisième à démissionner pour corruption présumée. Kosgey et Ruto, précise le journal, sont parmi les six Kenyans convoqués par la Cour pénale internationale pour leur participation aux troubles qui ont suivi l'élection présidentielle de décembre 2007. Concernant maintenant les accusations de corruption, Henry Kosgey est accusé d'avoir importé 123 voitures de plus de huit ans d'âge, ce qui est interdit. William Ruto aurait vendu illégalement des terres appartenant à l'Etat et Wetangula se serait enrichi lors de l'achat d'ambassades à l'étranger. Selon la nouvelle constitution kenyanne, approuvée par référendum en août dernier, poursuit le journal, tout responsable politique siégant au gouvernement ou au parlement perd, au moins provisoirement, son poste, s'il est accusé d'un délit. De là à ce que les accusés soient réellement condamnés, rien n'est moins sûr, estime le journal.

Elfenbeinküste Sanktionen Botschafter Ausweisung

Soldats de l'ONUCI à l'extérieur de l'hôtel Golf, siège de la présidence d'Alassane Ouattara.

Qui chassera qui?

La presse allemande, évidemment, suit la situation en Côte d'Ivoire. Les journaux relatent au jour le jour les soubresauts de la crise. Dans son édition dominicale de dimanche dernier, la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung évoque la peur d'une guerre civile dans cette Côte d'Ivoire qui pendant des décennies est passée pour un pays africain modèle, un pays dans lequel il y a de l'électricité jusque dans le village le plus reculé, où les salaires sont payés régulièrement et où les caisses de retraites ne sont pas pillées. Tout cela n'est plus qu'un pâle souvenir, souligne le journal, qui doute néanmoins que la CEDEAO mette à exécution sa menace de mettre fin par la force au conflit en Côte d'Ivoire.

La Berliner Zeitung publie une lettre ouverte du journaliste et écrivain ivoirien Venance Konan à Laurent Gbagbo - adresse à un président sortant qui ne veut pas lâcher le pouvoir. Le journal publie bien sûr une traduction en allemand de cette lettre, l'original est en français. Raison pour laquelle il ne semble pas judicieux d'en faire une re-traduction en français, si ce n'est pour citer ces quelques phrases adressées donc au vaincu officiel de l'élection présidentielle: pourquoi ne te présentes-tu pas à ton peuple pour lui annoncer la bonne nouvelle que tu acceptes sa volonté. Tu entrerais dans l'Histoire de ton pays et aussi dans le panthéon des grands guerriers bété. Le grand guerrier, dans ton pays, n'est-il pas celui qui empêche le grand malheur et apporte la paix à son peuple?

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Georges-Ibrahim Tounkara

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