Changement de la politique étrangère allemande vis-à-vis de Washington / La Grèce, pays d′accueil pour les réfugiés turcs | Vu d′Allemagne | DW | 29.08.2018
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Vu d'Allemagne

Changement de la politique étrangère allemande vis-à-vis de Washington / La Grèce, pays d'accueil pour les réfugiés turcs

Le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas veut repenser les relations avec les Etats-Unis. Une volonté qui s'inscrit dans un changement de paradigme de Berlin vis-à-vis de Washington. Dans ce magazine également : direction la Grèce à la rencontre de ceux qui ont fui le régime d'Ankara.

Écouter l'audio 12:52

Il s'appelle Heiko Maas, socio-démocrate, allemand, 51 ans, ancien ministre de la justice, résolument contre l'extrême-droite, européen convaincu. Il est aujourd'hui ministre des affaires étrangères dans le gouvernement allemand. Et même si on vente ses qualités de diplomate, il semble en avoir assez de Donald Trump et de sa politique étrangère. La semaine dernière le ministre prenait la plume, dans le journal économique allemand Handelsblatt pour appeler à repenser le partenariat entre les Etats-Unis et l'Europe. Heiko Mass parlait de ligne rouge, appelait l'Europe à faire son commerce de façon plus indépendante, plus souveraine. 

Pour en parler cette semaine Vu d'Allemagne reçoit un expert des relations germano-américaines au conseil allemand pour la politique étrangère, plutôt favorable aux idées de Heiko Mass. Alors que l'Allemagne a toujours été du côté des USA depuis la fin de la seconde guerre mondiale, que le partenariat entre les deux pays a toujours été mis en avant, il confirme qu'on assiste aujourd'hui à un changement de paradigme. "Donald Trump nous y force maintenant parce qu'il a renoncé à l'ordre mondial libéral", estime Josef Braml.

Pour lui les Américains faisaient jusque-là office de garants. "Nous avons surtout appris des Américains cette pensée libérale et il est maintenant très difficile pour nous que justement l'ex-enseignant détruise exactement cette pensée. Et il est très difficile de repenser, de comprendre que Trump considère cet ordre libéral comme un problème. Parce que selon lui ce sont juste des rivaux de l'Amérique, des ennemis comme il l'a dit", poursuit Josef Braml. Cette situation était, selon lui, déjà prévisible sous Obama. "Maintenant Trump veut détruire ce qu'il reste et après Trump tout ne sera pas comme cela était avant. Nous devrions enfin arrêter de rêver. Le temps transatlantique, trallala, ça c'est terminé."

Le ministre contredit par Angela Merkel

Mais alors qu'Heiko Maas semble déterminé, il a été contredit par Angela Merkel. La chancelière a pris ses distances avec la tribune de son ministre, précisant qu'elle n'était que son avis personnel. Une réserve notamment quant au mécanisme international de paiement, mécanisme européen, que le ministre voulait mettre en place pour contrer les sanctions américaines, notamment en Iran. "Merkel a posé une restriction en ce qui concerne le système de paiement Swift, en soulignant que nous avons besoin des Américains dans la lutte mondiale contre le terrorisme et que nous ne pouvons pas être indépendants de Swift. Mais elle a déjà précisé que nous devions nous éloigner des autres, sans citer les USA directement mais en voulant dire les États-Unis", explique Josef Braml. 

Coopération militaire

Si les liens économiques ont toujours été très forts entre les Etats-Unis et l'Allemagne, il existe aussi de nombreux liens militaires. L'Allemagne a encore, par exemple, des armes nucléaires américaines sur son sol, installées pendant la guerre froide dans le cadre d'accord de coopération. "Cette participation nucléaire a déjà été abordée en Allemagne", rappelle l'expert des relations germano-américaines au conseil allemand pour la politique étrangère. Pour lui la France devra se demander si elle ne doit pas mettre sa force de frappe à disposition de l'Europe, transformant ce symbole national en symbole européen.

"Maintenant c'est à nous d'agir. Nous hésitons maintenant mais je pense que nous pouvons réfléchir, avec l'industrie de l'armement autrement", estime-t-il. Il faudrait selon lui réfléchir davantage aux échanges monétaires avec les USA et finalement investir beaucoup plus en Europe, pas seulement dans le domaine de l'armement, mais aussi dans des projets d'infrastructures. "Nous devons faire en sorte que beaucoup de personnes sortent du chômage et endiguer les nationalismes qui ont déjà émergé sur ce continent. Ce sont en plus parfois des nationalismes également attisés de l'extérieur, non seulement par la Russie, mais aussi par les forces américaines. Je parle de Steve Banon par exemple."  

Quand à savoir si l'éloignement des Etats-Unis ne peut représenter un danger, Jospeh Braml estime que non. "L'Europe n'est pas une île. Aucun pays, aucun continent n'est indépendant des autres. Mais ceux qui regardent l’économie mondiale verront bientôt que nous avons des interdépendances, et tôt ou tard, cela pourrait raisonner le chef la Maison-Blanche", dit-il. Pour lui, c'est surtout l'Amérique qui se nuit seule avec ce qu'il se passe. "Mais il faudra encore un peu de temps pour s'en rendre compte. Mais l’Amérique a traversé des moments bien plus difficiles dans son passé glorieux, a commis de plus grandes erreurs et a appris de ses erreurs". 

 

 

Des milliers de réfugiés turcs en Grèce

Dans la seconde partie de ce magazine, Vu d'Allemagne prend la direction de la Grèce. C'est dans ce pays au sud-est de l'Europe, voisin de la Turquie, que près de 3000 turcs ont trouvé refuge depuis plusieurs mois. Trois mille opposants au président Recep Tayip Edogan seraient maintenant installés chez l’ennemi ancestral. Il a beaucoup été question de ces réfugiés dans l'actualité périodiquement ces derniers mois, souvent quand des militaires turc ont obtenu l'asile politique comme c'était encore le cas cet été.

Pour Vu d'Allemagne Thomas Jacobi a rencontré ces soldats, opposants et persécutés du régime d'Ankara. Ils racontent leur fuite, leurs craintes et leur vie sur place, en attendant des jours meilleurs. 

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