Le groupe Wagner épinglé dans un rapport de Human Rights Watch | Afrique | DW | 03.05.2022
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Afrique

Le groupe Wagner épinglé dans un rapport de Human Rights Watch

Les mercenaires du groupe Wagner sont accusés de crimes de guerre en Centrafrique dans un rapport de Human Rights Watch.

Des mercenaires du groupe Wagner assurent la sécurité du président Touadéra.

Des mercenaires du groupe Wagner assurent la sécurité du président Touadéra.

Ce rapport accablant pour les alliés russes de Bangui prend en compte des faits qui vont de 2019 à nos jours. Selon Human Rights Watch les paramilitaires russes seraient responsables de crimes de guerre, de tortures et de violations graves susceptibles d'être qualifiées de crimes de guerre. 

Lire aussi : Centrafrique : l’action russe échappe à toute transparence

"En 2021, les choses commencent à être plus graves. Nous avons documenté les détections habituelles et la torture de certaines personnes accusées d'être des rebelles et plus sérieux, nous avons documenté au moins un cas d'exécution sommaire commis dans la préfecture de l'Ouham au centre du pays. Le 21 juillet, un groupe de civils ont été tués au bord de la route entre Bossangoa et Nana-Bakassa et ils ont été tués par les militaires russes", précise Lewis Mudge le directeur Afrique centrale de Human Rights Watch et co-rédacteur du rapport.

Dans son rapport HRW parle de torture et d'exécution sommaire.

Dans son rapport HRW parle de torture et d'exécution sommaire.

Mais il y a eu d’autres crimes et Lewis Mudge exige du gouvernement la lumière sur les faits documentés. Selon lui "la chose la plus inquiétante, c'est que les militaires russes continuent de circuler, de commettre des abus avec une impunité totale. C'est la responsabilité des autorités centrafricaines de réagir."

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Un "contre-rapport" en préparation

Contacté par la DW, le ministre porte-parole de la présidence, Albert Mokpem Yaloké, ne souhaite pas parler avant l'analyse du rapport. En revanche, il fait savoir que le gouvernement envisageait la publication d’un contre-rapport. 

"Nous sommes en guerre contre la rébellion, voyez-vous et ce rapport n'est pas authentique. Nous allons demander un autre rapport contrairement à ça", a-t-il fait savoir.

Ecoutez les précisions de Jean-Fernand Koena


Mais l’enquête de Human Rights Watch n'est pas une surprise pour Gabriel Mbrenga, directeur de publication du journal Le Langage.

"Les paramilitaires russes étaient nos sauveurs. Mais curieusement, arrivés sur le terrain, ils ont changé de mission pour se retourner plutôt contre la population civile et non contre ceux qu'ils devraient neutraliser. Ça donne beaucoup de tristesse. Par rapport à ces tueurs, semble-t-il qu'ils auraient signé un accord secret avec celui qui les a fait venir ici. Aucun parmi eux ne sera ni arrêté, ni poursuivi en justice", déplore t-il.

En octobre dernier, le gouvernement dans un autre rapport a reconnu les crimes commis par les militaires russes. Cependant, plusieurs enquêtes relatives à ces méfaits sont classées sans suite, ce qui ne rassure pas les victimes en matière de justice et de réparation.

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