Cameroun : les déplacés internes pourront-ils voter ? | Afrique | DW | 26.09.2018
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Afrique

Cameroun : les déplacés internes pourront-ils voter ?

La campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 7 octobre se poursuit au Cameroun sur fond de peur et de violence dans les régions anglophones du pays.

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Au micro de la DW, les autorités politiques et militaires camerounaises l’ont plusieurs fois répété : le scrutin présidentiel aura lieu sur toute l’étendue du territoire national. Y compris dans les deux provinces anglophones. 

Mais les 200.000 déplacés internes du Cameroun vont-il voter et comment? Réponse de cette habitante de Bamenda, le chef-lieu de la région du Nord-Ouest. Aujourd’hui, elle est refugiée à Douala, la capitale économique du Cameroun.

"Je me suis enregistrée pour voter mais malheureusement je ne pourrais pas le faire parce que comme je suis à Douala, je ne sais pas si je pourrais aller à Bamenda pour voter. Pour l'instant, c'est non", affirme-t-elle. 

Depuis l’éclatement de cette crise, environ 30.000 Camerounais des provinces anglophones auraient trouvé refuge au Nigéria voisin, selon le HCR, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Pourront-ils eux aussi voter ?
 

"Les personnes qui se sont déplacées au Nigeria ne pourront pas voter, parce qu’elles n'ont pas été inscrites là-bas. Mais celles qui peuvent se déplacer pour revenir à l'intérieur du pays pourront voter. Mais on ne peut pas poursuivre les déplacés, les exilés pour aller les chercher dans les maisons d'accueil et leur demander de voter. C'est quasiment impossible", explique Xavier Messe, éditorialiste Camerounais.

 

Les séparatistes contre le vote dans les régions anglophones

 

Les leaders sécessionnistes maintiennent pour leur part leur mot d’ordre : il n’y aura pas élection. Milan Atam est un des dirigeants du SCCOP, le Southern Cameroons Congress of the People.

"Ça, ce sont les Southern Cameroons. Donc, ils n'ont rien à faire avec les élections de la République du Cameroun. Chacun a le droit de faire son choix. Mais, en fin de compte, nous sommes confiants que la majorité de nos gens, de nos compatriotes n'iront pas voter."

Contacté sur ce sujet, les responsables d’Elecam, Elections Cameroon, ont refusé de se prononcer sur la question sensible du vote des déplacés internes.

Rappelons que les deux provinces anglophones du Cameroun : le Sud-Ouest et le Nord-Ouest représentent environ 15% de l’électorat camerounais et 20% de la population du pays.
 

Cliquez sur l'image pour écouter les précisions avec Eric Topona.