Côte d’Ivoire : passe d’arme entre pouvoir et opposition | Afrique | DW | 02.11.2020
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Afrique

Côte d’Ivoire : passe d’arme entre pouvoir et opposition

L’opposition qui a boycotté la présidentielle du 31.10 a appelé dimanche à une "transition civile" pour une nouvelle présidentielle "juste". Le pouvoir la met en garde.

Pascal Affi N'Guessan estime qu'il n'y a pas eu d'élection en Côte d'Ivoire le 31 octobre

Pascal Affi N'Guessan estime qu'il n'y a pas eu d'élection en Côte d'Ivoire le 31 octobre

Quarante-huit heures après la présidentielle du 31 octobre en Côte d’Ivoire, aucun chiffre sur le taux de participation n’est disponible. Selon nos informations, les résultats provisoires pourraient être annoncées ce lundi 02.10 dans la soirée.

En attendant, l’opposition, qui a boycotté le scrutin, a appelé dimanche à une "transition civile", avant même la proclamation des résultats qui devraient donner une écrasante victoire au président sortant Alassane Ouattara en quête d'un troisième mandat controversé.

Le président Alassane Ouattara n'est plus reconnu par l'opposition

L’opposition de reconnaît plus le président Alassane Ouattara

"Les partis et groupements politiques de l'opposition constatent la fin du mandat du président Ouattara et appellent à l'ouverture d'une transition civile afin de créer les conditions d'une élection présidentielle juste, transparente et inclusive", a déclaré l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, candidat à cette élection et porte-parole de l’opposition.

Par ailleurs, l'opposition "appelle à la mobilisation générale des Ivoiriens pour faire barrage à la dictature et à la forfaiture du président sortant Alassane Ouattara".

Dès samedi soir (31.10) après la fermeture des bureaux de vote, l'opposant en exil Guillaume Soro appelait lui à "œuvrer au départ" d'Alassane Ouattara. Dans la même lignée, Affoussiata Bamba Lamine, une de ses proches, dans une vidéo postée sur la page de son leader, a accusé le président sortant Alassane Ouattara d’être le facteur d’instabilité et l’élément déstabilisateur de la Côte d’Ivoire.

"Générations et peuples solidaires (GPS) dès à présent, ne reconnaît plus monsieur Alassane Ouattara comme président de la République de Côte d’Ivoire et appelle le peuple de Côte d’Ivoire à œuvrer à son départ du palais présidentiel", indique l’ancienne ministre.

L’ex-première dame, Simone Gbagbo

L’ex-première dame, Simone Gbagbo

Pour Simone Gbagbo, deuxième vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI), ce 31 octobre 2020 il n’y a pas eu élection en Côte d’Ivoire. Pour elle donc, le pays se retrouve dans une situation de vacance de pouvoir présidentiel. Simone Gbagbo appelle l’opposition à mettre en place un gouvernement de transition civile pour organiser une nouvelle élection dans un bref délai. 

"Il est temps que la société ivoirienne, plus particulièrement l’opposition politique, la société civile et des patriotes qui se soucient de l’avenir de notre pays, se donnent les moyens de mettre en place un gouvernement de transition."

Mise en garde du RHDP

Le directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (au pouvoir), Adama Bictogo, a mis en garde dimanche l'opposition, qui ne reconnaît pas l'élection présidentielle, contre toute "tentative de déstabilisation".

"Le RHDP met en garde Pascal Affi N'Guessan (le porte-parole de l'opposition) et consorts contre toute tentative de déstabilisation", a -t-il déclaré.

L’ancien ministre de l'Intégration Africaine a aussi accusé nommément plusieurs responsables de l'opposition d'avoir armé des jeunes et d'être les "commanditaires" des violences qui ont émaillé le scrutin samedi, faisant au moins deux morts.

Écouter l'audio 02:20

Le point avec notre correspondant à Abidjan, Julien Adayé

Adama Bictogo s'est toutefois abstenu de citer l'ex-président Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). Celui-ci est toujours populaire chez les Baoulés, une des principales ethnies du pays.

 Outre Alassane Ouattara, seul le candidat indépendant Kouadio Konan Bertin KKB), crédité de moins de 4% des voix en 2015, a fait campagne. Les deux autres candidats inscrits, Pascal Affi N'Guessan et Henri Konan Bédié, ayant prôné le boycott.

Incidents violents le jour de la présidentielle

 Le bilan exact des violences qui ont été nombreuses dans la moitié sud du pays était difficile à établir, mais l'opposition comme le pouvoir ont évoqué des "morts".

Au moins cinq personnes ont perdu la vie samedi, selon des sources locales interrogées par l'AFP. 

Selon des sources concordantes dont deux médicales, au moins trois personnes sont mortes à Téhiri, un village situé près de Gagnoa (270 km au nord-ouest d'Abidjan), fief de l'ancien président Laurent Gbagbo, lors d'affrontements entre ethnies locales et Dioulas originaires du Nord, réputés pro-Ouattara.

La police disperse le 31 octobre les partisans de l’opposition à Abidjan

La police disperse le 31 octobre les partisans de l’opposition à Abidjan

De source sécuritaire, il y a aussi eu au moins deux morts, l'un à Oumé (260 km au nord-ouest d'Abidjan, près de Gagnoa aussi) et au moins un à Tiebissou (centre) samedi. Le maire de Tiebissou, Germain N'Dri Koffi, a quant à lui fait état d'un bilan de "quatre morts et 27 blessés" dans sa commune.

Irrégularités

Selon le Programme Indigo, une ONG qui avait déployé des observateurs dans tout le pays, "23% des bureaux de vote sont restés fermés toute la journée".

La situation actuelle de la Côte d’Ivoire au lendemain du 31 octobre ressemble à celle de 2010 après le second tour de la présidentielle. À cette époque, la Côte d’Ivoire s'était retrouvée avec deux palais présidentiels, deux présidents et deux gouvernements.

Avec comme souvent dans ce cas-là, une victime principale : la population civile.

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