Au Tchad malgré les raids français, l′UFR toujours menaçante | Afrique | DW | 07.02.2019
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Afrique

Au Tchad malgré les raids français, l'UFR toujours menaçante

Une délégation officielle s'est rendue ce jeudi (07.02.) à Amdjarass où l'UFR était localisée. Le président Idriss Déby parle de "colonne de mercenaires complètement détruite". Pourtant l'UFR ne s'avoue pas vaincue.

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Tom Erdimi : "Ces pertes n'entament ni notre moral, ni notre capacité matérielle d'avancer"

Cette nouvelle incursion, qui semble prise très au sérieux par le pouvoir tchadien, rappelle celle d'il y a 10 ans qui était parvenue jusqu'aux portes de N'Djamena, la capitale, et qui était déjà dirigé par Timan Erdimi, le neveu du président tchadien.

Quand notre rédaction a contacté l'UFR pour comprendre les objectifs de son entrée au Tchad, c'est sur Tom Erdimi que nous sommes tombés. Ce membre de l'équipe dirigeante de la rébellion, qui se présente comme étant le frère de Timan Erdimi, ne fait pas mystère des objectifs du groupe, entré il y a une semaine dans le nord du Tchad depuis la Libye.

"Nous sommes une opposition politico-militaire donc notre objectif est de changer le régime, changer le système, chasser du pouvoir Déby", confie Tom Erdimi à la DW.

Alerte à Ndjamena

Preuve que l'affaire est prise très au sérieux par le pouvoir à Ndjamena : une délégation composée du ministre de la Défense Daoud Yaya Brahim, accompagné du chef d'état-major général Seid Brahim, est partie ce jeudi matin (07.02.) pour Amdjarass, la région d'origine du président Déby où les rebelles étaient localisés mercredi.

Au total, les avions de chasse français auraient conduit "une vingtaine de frappes", selon une source militaire citée par le quotidien le Monde.

Timan Erdimi, neuveu à Idriss Déby qui cherche à le renverser : pour son frère Tom, c'est justement parce que ne voulant pas une gestion familiale que la rébellion a été créée. "Déby durant les premières années a un peu essayé de se conformer à ce qu'on peut appeler la culture républicaine. Mais après, il a voulu diriger le pays comme les autres roitelets africains, particulièrement de l'Afrique centrale c'est-à-dire une gestion clanique, familiale ce que nous, nous avons refusé et ça a conduit à notre rupture définitive avec lui", confie encore Tom Erdimi à la DW. 

Écouter l'audio 00:50

Tom Erdimi : "Il a voulu diriger le pays comme les autres roitelets africains, ce que nous avons refusé et ça a conduit à notre rupture définitive"

Le bilan des ces attaques varie selon la source. Le président Déby parle de "colonne de mercenaires complètement détruite". L'état-major français dit avoir mis hors combat une vingtaine de pick-up sur la cinquantaine qu'aurait compté initialement la colonne.

L'UFR admet pour sa part avoir subi des pertes mais précise que les frappes françaises n'auraient atteint que cinq véhicules rebelles parmi les vingt pick-up qu'elles prétendent avoir touchés. Les quinze autres étant des véhicules civils, affirme la rébellion qui ne s'avoue pas encore vaincue.

Menace de l'UFR

Tom Erdimi affirme ainsi, que "ces pertes n'entament ni notre moral, ni notre capacité matérielle d'avancer. Aujourd'hui, nous sommes au Tchad, à l'intérieur du Tchad et nous pensons continuer effectivement encore plus loin."

Joint par notre rédaction, le porte-parole du parti gouvernemental MPS estime que l'UFR et son leader Timan Erdimi n'ont aucune chance de parvenir jusqu'à la capitale tchadienne. "S'agissant de ce monsieur, de toutes les façons pour nous il est réfugié quelque part dans les pays du Golfe. Nous le connaissons avec ses pratiques. Lorsqu'il était ici, il a tenté de renverser le régime et il a échoué" , affirme Maître Jean-Bernard Padaré.

Cet Avocat et membre du régime à Ndjamena est convaincu que "les Tchadiens ne veulent plus entendre parler de la prise du pouvoir par les armes. Par conséquent, il n'a aucune chance de pouvoir parvenir à N'Djamena dans la mesure où tout sera mis en œuvre pour assurer la sécurité et la quiétude de nos concitoyens."

Alors que le débat enfle sur la légalité des frappes françaises, le Quai d'Orsay a fait savoir que le Premier ministre français avait informé, sur la base de l'article 35 de la Constitution, l'Assemblée nationale du soutien de l'armée française à Idriss Déby.

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