Au Tchad, courte frayeur pour l′opposant Médard Laokein | Afrique | DW | 19.02.2020
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Afrique

Au Tchad, courte frayeur pour l'opposant Médard Laokein

L'opposant et ancien maire de la ville de Moundou a été brièvement arrêté à la frontière. Il se rendait au Cameroun lorsque les services de sécurité l'ont interpellé. Il a été relâché après des contrôles de police.

Écouter l'audio 02:22

"Quand on veut franchir une frontière on doit respecter les textes"- Oumar Yaya

Cette histoire qui paraît banale suscite pourtant des réactions et des interrogations au Tchad. C'est aux environs de neuf heures (heure locale) ce mercredi (19.02.2020) que la nouvelle de l'arrestation de Médard Laokein à Figuil, une localité située à la frontière entre le Tchad et le Cameroun, s'est répandue.

Il était en compagnie d'une personne qui faisait le voyage avec lui. Les deux hommes ont été ramenés au poste de police de Léré, la ville tchadienne la plus proche.

Après des vérifications, l'opposant et son accompagnateur ont été relâchés. Ils auraient même reçu une dotation de carburant en guise de compensation, révèle une source anonyme.

 

Des policiers tchadiens effectuent des contrôles sur le pont de N'Gueli à la frontière avec le Cameroun (04.04.2015)

Des policiers tchadiens effectuent des contrôles sur le pont de N'Gueli à la frontière avec le Cameroun (04.04.2015)

Contrôle excessif ? 

La DW a plusieurs fois essayé d'établir un contact téléphonique avec l'ancien maire, mais en vain. Selon Saleh Kebzabo, un autre opposant tchadien, il s'agirait d'agissements d'agents zélés.

Pour Oumar Yaya Hissein le porte-parole du gouvernement de N'Djamena, Médard Laokein a subi des contrôles comme tout citoyen tchadien. "Nous sommes tous tenus de respecter les textes de la République et donc à ce niveau, il n'y a pas de décision particulière pour les opposants", explique Oumar Yaya Hissein.

"Quand on veut franchir une frontière, on doit seulement respecter les textes qui régissent tout mouvement, c'est tout", insiste le porte-parole du gouvernement, qui évoque par ailleurs l'éventualité qu'il y ait eu un abus des agents de contrôle. Auquel cas, dit-il, "il ne faudrait pas mêler le gouvernement à cet incident".

 

Selon le porte-parole du gouvernement Oumar Yaya, la libre circulation en vigueur dans l'espace CEMAC n'exclut pas des vérifications

Selon le porte-parole du gouvernement Oumar Yaya, la libre circulation en vigueur dans l'espace CEMAC n'exclut pas des vérifications

Libre circulation

Dans leur réaction, certains Tchadiens ont indiqué qu'il y aurait une directive qui imposerait aux opposants de se signaler avant de quitter le pays.

Contacté, Mahamat Alhabo, secrétaire général du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD), estime ne pas être au courant. "Personne ne m'a notifié une telle décision. J'ai voyagé entre novembre et décembre et je suis revenu. Personne ne m'a rien dit. Dans tous les cas vous savez que le Tchad et le Cameroun font partie de la CEMAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), on n'a pas besoin de passeport pour aller et revenir", confie l'opposant tchadien.

Oumar Yaya, le porte-parole du gouvernement semble toutefois contredire cela, en disant que la libre circulation des personnes n'exclut pas un contrôle des documents de voyage.

Une personne proche de Médard Laokein a par ailleurs confirmé à la DW que son passeport ne lui a pas été confisqué.

En 2018, Médard Laokein avait été arrêté et mis en prison, accusé d'avoir détourné 41.000 euros appartenant à la mairie de Moundou. Une accusation finalement abandonnée par manque de preuves. Médard Laokein, lui, indique avoir été victime de plusieurs tentatives d'empoisonnement durant son séjour de près de cinq mois à la maison d'arrêt de Moundou.

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